Parler, dessiner, réfléchir : le tout-petit prend du retard
À quel âge :0–3Tout-petits3–6Maternelle7–11Primaire12–15Collège16–18Lycée
11. Le chiffre
-3,2 points de QI verbal
à 5-6 ans, chez les enfants qui mangeaient à 2 ans avec la télévision toujours allumée pendant les repas (cohorte française EDEN, 1 562 enfants)
22. Les signes d’alerte
À 2 ans, il dit très peu de mots ; à 3 ans, il ne fait pas de petites phrases.
Il interagit peu : regarde peu dans les yeux, ne pointe pas du doigt, n’imite pas.
Il ne s’intéresse ni au crayon ni au dessin vers 3-4 ans.
L’écran le calme à chaque contrariété, et l’éteindre déclenche de grosses crises.
La télévision est allumée en continu à la maison, même pendant les repas.
33. Que faire
Ce soir : éteignez la télévision pendant le repas. C’est le geste le mieux étayé par les études françaises.
Avant 3 ans : pas d’écran, sauf un appel vidéo avec la famille — c’est le repère du carnet de santé et du ministère de l’Éducation nationale (2025). Et jamais de télévision allumée en fond sonore.
Remplacez un temps d’écran par dix minutes de lecture ou de jeu partagé : c’est l’échange qui construit le vocabulaire.
Si votre enfant regarde un dessin animé, regardez-le avec lui et parlez-en : qui fait quoi, que se passe-t-il ?
Pas d’écran le matin avant l’école ou la crèche.
Un doute sur son langage ? Parlez-en à votre médecin ou à la PMI. Pris tôt, un retard peut se rattraper.
En 2026, des professionnelles de PMI de la Vienne signalent une hausse des retards de langage chez des tout-petits surexposés aux écrans.
En Ille-et-Vilaine, une étude de Santé publique France (2020, 167 enfants avec un trouble du langage et 109 témoins) a trouvé deux fois plus d’enfants exposés aux écrans le matin avant l’école chez les premiers (44 % contre 22 %) — un lien, pas une preuve de cause.
55. Les preuves
Avant 6 ans, plus de temps d’écran est associé à un langage moins développé (méta-analyse de 42 études, 18 905 enfants).
Le contexte pèse plus que la durée : la télévision allumée pendant les repas est le facteur le plus constant dans deux grandes cohortes françaises.
Dès 1 heure d’écran mobile par jour à 2-3 ans, le risque de difficultés de langage augmente, et il monte avec la dose.
Bonne nouvelle : les échanges parent-enfant restent le vrai moteur du vocabulaire — chaque conversation compte.
Un geste dès ce soir : éteindre la télévision à table.
Les études, une par une
Méta-analyse de 42 études (18 905 enfants) : corrélation négative (r = -0,14) entre la quantité de temps d’écran et le développement du langage. JAMA Pediatrics, 2020 (nouvel onglet)
Cohorte française ELFE (13 763 enfants) : la télévision allumée pendant les repas à 2 ans est associée à un langage plus faible à 2 ans puis à un développement général plus faible à 3,5 ans — le contexte d’usage compte plus que la seule durée. Journal of Child Psychology and Psychiatry, 2024 (nouvel onglet)
Cohorte française EDEN (1 562 enfants) : la télévision pendant les repas est associée à des scores de langage plus faibles à tous les âges, dont un QI verbal inférieur de 3,2 points à 5-6 ans, alors que le temps d’écran global n’est pas constamment associé. Scientific Reports, 2021 (nouvel onglet)
Enquête nationale danoise (31 125 enfants de 2-3 ans) : dès une heure d’écran mobile par jour, le risque de difficultés de compréhension et de langage expressif augmente, avec un effet dose-réponse. BMC Public Health, 2024 (nouvel onglet)
Suivi de 179 familles : l’exposition aux écrans à 6 et 12 mois est associée à un risque accru de déficits du langage et de la communication à 36 mois, du moins dans les foyers de niveau socio-économique moyen ou élevé. Infancy, 2024 (nouvel onglet)
Nuances
Suivi de 92 familles : ce sont les échanges parent-enfant (tours de parole) qui expliquent 16 % de la variance du vocabulaire à 2 ans — l’enjeu central est l’interaction, que l’écran peut évincer. Frontiers in Psychology, 2021 (nouvel onglet)
Méta-analyse de 63 études (11 413 enfants de 0 à 6 ans) : en conditions expérimentales, les écrans font apprendre des mots (r = 0,30), surtout les livres numériques. Au quotidien, l’exposition ordinaire aux écrans n’est pas liée à la taille du vocabulaire (r = 0,07), sauf pour les programmes éducatifs (r = 0,17). Child Development, 2023 (nouvel onglet)
Chez 120 pré-lecteurs, un entraînement encadré par jeu vidéo d’action a normalisé la conscience phonémique des enfants à risque de dyslexie, avec un maintien à 6 mois : bien utilisé, un écran peut aussi servir. npj Science of Learning, 2024 (nouvel onglet)
Cohorte EDEN suivie jusqu’à 11-12 ans (459 enfants) : les trajectoires de temps d’écran ne sont pas associées aux capacités intellectuelles ; seule la télévision pendant les repas familiaux l’est. Computers in Human Behavior, 2024 (nouvel onglet)
Cohorte ELFE (7 577 enfants) : le lien entre temps d’écran et aptitude au dessin à 3,5 ans disparaît entièrement une fois pris en compte le milieu socio-économique du foyer — prudence sur les liens bruts. Scientific Reports, 2024 (nouvel onglet)
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11. Le chiffre
39,4 %
la part du lien entre écrans à 12 mois et fonctions exécutives plus faibles à 9 ans (inhibition, flexibilité, mémoire de travail) qui passe par une activité cérébrale modifiée à l’EEG à 18 mois (157 enfants sur 437)
22. Les signes d’alerte
Un bébé ou un tout-petit placé chaque jour devant un écran : c’est l’âge où les études observent le plus d’effets.
Des difficultés d’attention qui s’installent : consignes oubliées, devoirs interminables, zapping permanent.
Agitation et impulsivité qui augmentent en parallèle du temps d’écran.
Anxiété ou inquiétudes envahissantes chez un enfant exposé très tôt aux écrans.
33. Que faire
Avant 3 ans : pas d’écran, sauf un appel vidéo avec les grands-parents — c’est le repère du carnet de santé et du ministère de l’Éducation nationale (2025).
De 3 à 6 ans : le moins possible et jamais seul — au plus une demi-heure par jour à 3 ans, une heure à 6 ans, des contenus éducatifs choisis avec vous (repères du ministère de l’Éducation nationale et de l’association 3-6-9-12).
Protégez ce qui construit le cerveau : sommeil, jeu libre, conversations, temps dehors — chaque heure d’écran en moins leur est rendue.
Après 6 ans, fixez une durée quotidienne claire, connue de l’enfant, et tenez-la ; pas d’appareil personnel ni d’internet seul avant 9 ans (repère du ministère).
Attention en berne, agitation ou anxiété qui durent : parlez-en à votre médecin, en mentionnant le temps d’écran.
Chez 10 116 enfants de 9-10 ans, plus de temps d’écran prédit une aggravation des symptômes de TDAH deux ans plus tard et s’accompagne d’un volume cortical réduit.
Une activité cérébrale modifiée, mesurée à l’EEG à 18 mois, explique 39,4 % du lien entre écrans à 12 mois et fonctions exécutives plus faibles à 9 ans.
Un suivi par IRM de plus de dix ans relie l’exposition aux écrans à 1-2 ans à davantage de symptômes anxieux à 13 ans.
Ces différences sont réelles mais souvent modestes : dans un grand suivi de 4 ans, l’usage du numérique ne modifie pas le développement du cortex ni du striatum.
Le principe simple : plus l’enfant est jeune, plus la prudence s’impose.
Les études, une par une
Cohorte ABCD (10 116 enfants de 9-10 ans) : plus de temps d’écran prédit une aggravation des symptômes de TDAH deux ans plus tard et s’accompagne d’un volume cortical total réduit, lequel explique en partie ce lien. Translational Psychiatry, 2025 (nouvel onglet)
Cohorte GUSTO (437 enfants, dont 157 avec un EEG) : plus d’écrans à 12 mois va de pair avec une activité cérébrale modifiée à l’EEG à 18 mois, marqueur qui explique 39,4 % du lien avec des fonctions exécutives plus faibles à 9 ans (inhibition, flexibilité, mémoire de travail, mesurées par des tests). JAMA Pediatrics, 2023 (nouvel onglet)
Suivi IRM de 168 enfants sur plus de dix ans : l’exposition aux écrans à 1-2 ans est associée à une maturation modifiée du réseau visuel–contrôle cognitif entre 4,5 et 7,5 ans, puis, de proche en proche, à davantage de symptômes anxieux à 13 ans. eBioMedicine, 2025 (nouvel onglet)
IRM chez 47 enfants de 3-5 ans : intégrité de la substance blanche plus basse sur environ 16 % du faisceau arqué gauche — une voie du langage —, associée à un usage accru des écrans (petite étude). JAMA Pediatrics, 2020 (nouvel onglet)
IRM chez 52 enfants d’âge préscolaire : épaisseur corticale réduite dans des aires occipito-pariéto-temporales, associée à un usage accru des écrans (petite étude). Scientific Reports, 2022 (nouvel onglet)
Nuance
Suivi de la cohorte ABCD (6 469 enfants de 9-11 ans à l’inclusion, 1 697 revus 4 ans plus tard) : l’usage du numérique ne modifie pas le développement du cortex ni du striatum. Seul un usage élevé des réseaux sociaux s’accompagne d’un léger changement de trajectoire du cervelet, d’ampleur jugée négligeable. Scientific Reports, 2024 (nouvel onglet)
Il ne dort plus : les écrans du soir volent son sommeil
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11. Le chiffre
Risque × 5
de manquer de sommeil (moins de 7 heures de nuit) chez les élèves de 12 à 19 ans qui passent plus de 2 heures sur un écran après le coucher (enquête auprès de 2 513 élèves)
22. Les signes d’alerte
Il met longtemps à s’endormir ou se plaint de ne pas trouver le sommeil.
Réveil difficile, somnolence en classe, irritabilité le matin.
Le téléphone passe la nuit dans sa chambre, sonnerie activée.
Messages ou vidéos tard le soir ; il « rattrape » par de longues grasses matinées le week-end.
Télévision ou console installée dans la chambre.
33. Que faire
Ce soir : le téléphone dort hors de la chambre. Un réveil classique le remplace.
Instaurez un couvre-feu d’écrans : plus rien dans l’heure qui précède le coucher — lecture, histoire ou musique à la place. C’est le repère officiel (ministère de l’Éducation nationale : pas d’écran avant d’aller se coucher). Et jamais d’écran au lit : c’est là qu’il coûte le plus de sommeil.
Sortez la télévision et la console de la chambre.
Pour un ado qui garde son téléphone : mode « Ne pas déranger » programmé toute la nuit, sonnerie coupée.
Règle simple à poser : jamais d’écran au lit — c’est l’usage qui coûte le plus de sommeil selon les mesures objectives.
Montrez l’exemple : votre téléphone quitte aussi la chambre.
Dans le Loiret, un collégien de 15 ans, en grande difficulté depuis un smartphone reçu en sixième — troubles du sommeil compris —, a été hospitalisé en 2025 avant d’entamer un sevrage en consultation spécialisée.
55. Les preuves
Chaque heure d’écran quotidienne en plus est associée à 3 à 5 minutes de sommeil en moins et à un risque plus élevé de sommeil trop court (méta-analyse de 21 cohortes, 548 338 personnes, du nourrisson à l’adulte).
Chez de jeunes adultes, plus de temps de jeu sur mobile va de pair avec un risque triplé de difficultés d’endormissement — une seule étude, pas la méta-analyse.
Chez 2 513 élèves français, plus de 2 heures d’écran la nuit multiplient par 5 le risque de privation de sommeil.
Le pire : l’écran au lit et la sonnerie du téléphone laissée active la nuit.
Bonne nouvelle : chez les tout-petits, un essai montre que supprimer les écrans dans l’heure avant le coucher est faisable, avec de premiers effets modestes sur le sommeil — à confirmer.
Les études, une par une
Cohorte prospective de 9 398 adolescents de 11-12 ans : écran dans la chambre, réseaux sociaux au coucher et sonnerie active la nuit prédisent un an plus tard un sommeil plus court et plus de difficultés d’endormissement. Journal of Adolescent Health, 2024 (nouvel onglet)
Méta-analyse de 21 cohortes (548 338 personnes, du nourrisson à l’adulte) : chaque heure d’écran quotidienne en plus est associée à 3 à 5 minutes de sommeil en moins et à un risque plus élevé de sommeil trop court. Frontiers in Psychiatry, 2025 (nouvel onglet)
Revue systématique de 36 études : le jeu vidéo en ligne et l’e-sport sont associés à un sommeil de qualité et de durée réduites et à une somnolence accrue chez les jeunes. Computers in Human Behavior, 2022 (nouvel onglet)
Étude chez 827 nourrissons et tout-petits chinois : une large part ne respecte pas les repères de l’OMS, avec des associations négatives significatives entre écrans et sommeil. Frontiers in Pediatrics, 2022 (nouvel onglet)
Comparaison de 1 000 enfants d’âge scolaire : efficacité du sommeil de 90 % chez les faibles utilisateurs d’écrans contre 75 % chez les gros utilisateurs. Cureus, 2024 (nouvel onglet)
Essai randomisé chez 105 familles d’enfants de 16 à 30 mois : supprimer les écrans dans l’heure avant le coucher est faisable et donne de premiers effets modestes sur le sommeil. L’effet sur les réveils nocturnes n’est pas démontré, et un essai plus large doit confirmer. JAMA Pediatrics, 2024 (nouvel onglet)
Chez 5 700 enfants français de 8-9 ans, pendant le premier confinement, plus de temps d’écran de loisir était associé à des changements de durée de sommeil, plus souvent à une baisse qu’à une hausse. CNS Neuroscience & Therapeutics, 2023 (nouvel onglet)
Chez 2 513 élèves français de 12-19 ans, plus de 2 heures d’écran la nuit multiplient par 5 le risque de privation de sommeil : le moment d’usage compte autant que la durée. PLOS ONE, 2022 (nouvel onglet)
Nuance
Mesure objective par caméras chez 79 jeunes : l’écran en soirée hors du lit n’ampute pas le sommeil ; au lit, chaque tranche de 10 minutes d’écran coûte environ 3 minutes de sommeil, jusqu’à 17 minutes pour le jeu vidéo et 35 pour le multitâche sur plusieurs appareils. JAMA Pediatrics, 2024 (nouvel onglet)
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11. Le chiffre
+21 % de risque de myopie
pour chaque heure d’écran quotidienne supplémentaire (méta-analyse dose-réponse de 45 études, 335 524 participants)
22. Les signes d’alerte
Il plisse les yeux pour lire le tableau ou voir la télévision, ou se rapproche exagérément des objets.
Il se plaint de voir flou de loin.
Yeux qui piquent, rougeurs, frottements répétés après les sessions d’écran.
Maux de tête en fin de journée d’école ou après un long moment devant l’écran.
33. Que faire
Le moins d’écran possible : dans les études, le risque de myopie reste le plus bas sous une heure par jour — c’est aussi le plafond recommandé avant 6 ans (et pas d’écran avant 3 ans).
Imposez des pauses régulières : on lève les yeux de l’écran et on regarde au loin quelques instants.
Éloignez l’écran du visage : un écran posé à bonne distance plutôt qu’un téléphone sous le nez.
Remplacez une partie du temps d’écran par du jeu dehors.
S’il plisse les yeux, voit flou ou se frotte souvent les yeux : prenez rendez-vous chez l’ophtalmologiste sans attendre.
Chaque heure d’écran quotidienne supplémentaire augmente le risque de myopie de 21 % (méta-analyse, 335 524 participants).
Le risque grimpe surtout entre 1 et 4 heures par jour ; en dessous d’une heure, il reste contenu.
Temps d’écran élevé : probabilité de myopie environ 2,2 à 2,4 fois plus forte dans une méta-analyse de 19 études ; l’ordinateur ressort le plus, mais seulement dans un sous-groupe d’études.
Yeux secs : chez 462 écoliers indiens de 9 à 14 ans, le risque de sécheresse oculaire augmentait nettement au-delà de 3 à 3,5 heures d’écran par jour.
Gestes clés : limiter la durée, imposer des pauses, consulter au moindre signe de vision floue.
Les études, une par une
Méta-analyse de 19 études (102 360 participants) : un temps d’écran élevé est associé à une probabilité de myopie environ 2,2 à 2,4 fois plus forte qu’un temps faible (OR = 2,24 à 2,39). L’ordinateur ressort le plus (OR = 8,19), mais seulement dans un sous-groupe d’études transversales. BMC Public Health, 2024 (nouvel onglet)
Méta-analyse dose-réponse de 45 études (335 524 participants) : chaque heure d’écran quotidienne supplémentaire augmente la probabilité de myopie de 21 %, avec un seuil de sécurité relative autour d’une heure par jour. JAMA Network Open, 2025 (nouvel onglet)
Étude chez 462 écoliers indiens de 9 à 14 ans : 90,5 % présentaient des symptômes de sécheresse oculaire, le plus souvent légers ; chaque demi-heure quotidienne supplémentaire d’ordinateur pour l’école était associée à un risque de sécheresse modérée à sévère multiplié par 1,94. Indian Journal of Ophthalmology, 2024 (nouvel onglet)
Nuance
Revue de 26 études sur les casques de réalité virtuelle chez l’enfant : symptômes légers et transitoires seulement (cybersickness, diplopie passagère chez les enfants amblyopes), mais un signalement des effets indésirables encore insuffisant. European Journal of Pediatrics, 2024 (nouvel onglet)
Il ne bouge plus : surpoids, malbouffe et mal de dos
À quel âge :0–3Tout-petits3–6Maternelle7–11Primaire12–15Collège16–18Lycée
11. Le chiffre
× 1,27
la probabilité de surpoids ou d’obésité chez les adolescents de la catégorie de temps d’écran la plus élevée (méta-analyse de 44 études, sans preuve d’un effet dose-réponse)
22. Les signes d’alerte
Des sessions de plusieurs heures sans se lever, des week-ends entiers devant l’écran.
Grignotage et sodas systématiques devant l’écran.
Il a abandonné le sport ou les sorties qu’il aimait.
Prise de poids rapide, essoufflement inhabituel à l’effort.
Douleurs de dos ou de nuque après les longues sessions.
33. Que faire
Instaurez la pause systématique : on se lève et on bouge à chaque fin d’épisode ou de partie.
Pas d’écran à table, et le grignotage reste en cuisine : devant l’écran, de l’eau plutôt que des sodas.
Sanctuarisez une activité physique régulière dans la semaine, plus les trajets à pied ou à vélo quand c’est possible.
Fixez un plafond d’écran quotidien avec votre ado, en en discutant plutôt qu’en l’imposant.
S’il adore les jeux vidéo, proposez aussi des jeux actifs qui font bouger : leur bénéfice est démontré chez les jeunes en surpoids.
Douleurs de dos qui durent : variez les postures, aménagez le poste de jeu, et consultez si cela persiste.
Les adolescents les plus exposés aux écrans ont 1,27 fois plus de chances d’être en surpoids ou obèses (méta-analyse de 44 études, sans preuve que le risque augmente régulièrement avec la durée d’écran).
Jeu en ligne et e-sport : moins d’activité physique, plus de temps assis, plus de boissons sucrées, sommeil dégradé.
Mal de dos : une association existe, mais la preuve d’un lien de cause à effet reste faible.
Les jeux vidéo actifs peuvent au contraire aider des jeunes en surpoids à bouger — c’est démontré par des essais.
L’enjeu : ce que les heures d’écran remplacent — sport, sommeil, repas posés.
Les études, une par une
Méta-analyse de 44 études : les adolescents de la catégorie de temps d’écran la plus élevée ont 1,27 fois plus de chances d’être en surpoids ou obèses (OR = 1,27), sans preuve que le risque augmente régulièrement avec la durée d’écran. BMC Primary Care, 2022 (nouvel onglet)
Revue systématique de 36 études : le jeu vidéo en ligne et l’e-sport sont associés à une baisse de l’activité physique, une hausse de l’IMC et du temps sédentaire, une alimentation de moindre qualité et des troubles du sommeil. Computers in Human Behavior, 2022 (nouvel onglet)
Méta-analyse dose-réponse de 30 études : chaque heure d’écran quotidienne supplémentaire est associée à +26 % de risque de lombalgie chez les 6-18 ans — résultat à prendre avec prudence, l’analyse en continu n’étant pas significative et les mesures étant auto-déclarées. Healthcare, 2026 (nouvel onglet)
Nuances
Méta-analyse de 129 rapports : l’association entre sédentarité et douleurs du rachis est faible en transversal, et les données longitudinales ne soutiennent pas de lien causal — la sédentarité n’augmente pas le risque d’apparition de ces douleurs. British Journal of Sports Medicine, 2025 (nouvel onglet)
Méta-analyse de 6 essais randomisés (191 jeunes en surpoids ou obésité) : les jeux vidéo actifs réduisent significativement l’IMC, le tour de taille et la pression artérielle systolique. Children, 2024 (nouvel onglet)
Étude longitudinale (petite, fort taux d’abandon) : un programme d’e-sport scolaire n’a montré aucun impact négatif sur la santé ou le psychisme des lycéens, la confiance restant stable dans le groupe e-sport. Frontiers in Psychology, 2022 (nouvel onglet)
Il monte le son : les écouteurs abîment son audition
À quel âge :0–3Tout-petits3–6Maternelle7–11Primaire12–15Collège16–18Lycée
11. Le chiffre
1 enfant sur 7
de 9-11 ans présente déjà une atteinte auditive dans les aigus (14,2 %), avant même les concerts et les boîtes de nuit (3 116 enfants néerlandais d’une cohorte de naissance)
22. Les signes d’alerte
Vous entendez sa musique depuis l’autre bout de la pièce alors qu’il porte ses écouteurs.
Il fait répéter, monte le volume de la télévision, ou dit « quoi ? » plus souvent qu’avant.
Il se plaint d’un sifflement, d’un bourdonnement ou d’une oreille « cotonneuse » après un concert, une soirée ou une longue session au casque.
Les écouteurs ne quittent plus ses oreilles : transports, marche, devoirs, endormissement, plusieurs heures par jour sans pause.
Il monte le son dès que l’environnement est bruyant (bus, cour, rue) au lieu de baisser ou de couper.
Il se dit gêné par le bruit au quotidien, ou s’isole des conversations dans les lieux animés.
33. Que faire
Ce soir, sur iPhone : Réglages > Sons et vibrations > Sécurité des écouteurs > Diminuer les sons forts, réglé sur 75 dB (le repère de l’OMS pour les enfants) ; puis, pour qu’il ne puisse pas le remonter, Réglages > Temps d’écran > Contenu et confidentialité > Diminuer les sons forts > « Ne pas autoriser ». Sur Android, le nom varie selon la marque : cherchez « limite » ou « volume » dans les réglages du son, et visez au plus 60 % du maximum (repère de l’OMS).
Donnez-lui une règle qu’il retient : pas plus de 60 % du volume, et une pause toutes les heures. L’OMS recommande de faire souvent des pauses pour ménager les oreilles.
Dans les transports et les lieux bruyants, un casque ou des écouteurs à réduction de bruit bien ajustés, plutôt que de monter le son pour couvrir l’ambiance (conseil OMS).
Le test à un mètre : si vous entendez sa musique à côté de lui, c’est trop fort. Baissez ensemble jusqu’à ce que ce ne soit plus le cas.
Un sifflement après une exposition n’est pas un détail : oreilles au repos le lendemain, et s’il ne disparaît pas, un médecin ou un ORL rapidement. Les chercheurs le rappellent : un acouphène passager annonce parfois un dommage définitif.
Concerts, soirées, festivals : des bouchons d’oreilles dans la poche. Moins de 5 % des lycéens en portaient dans une enquête belge (3 892 élèves), alors que c’est le geste le plus simple.
Près d’un jeune sur quatre (24 %) écoute ses écouteurs à un niveau dangereux, et jusqu’à 1,35 milliard de 12-34 ans risquent une perte auditive dans le monde (méta-analyse de 33 études, 19 046 personnes).
Dès 9-11 ans, 14,2 % des enfants présentent déjà une encoche ou une perte auditive dans les aigus, et l’usage d’un baladeur est associé à près de trois fois plus de pertes dans les aigus (rapport de cotes 2,9 ; 3 116 enfants d’une cohorte de naissance).
En France, deux jeunes de 15-24 ans sur trois (67 %) ont déjà eu les oreilles qui sifflent après une exposition au bruit (enquête Ifop, 1 500 jeunes).
Les études, une par une
Méta-analyse de 33 études (19 046 jeunes de 12-34 ans) : 23,8 % s’exposent à un niveau non sûr avec leurs écouteurs, 48,2 % dans des lieux bruyants ; entre 0,67 et 1,35 milliard de jeunes dans le monde risquent une perte auditive. BMJ Global Health, 2022 (nouvel onglet)
Étude transversale sur 3 116 enfants néerlandais de 9-11 ans issus d’une cohorte de naissance, passés à l’audiogramme : 14,2 % présentent une encoche ou une perte dans les aigus ; l’usage d’un baladeur est associé à près de trois fois plus de pertes dans les aigus (rapport de cotes 2,9 pour 1-2 jours par semaine, 2,7 pour 3 jours ou plus). JAMA Otolaryngology–Head & Neck Surgery, 2018 (nouvel onglet)
Enquête auprès de 3 892 lycéens belges (16,6 ans en moyenne) : 74,9 % ont déjà eu un acouphène temporaire après du bruit, 18,3 % ont un acouphène permanent, 4,7 % seulement utilisent une protection auditive. PLoS ONE, 2013 (nouvel onglet)
Enquête Ifop pour la Fondation pour l’audition (1 500 jeunes de 15-24 ans, terrain avril-mai 2025) : 67 % ont déjà ressenti sifflements ou bourdonnements après une exposition au bruit ; 65 % utilisent souvent leurs écouteurs dans des lieux bruyants, 58 % à volume élevé, 57 % montent le son pour couvrir le bruit ; 63 % pensent qu’un son n’est dangereux que s’il fait mal. Ifop Group, article publié le 23 juin 2026 (terrain du 28 avril au 11 mai 2025), 2025
Fiche officielle de l’OMS en français (mise à jour du 3 mars 2026) : plus d’un milliard de jeunes adultes risquent une déficience auditive permanente évitable à cause d’habitudes d’écoute non sûres ; environ 95,1 millions d’enfants de 5 à 19 ans présentent une perte auditive dans le monde. Fiche d’information OMS en français, mise à jour du 3 mars 2026, 2026
Repères OMS pour une écoute sans risque : 40 heures par semaine à 80 dB, 12 heures et demie à 85 dB, 4 heures à 90 dB ; volume à 60 % du maximum au plus, écouteurs à réduction de bruit, pauses fréquentes. Page questions-réponses OMS en français, datée du 6 mars 2026, 2026
ARS Nouvelle-Aquitaine (2025), citant une enquête Ipsos « Les jeunes et le monde sonore » publiée en 2015 : 74 % des 7-12 ans et 21 % des moins de 6 ans utilisent un casque ou des écouteurs ; près de 10 % des moins de 2 ans s’endorment avec. Page officielle ARS, article du 3 juin 2025, 2025
Nuances
Revue systématique de 20 études (2000-2023) : le lien entre bruit de loisir et fonction auditive mesurée reste imprécis ; les changements observés sont souvent transitoires et situés dans les très hautes fréquences, et des études longitudinales avec mesure réelle du niveau sonore manquent. Journal of Speech, Language, and Hearing Research, 2024 (nouvel onglet)
Dans l’étude néerlandaise, c’est la fréquence d’usage du baladeur qui est associée à la perte auditive, pas la durée d’écoute déclarée ; les auteurs demandent des mesures répétées pour confirmer le lien. JAMA Otolaryngology–Head & Neck Surgery, 2018 (nouvel onglet)
À quel âge :0–3Tout-petits3–6Maternelle7–11Primaire12–15Collège16–18Lycée
11. Le chiffre
× 2,6
Cohorte américaine de 9 799 jeunes de 11-12 ans suivis un an : chez les victimes de cyberharcèlement, chances de comportements suicidaires multipliées par 2,6 l’année suivante — un lien, pas une preuve de cause.
22. Les signes d’alerte
Votre enfant s’angoisse ou sursaute quand son téléphone vibre.
Il cache brusquement son écran quand vous approchez.
Il ne veut plus aller au collège, se plaint de maux de ventre le matin.
Ses notes chutent, il abandonne des activités qu’il aimait.
Il supprime soudainement ses comptes ou change de comportement en ligne.
Troubles du sommeil, repli, tristesse durable après les moments passés en ligne.
33. Que faire
Dites-lui ce soir : « Si quelque chose se passe mal en ligne, tu peux me le dire. Je ne te confisquerai pas ton téléphone. »
S’il est visé : conservez les preuves (captures d’écran avec date et pseudo) avant tout blocage.
Bloquez et signalez les comptes des auteurs directement sur la plateforme.
Appelez le 3018, numéro national gratuit contre les violences numériques faites aux jeunes : l’équipe peut accélérer le retrait de contenus.
Prévenez l’établissement scolaire par écrit et demandez un rendez-vous ; gardez une trace de chaque signalement.
Réservez chaque jour un moment d’échange sans écran (repas, trajet) : les enfants qui se sentent soutenus par leurs parents sont un peu moins souvent victimes de cyberharcèlement.
Une collégienne de 13 ans s’est donné la mort en 2013 après des insultes subies au collège et sur les réseaux sociaux (Essonne).
Une collégienne de 14 ans s’est donné la mort en 2021 dans le Haut-Rhin ; sa famille dénonce plus de deux ans de harcèlement. En 2022, le parquet a classé l’affaire sans suite, estimant le harcèlement scolaire non établi ; la famille a déposé une nouvelle plainte.
55. Les preuves
Environ 27 % des collégiens et lycéens se disent victimes de cyberharcèlement au cours du dernier mois (enquête américaine).
Les conséquences sont solidement documentées : dépression, anxiété, idées suicidaires, automutilation.
Chez les jeunes victimes de 11-12 ans, les chances de comportements suicidaires sont multipliées par 2,6 l’année suivante (rapport de cotes ajusté) : un lien, pas une preuve de cause.
Le soutien des parents et un bon climat scolaire vont de pair avec un peu moins de cyberharcèlement : un effet faible, mais constant d’une étude à l’autre.
Des gestes concrets existent dès ce soir : dialogue, preuves, signalement, 3018.
Les études, une par une
La synthèse de 56 méta-analyses confirme que le cyberharcèlement est associé de façon robuste à la dépression, l’anxiété, la solitude, les idées suicidaires et l’automutilation ; le soutien parental et un bon climat scolaire sont protecteurs. Nature Human Behaviour, 2025 (nouvel onglet)
Sur 27 études longitudinales (13 497 jeunes de 8 à 19 ans), le lien entre cyberharcèlement et symptômes de dépression et d’anxiété est faible mais constant dans le temps : l’impact dure au-delà de la victimisation. Trauma, Violence, & Abuse, 2025 (nouvel onglet)
Dans une cohorte américaine de 9 799 jeunes de 11-12 ans suivis un an, le cyberharcèlement est associé, un an plus tard, à davantage de symptômes dépressifs, à des chances de comportements suicidaires multipliées par 2,6 (rapport de cotes ajusté) et à une expérimentation accrue d’alcool, de nicotine et de cannabis. The Lancet Regional Health - Americas, 2025 (nouvel onglet)
Chez 378 jeunes adolescents suivis 3 ans, une cybervictimisation plus élevée est associée à une baisse des préoccupations de vie privée en ligne, signe d’un désengagement de la protection des données. Human Behavior and Emerging Technologies, 2021 (nouvel onglet)
Dans un suivi hebdomadaire de 2 mois, le cyberharcèlement provoque des symptômes de stress post-traumatique chez les adolescents dans la semaine qui suit l’exposition. Internet Research, 2018 (nouvel onglet)
Dans une enquête auprès de 5 005 collégiens et lycéens américains, environ 27 % se disent victimes de cyberharcèlement au cours des 30 derniers jours. Cyberbullying Research Center (rapport / littérature grise), 2024
Nuance
Un essai randomisé auprès de 1 072 élèves montre qu’un programme d’éducation au numérique améliore les connaissances en sécurité en ligne et le sentiment d’efficacité des élèves, mais sans effet détecté sur le cyberharcèlement lui-même. Contemporary School Psychology, 2023 (nouvel onglet)
Prédation en ligne : des adultes malveillants l’abordent
À quel âge :0–3Tout-petits3–6Maternelle7–11Primaire12–15Collège16–18Lycée
11. Le chiffre
1 jeune sur 9
Environ un jeune sur neuf (11,5 %) a subi une sollicitation sexuelle en ligne non désirée, selon une méta-analyse portant sur 18 272 jeunes.
22. Les signes d’alerte
Votre enfant a un nouvel « ami » en ligne, plus âgé, dont il parle peu ou avec gêne.
Des cadeaux inexpliqués : skins, cartes cadeaux, argent, téléphone.
Il devient secret sur ses conversations et ferme l’écran à votre approche.
Il se connecte tard la nuit pour parler toujours à la même personne.
Il évoque un projet de rencontre avec quelqu’un qu’il n’a jamais vu en vrai.
Changement d’humeur marqué après les sessions en ligne.
33. Que faire
Ce soir, réglez ensemble ses jeux et, s’il en a déjà, ses comptes : messagerie limitée aux amis dans les jeux (Roblox, Fortnite), profils privés et messages des inconnus désactivés (Snapchat, Instagram, TikTok). Le ministère de l’Éducation nationale déconseille les réseaux sociaux avant 15 ans.
Posez une règle claire : on ne rencontre jamais en vrai quelqu’un connu en ligne sans en parler d’abord à un parent.
Expliquez les techniques des prédateurs : faux profil, compliments, cadeaux, demande de secret. Un adulte qui demande à un enfant de garder un secret est un signal d’alarme.
En cas de sollicitation : ne répondez pas à l’auteur, conservez les captures d’écran et signalez le compte sur la plateforme.
Signalez les faits sur internet-signalement.gouv.fr (plateforme PHAROS) et appelez le 3018 pour être guidé.
Pour les plus jeunes, installez la console ou l’ordinateur dans une pièce commune et jouez parfois avec eux : vous verrez qui leur parle.
Un homme de 40 ans, se faisant passer pour un adolescent sur Snapchat, a piégé 16 adolescentes de 12 à 14 ans ; il a été condamné à 17 ans de réclusion en 2024.
Un homme de 34 ans entrait en contact avec de jeunes enfants via Fortnite ; condamné en 2024 pour agressions sexuelles sur deux garçons de 9 ans, il a vu sa peine réduite en appel, avec une relaxe partielle.
55. Les preuves
Environ un jeune sur neuf (11,5 %) a subi une sollicitation sexuelle en ligne non désirée.
8,1 % des moins de 18 ans rapportent au moins un incident d’exploitation ou d’abus sexuel en ligne sur douze mois.
Sur 13 mois de suivi de collégiens espagnols, les interactions sexualisées avec des adultes passent de 4,8 % à 7,1 %.
Les prédateurs passent par les jeux (Roblox, Fortnite), Snapchat et les messageries, souvent sous faux profil.
Régler les messageries, poser des règles claires et garder le dialogue : cela peut se faire ce soir.
Les études, une par une
Méta-analyse de 123 études : 8,1 % des moins de 18 ans rapportent au moins un incident d’exploitation ou d’abus sexuel en ligne sur les douze derniers mois ; la sollicitation en ligne atteint 12,5 % dans les études qui la mesurent. The Lancet Child & Adolescent Health, 2025 (nouvel onglet)
Environ un jeune sur neuf (11,5 %) a subi une sollicitation sexuelle en ligne non désirée, et un sur cinq (20,3 %) une exposition sexuelle en ligne non désirée ; cette prévalence tend à baisser au fil des années d’études (1990-2016). Journal of Adolescent Health, 2018 (nouvel onglet)
Sur 13 mois de suivi de 1 029 élèves espagnols de 12 à 15 ans, la sollicitation sexuelle passe de 11,3 % à 16,1 % et les interactions sexualisées avec des adultes de 4,8 % à 7,1 %. Child Abuse & Neglect, 2022 (nouvel onglet)
Les sollicitations sexuelles en ligne provoquent des symptômes de stress post-traumatique chez les adolescents dans la semaine suivant l’exposition. Internet Research, 2018 (nouvel onglet)
Dans une enquête américaine auprès de 2 639 jeunes adultes de 18 à 28 ans, ajouter les abus sexuels subis en ligne pendant l’enfance fait passer la prévalence des abus sexuels dans l’enfance de 13,5 % à 21,7 %. Child Abuse & Neglect, 2024 (nouvel onglet)
Photos intimes : chantage et diffusion sans consentement
À quel âge :0–3Tout-petits3–6Maternelle7–11Primaire12–15Collège16–18Lycée
11. Le chiffre
46,8 %
Parmi les adolescents ayant envoyé une image intime, près de la moitié l’ont vue partagée sans leur consentement (enquête nationale américaine auprès de 3 466 ados de 13 à 17 ans).
22. Les signes d’alerte
Votre ado panique ou montre une détresse soudaine à chaque notification.
Il demande de l’argent de façon inhabituelle, ou de l’argent disparaît.
Il supprime brutalement ses comptes sur les réseaux sociaux.
Repli, honte, propos dévalorisants sur lui-même.
Il évoque une « grosse bêtise » sans réussir à en parler.
Signes de détresse aiguë (pleurs, insomnie, idées noires) : ne le laissez pas seul.
33. Que faire
Dites-lui explicitement : « Si une photo circule ou si on te menace, viens me voir. Tu ne seras jamais puni pour ça. »
En cas de chantage : ne payez jamais et cessez de répondre — payer ne fait pas cesser les menaces.
Conservez toutes les preuves avant de bloquer : captures des menaces, pseudos, moyens de paiement demandés.
Appelez le 3018 : le service accompagne les mineurs, peut aider au retrait des images et vous oriente vers le dépôt de plainte.
Signalez le compte sur la plateforme et déposez plainte ; en cas de danger immédiat, appelez le 17.
En amont, parlez du réflexe simple : une image envoyée ne se contrôle plus, surtout hors du couple (risque de diffusion multiplié par 13, selon une enquête américaine auprès de 3 466 ados).
Méta-analyse de 110 380 jeunes de moins de 18 ans : 12 % ont transféré le sext de quelqu’un d’autre sans son consentement et 8 % ont vu leur propre image rediffusée sans leur accord, des taux qui augmentent avec l’âge. JAMA Pediatrics, 2018 (nouvel onglet)
La revue systématique converge : le partage non consenti d’images intimes est associé à une augmentation de la dépression, de l’anxiété et des idées suicidaires chez les jeunes victimes. Trauma, Violence, & Abuse, 2024 (nouvel onglet)
Environ 5 % des collégiens et lycéens américains déclarent avoir été victimes de sextorsion, et environ 3 % admettent avoir menacé autrui de diffuser une image confiée. Sexual Abuse, 2020 (nouvel onglet)
Parmi les adolescents américains ayant envoyé une image intime, 46,8 % l’ont vue partagée sans leur consentement ; l’envoyer à quelqu’un d’autre que le partenaire amoureux multiplie par 13 le risque de diffusion. Journal of Adolescent Health, 2026 (nouvel onglet)
Dans une enquête nationale américaine auprès de 2 639 jeunes adultes de 18 à 28 ans, 4,9 % rapportent qu’une image sexuelle d’eux a été partagée sans leur accord avant 18 ans, et 3,5 % qu’on a menacé de la diffuser. Child Abuse & Neglect, 2024 (nouvel onglet)
Chez 728 élèves suédois, être ciblé par une diffusion non consentie d’images sexuelles est associé à la dépression, et les jeunes LGB+ sont plus souvent victimisés. Journal of Interpersonal Violence, 2023 (nouvel onglet)
Un faux profil le fait chanter : la sextorsion financière
À quel âge :0–3Tout-petits3–6Maternelle7–11Primaire12–15Collège16–18Lycée
11. Le chiffre
90 % de garçons
de 14 à 17 ans parmi les victimes identifiées dans les signalements de sextorsion (Thorn et NCMEC, 15 millions de signalements CyberTipline analysés, 2020-2023)
22. Les signes d’alerte
Il change brutalement d’humeur en une soirée : angoissé, muet, enfermé dans sa chambre avec son téléphone, et refuse d’expliquer.
Il réclame de l’argent en urgence sans raison claire, achète des cartes cadeaux, ou vous demande votre carte bancaire ou l’accès à un compte.
Une « nouvelle amie » inconnue est apparue depuis quelques jours ; appels vidéo ou messages tard le soir avec un contact que personne ne connaît.
Il supprime ses comptes, change de pseudo, sursaute à chaque notification, éteint l’écran quand vous approchez.
Il dit que « sa vie est finie », qu’il a « fait une énorme bêtise », ou demande ce qui se passe si une photo de lui circulait.
Nuit blanche, pleurs, refus d’aller au collège ou au lycée le lendemain matin.
33. Que faire
Ce soir : racontez-lui le scénario, avant qu’il n’arrive. « Une inconnue qui envoie d’abord sa photo, c’est un piège. Si un jour ça t’arrive, tu viens me voir, tu ne seras pas puni, et on ne paie jamais. » La honte est ce que les escrocs exploitent.
Ne jamais payer ni envoyer d’autre image : c’est la consigne du ministère de l’Intérieur, et les chiffres la confirment, 27 % des victimes qui ont payé ont vu les demandes continuer.
Couper tout contact, mais garder les preuves d’abord : captures d’écran des messages, du pseudo et du profil, puis bloquer et signaler le compte à la plateforme.
Porter plainte au commissariat ou à la gendarmerie, un mineur peut le faire seul. Le 3018, ligne gratuite et confidentielle de l’association e-Enfance pour les jeunes victimes de harcèlement ou de violences numériques (7 jours sur 7, de 9 h à 23 h), accompagne les jeunes et les parents dans ces démarches.
Dans les cas connus, le drame survient en quelques heures ou quelques jours (douze heures dans un cas, trois jours dans l’autre) : restez auprès de lui, prenez au sérieux toute parole sombre, et appelez le 3114, le numéro national de prévention du suicide (gratuit, 24 h/24), au moindre doute.
Rappelez-lui qu’il est la victime, pas le coupable : ces réseaux organisés piègent des centaines de garçons chaque semaine, et la détresse recule avec le temps quand on en parle.
Un lycéen de 16 ans de Caraquet, au Nouveau-Brunswick, croyait parler à une fille de son âge sur Instagram ; le faux compte lui a réclamé environ 5 000 dollars sous menace de diffuser ses photos. Il s’est donné la mort le 29 octobre 2022, trois jours après le début du chantage.
Un jeune de 17 ans de l’Île-du-Prince-Édouard venait de s’engager dans les Forces canadiennes ; menacé de voir ses photos intimes diffusées à son entourage, il a cru que cela ruinerait ses chances d’entrer au Collège militaire royal. Il s’est donné la mort le 24 avril 2023, douze heures après les premières menaces.
55. Les preuves
Dans les signalements analysés par Thorn et le NCMEC, 90 % des victimes identifiées sont des garçons de 14 à 17 ans, et plus des deux tiers des chantages réclament de l’argent (15 millions de signalements, 2020-2023).
Chez 3 416 adolescents américains de 13 à 17 ans, environ 15 % ont déjà été la cible d’une sextorsion, et cette expérience est associée aux idées suicidaires.
En France, la police nationale fait état de 28 767 signalements de sextorsion en 2024, soit +460 % en trois ans (sources Ofmin et Ciivise).
Payer n’arrête rien : parmi les victimes qui ont payé, 27 % disent que les demandes ont continué.
Les études, une par une
Analyse par Thorn et le NCMEC de 15 millions de signalements (2020-2023) : 812 signalements de sextorsion par semaine, plus des deux tiers motivés par l’argent, 90 % des victimes identifiées sont des garçons de 14 à 17 ans, 47 % des signalements liés au Nigeria ou à la Côte d’Ivoire ; 38 % mentionnent un paiement et 27 % des payeurs subissent de nouvelles demandes. Rapport Thorn / NCMEC, 24 juin 2024, 2024
Enquête nationale auprès de 3 416 adolescents américains de 13 à 17 ans : environ 15 % ont été la cible d’une sextorsion, associée de façon significative aux idées suicidaires, que l’auteur soit connu hors ligne ou non. Child Abuse & Neglect, 2026 (nouvel onglet)
Auprès de 215 hommes et garçons victimes de sextorsion financière, les pensées suicidaires sont fréquentes ; la honte et la culpabilité augmentent leur probabilité, et l’humeur dépressive en prédit la gravité. Victims & Offenders, 2024 (nouvel onglet)
Enquête Thorn auprès de 1 200 jeunes américains de 13 à 20 ans : un adolescent sur cinq (20 %) a vécu une sextorsion, et un sur quatre (24 %) des 13-20 ans en a été victime avant 18 ans ; environ une victime sur cinq a subi une demande d’argent, une sur sept n’en a parlé à personne et 23 % se sont confiés à leurs parents. Rapport Thorn, 24 juin 2025, 2025
NCMEC : 26 718 signalements de sextorsion financière reçus en 2023, contre 10 731 en 2022 ; les garçons adolescents sont les cibles les plus fréquentes. Communiqué NCMEC, 15 avril 2024, 2024
NCMEC, bilan 2024 : près de 100 signalements de sextorsion financière par jour ; au moins 36 garçons adolescents se sont donné la mort depuis 2021 après une sextorsion. Communiqué NCMEC, 8 mai 2025, 2025
Police nationale (sources Ofmin et Ciivise) : 28 767 signalements pour des faits de sextorsion en France en 2024, soit +460 % en trois ans. Actualité officielle police-nationale.interieur.gouv.fr, 20 novembre 2025, 2025
Enquête nationale auprès de 3 466 adolescents américains de 13 à 17 ans : les ados qui envoient une image intime à quelqu’un d’autre que leur partenaire actuel sont cinq fois plus souvent victimes de sextorsion que ceux qui n’en envoient qu’à leur partenaire. Journal of Adolescent Health, 2026 (nouvel onglet)
Fiche officielle Ma Sécurité (ministère de l’Intérieur) : cesser toute communication, ne jamais payer ni envoyer d’autres images, conserver les preuves, en parler à un adulte et porter plainte. Fiche pratique Ma Sécurité (mise à jour 11/02/2026), 2026
Le 3018 (association e-Enfance) : ligne gratuite, anonyme et confidentielle pour les jeunes victimes, témoins ou auteurs de harcèlement ou de violences numériques, joignable 7 jours sur 7 de 9 h à 23 h par téléphone, tchat ou application. Page officielle e-enfance.org/le3018 (mise à jour 28/08/2026), 2026
Le 3114, numéro national de prévention du suicide : un professionnel du soin formé à la prévention du suicide répond 24 h/24 et 7 jours sur 7, gratuitement, dans toute la France. Site officiel 3114.fr (mise à jour 27/01/2025), 2025
Nuances
Analyse de 332 fils de discussion (3 276 messages) d’un forum d’entraide : la sextorsion financière provoque anxiété, culpabilité et symptômes physiques, mais beaucoup de membres du forum disent que leur anxiété et leur détresse diminuent avec le temps, surtout en se confiant à une personne de confiance et en restant hors ligne un temps. Journal of Interpersonal Violence, 2023 (nouvel onglet)
Toutes les sextorsions ne visent pas l’argent : chez les jeunes interrogés par Thorn, la demande la plus fréquente est d’autres images (39 % des victimes), l’argent n’étant réclamé qu’à environ une victime sur cinq ; les filles et les jeunes LGBTQ+ restent très exposés aux autres formes de chantage. Rapport Thorn, 24 juin 2025, 2025
Une appli déshabille sa photo : les images sexuelles par IA
À quel âge :0–3Tout-petits3–6Maternelle7–11Primaire12–15Collège16–18Lycée
11. Le chiffre
1 ado sur 17
dit avoir été la cible d’images dénudées fabriquées par une IA (enquête Thorn auprès de 1 200 jeunes de 13 à 20 ans aux États-Unis, rapport 2025)
22. Les signes d’alerte
Il ou elle refuse d’aller au collège, sèche des cours ou demande à changer d’établissement après une « histoire de photos ».
Il ou elle verrouille ou supprime brutalement ses comptes, retire ses photos de profil, disparaît des photos de classe.
Il ou elle cache son téléphone, pleure après l’avoir consulté, refuse de montrer ses messages.
Des camarades parlent d’un groupe où circulent des « photos truquées » ou des « montages » d’élèves.
Un adolescent de l’entourage installe des applications de retouche qui promettent de « déshabiller » une photo, ou en parle comme d’une blague.
Il ou elle demande soudain qu’aucune photo de lui ou d’elle ne soit publiée, y compris par la famille.
33. Que faire
Ce soir : dites-lui en une phrase que si une image truquée de lui ou d’elle circule un jour, ce ne sera jamais sa faute, et qu’il ou elle peut venir vous voir sans être puni — dans l’enquête Thorn, 72 % des 13 à 17 ans pensent qu’ils préviendraient un parent ou un adulte de confiance, mais seules 48 % des victimes adolescentes l’ont fait.
Ne réclamez pas l’image et ne la faites pas circuler : conservez des captures d’écran du compte diffuseur, du lien et de la date, puis signalez le contenu à la plateforme.
Appelez le 3018, numéro national contre les violences numériques, « gratuit, anonyme, confidentiel », qui intervient « notamment auprès des réseaux sociaux pour faire supprimer un contenu en quelques heures ».
Déposez plainte au commissariat ou à la gendarmerie et demandez en parallèle le retrait des contenus aux plateformes : c’est ce que rappelle France 3 Normandie au terme de son article sur l’affaire de la Manche, « il est recommandé de porter plainte contre X et de demander aux réseaux sociaux de le supprimer au plus vite ».
Prévenez l’établissement le jour même : les images circulent d’abord dans les groupes de classe. L’auteur peut être un camarade, comme à Almendralejo où quinze adolescents de 13 à 15 ans ont été condamnés, ou un adulte extérieur, comme dans la Manche où un homme de 20 ans a été condamné le 14 mai 2025.
Réduisez la matière première : comptes privés, photos réservées aux personnes connues, et prudence sur les photos d’enfants que la famille publie en accès libre.
Dans la Manche, un homme de 20 ans a intégré par IA les visages de 13 jeunes filles de 12 à 20 ans, dont des collégiennes de l’Immaculée Conception à Saint-Hilaire-du-Harcouët, dans des montages sexuels diffusés sur Instagram ; le tribunal correctionnel de Coutances l’a condamné le 14 mai 2025 à deux ans de prison avec sursis.
En Espagne, plus d’une vingtaine de collégiennes d’Almendralejo ont découvert en 2023 de fausses photos d’elles dénudées, générées par IA à partir de leurs comptes Instagram ; quinze adolescents de 13 à 15 ans ont été condamnés en juillet 2024 à un an de mise à l’épreuve.
55. Les preuves
Un adolescent sur 17 dit avoir été la cible d’images dénudées fabriquées par une intelligence artificielle (enquête Thorn, 1 200 jeunes de 13 à 20 ans).
En un an, les vidéos pédocriminelles générées par IA sont passées de 13 à 3 443 (8 029 images et vidéos évaluées par l’Internet Watch Foundation en 2025).
2,2 % des adultes déclarent avoir été victimes d’images intimes de synthèse non consenties (enquête CHI 2024, 16 693 adultes de dix pays, dont la France).
Les études, une par une
Enquête auprès de 1 200 jeunes Américains de 13 à 20 ans : un adolescent sur 17 a été la cible d’images dénudées générées par IA, un jeune sur huit connaît personnellement une victime, 2 % reconnaissent en avoir fabriqué (24 jeunes concernés), et chez les 13 à 17 ans, 72 % pensaient qu’ils préviendraient un parent ou un adulte de confiance alors que 48 % des victimes adolescentes l’ont fait. Rapport de recherche Thorn, 2025
Rapport de l’Internet Watch Foundation : 8 029 images et vidéos générées par IA montrant des abus sexuels sur enfants évaluées en 2025, dont 3 443 vidéos contre 13 en 2024 ; 65 % de ces vidéos en catégorie A et 97 % des images concernant des filles. Rapport IWF sur les contenus pédocriminels générés par IA (données 2025), 2026
Article de synthèse publié dans AI & Society : les images pédocriminelles générées par IA créent des victimes parmi des enfants jamais agressés auparavant, revictimisent des enfants réellement abusés, et servent à l’appâtage et au chantage sexuel ; les auteurs mettent en garde contre l’idée qu’elles fonctionneraient comme un outil de réduction des risques. AI & Society, 2026 (nouvel onglet)
Les données sur les jeunes qui fabriquent ces images reposent sur 24 répondants seulement : Thorn qualifie lui-même ces résultats d’indicatifs et appelle à les confirmer. Rapport de recherche Thorn, 2025
Les chiffres de l’Internet Watch Foundation comptent des contenus repérés et évalués par ses analystes : ils mesurent l’ampleur de ce qui est détecté sur le web, pas une prévalence dans la population, et une hausse peut refléter en partie un effort de détection accru. Rapport IWF sur les contenus pédocriminels générés par IA (données 2025), 2026
Étude pilote polonaise auprès de 192 élèves de 12 à 15 ans et 36 enseignants : 38,5 % des élèves déclarent avoir rencontré du harcèlement fabriqué par IA et un tiers seulement se disent capables de reconnaître ces contenus — chiffres élevés, mais issus d’un échantillon local et réduit, et portant sur le harcèlement par IA en général, pas seulement sur les images sexuelles. Psychologia Wychowawcza, vol. 73, p. 61-73, 2025 (nouvel onglet)
La capacité à distinguer le vrai du faux n’émerge que vers 12 ans et progresse jusqu’à l’âge adulte.
Sur les réseaux sociaux, la désinformation en santé est très répandue : jusqu’à 87 % des contenus sur le tabac et les drogues.
Sur TikTok, seulement 14 % des publications nutrition analysées étaient totalement exactes.
L’éducation aux médias fonctionne, surtout répétée dans le temps et sous forme de jeu.
Une séance unique de 15 minutes ne suffit pas : l’effet disparaît en un mois.
Les études, une par une
Méta-analyse de 49 études (81 155 participants) : l’éducation aux médias renforce la résilience à la désinformation (d = 0,60) et réduit fortement le partage de fausses informations, surtout en plusieurs séances. Communication Research, 2024 (nouvel onglet)
Méta-analyse de 33 études (36 256 participants) : les interventions de littératie médiatique améliorent significativement l’évaluation de la crédibilité des fake news, les formats sous forme de jeu étant les plus efficaces. Cyberpsychology, Behavior, and Social Networking, 2024 (nouvel onglet)
Revue systématique de 69 études : la désinformation en santé est très répandue sur les réseaux sociaux — jusqu’à 87 % des contenus sur le tabac et les drogues, environ 43 % sur les vaccins, environ 36 % sur les troubles alimentaires. Journal of Medical Internet Research, 2021 (nouvel onglet)
Revue développementale : les transformations sociales, émotionnelles et cognitives propres à l’adolescence accroissent la vulnérabilité à la désinformation, tout en offrant des leviers de résilience adaptés à l’âge. Nature Human Behaviour, 2025 (nouvel onglet)
Étude préenregistrée sur 1 582 lycéens hongrois : la pensée analytique et le besoin de cognition réduisent la susceptibilité aux fake news, ces facteurs cognitifs pesant plus que le milieu socio-économique. Personality and Individual Differences, 2024 (nouvel onglet)
Chez 432 adolescents français de 11 à 14 ans, la capacité à distinguer fausses et vraies informations n’émerge que vers 12 ans et progresse avec le développement du raisonnement analytique. Scientific Reports, 2025 (nouvel onglet)
Analyse de 250 publications TikTok sur la nutrition : seulement 14 % sont totalement exactes, les contenus sur la perte de poids sont les plus erronés, et 82 % des posts manquent de transparence publicitaire. Nutrients, 2025 (nouvel onglet)
Nuances
Une intervention en ligne de 15 minutes améliore la détection des fausses informations sur le moment, mais l’effet disparaît après 4 semaines chez la plupart des lycéens — les interventions brèves ne suffisent pas. Computers in Human Behavior, 2024 (nouvel onglet)
Les interventions scolaires n’améliorent que modérément la littératie numérique des 8-18 ans (DMS = 0,16), avec un effet plus marqué au primaire et dans les programmes fondés sur une théorie. Information, Communication & Society, 2025 (nouvel onglet)
Des leçons de raisonnement civique en ligne intégrées au programme scolaire font progresser significativement la capacité des élèves à évaluer la crédibilité des contenus en ligne. AERA Open, 2023 (nouvel onglet)
À quel âge :0–3Tout-petits3–6Maternelle7–11Primaire12–15Collège16–18Lycée
11. Le chiffre
55,5 %
précision moyenne des humains pour repérer un deepfake, à peine mieux que le hasard (50 %), selon une méta-analyse de 56 études sur 86 155 participants
22. Les signes d’alerte
Il refuse soudainement d’aller en cours ou d’ouvrir ses messageries.
Une photo ou une vidéo de lui circule et il ne veut pas en parler.
Il évoque des montages « pour rire » qui circulent dans des groupes de classe.
Il utilise des applications de « dénudage » ou d’échange de visages.
Anxiété, repli ou honte soudaine liés à son image.
33. Que faire
Dites-lui clairement : personne, pas même un adulte, ne repère un deepfake de façon fiable — le doute est la règle.
Passez ses comptes en privé et triez ensemble les photos accessibles : moins d’images publiques, moins de matière première.
Posez la règle : on ne crée jamais et on ne partage jamais un montage d’un camarade, même « pour rire » — la justice condamne ces actes.
S’il est victime : conservez les captures d’écran, signalez à la plateforme et à l’établissement, portez plainte.
Appelez le 3018, le numéro gratuit pour les jeunes victimes de violences numériques.
Devant une image choquante, apprenez-lui à chercher la source avant d’y croire ou de la faire suivre.
Dans la Manche, un homme de 20 ans a été condamné en 2025 pour avoir intégré les visages de 13 jeunes filles de 12 à 20 ans, dont des collégiennes, dans des montages sexuels diffusés sur Instagram.
Dans l’Ain, un lycéen de 17 ans est soupçonné d’avoir créé en 2025 des photomontages dénudés par IA d’une trentaine de camarades lycéennes ; 19 victimes mineures ont été identifiées.
55. Les preuves
Les humains ne détectent les deepfakes qu’à 55,5 % en moyenne : à peine mieux que pile ou face.
L’entraînement et l’aide de l’intelligence artificielle n’améliorent la détection que jusqu’à environ 65 %.
Des outils d’IA accessibles à tous servent à fabriquer des images sexuelles de camarades : des affaires ont touché des collèges et lycées français dès 2025.
Ces montages sont poursuivis par la justice : des condamnations ont été prononcées en France et en Espagne.
Méta-analyse de 56 études (86 155 participants) : la détection humaine des deepfakes ne dépasse guère le hasard (55,5 % en moyenne) ; l’entraînement avec retour et l’aide de l’IA ne montent qu’à environ 65 %. Computers in Human Behavior Reports, 2024 (nouvel onglet)
Revue de 28 études : les deepfakes sont liés à des faux souvenirs, de la détresse, de l’anxiété, des victimisations par deepfakes sexuels et une défiance envers les médias — des preuves encore à consolider. AI & Society, 2025 (nouvel onglet)
Étude qualitative en établissements britanniques : enseignants et élèves comprennent très mal les abus sexuels générés par IA, et les réponses des écoles sont incohérentes. Behavioral Sciences, 2026 (nouvel onglet)
Influenceurs : la pub cachée pour malbouffe, alcool, vape et paris
À quel âge :0–3Tout-petits3–6Maternelle7–11Primaire12–15Collège16–18Lycée
11. Le chiffre
+26 %
de calories avalées par des enfants de 9-11 ans après avoir vu de faux profils d’influenceurs poser avec des snacks malsains : 448 kcal, contre 357 avec des produits non alimentaires (essai randomisé, 176 enfants)
22. Les signes d’alerte
Il réclame précisément les marques, snacks ou boissons vus chez ses influenceurs préférés.
Il parle d’un influenceur comme d’un ami qui « ne mentirait jamais ».
Il évoque des paris sportifs, du trading ou des cryptomonnaies présentés comme de l’argent facile.
Il vape ou parle d’alcool en citant des contenus vus en ligne.
Ses demandes d’achat augmentent, il juge les gens à ce qu’ils possèdent.
33. Que faire
Ce soir, regardez une vidéo de son influenceur préféré avec lui et cherchez ensemble : qui paie ce contenu ?
Expliquez-lui que la mention « publicité » ou « collaboration » ne suffit pas : l’influence agit quand même.
Parlez d’alcool, de vape et de paris avant que les contenus ne le fassent à votre place.
Posez la règle : aucun achat ni placement (crypto, paris) inspiré d’un influenceur sans en parler d’abord.
Aidez-le à trier ses abonnements : moins de comptes qui vendent, moins de pression.
Commentez avec lui ce qu’il regarde : dans une enquête auprès de 415 adolescents, parler avec eux de leurs usages allait de pair avec moins de matérialisme, alors que la simple restriction allait de pair avec plus d’envies d’acheter les produits des influenceurs.
En 2022, l’Autorité nationale des jeux a fait retirer une publicité Winamax qui présentait le pari sportif comme un moyen d’ascension sociale — une première pour le régulateur français.
55. Les preuves
Exposés à des influenceurs vantant des snacks malsains, des enfants de 9-11 ans ont mangé environ 90 kcal de plus (448 kcal contre 357).
Les jeunes exposés au marketing numérique de l’alcool ont environ 1,8 fois plus de chances d’avoir bu dans le mois ou d’avoir fait un binge drinking. C’est une association, mesurée surtout dans des enquêtes à un seul moment.
Sur les réseaux, interagir avec des contenus sur le tabac est associé à davantage d’usage ; voir des contenus pro-vape va de pair avec plus de tentation d’essayer et une moindre perception du risque.
La mention « publicité » ne protège pas les enfants — elle peut même amplifier l’effet.
Acheter une cryptomonnaie le jour où un crypto-influenceur en parle fait perdre en moyenne 6,5 % au bout d’un mois, et près de 8 % pour les petites cryptomonnaies peu connues.
Les études, une par une
Méta-analyse de 22 études : le marketing alimentaire par influenceurs et jeux numériques influence les attitudes, les préférences, les intentions d’achat et surtout la consommation alimentaire immédiate des enfants et adolescents. Obesity Reviews, 2023 (nouvel onglet)
Méta-analyse de 32 études (274 283 jeunes de 9 à 25 ans) : interagir avec des contenus sur le tabac sur les réseaux sociaux est associé à davantage d’usage. Pour la simple exposition à des contenus sur la vape, le lien avec l’usage n’atteint pas le seuil de significativité, mais elle va de pair avec une plus grande tentation d’essayer et une moindre perception du risque. Addictive Behaviors, 2023 (nouvel onglet)
Méta-analyse de 31 études (62 703 personnes, dont 52 475 adolescents) : les jeunes exposés au marketing numérique de l’alcool ont environ 1,8 fois plus de chances d’avoir bu dans le mois ou d’avoir fait un binge drinking — une association, mesurée surtout dans des enquêtes à un seul moment. The Lancet Public Health, 2025 (nouvel onglet)
Méta-analyse : l’engagement avec des contenus liés à l’alcool sur les réseaux sociaux, y compris marketing et influenceurs, est associé à une consommation d’alcool accrue chez les jeunes. Addiction, 2024 (nouvel onglet)
Essai randomisé chez 176 enfants de 9-11 ans : voir des influenceurs présenter des snacks malsains porte l’apport calorique total à 448 kcal, contre 357 kcal avec des produits non alimentaires (+ 26 %) ; les snacks sains n’ont aucun effet. Pediatrics, 2019 (nouvel onglet)
Essai randomisé chez 151 enfants de 9-11 ans : la mention publicitaire censée protéger ne réduit pas l’effet du placement de snacks malsains — elle tend même à l’amplifier. Pediatric Obesity, 2019 (nouvel onglet)
Analyse d’environ 36 000 tweets de 180 crypto-influenceurs : leurs recommandations suivent un schéma de « pump-and-dump », avec une perte moyenne de 6,5 % un mois après le tweet, et de près de 8 % pour les petites cryptomonnaies peu connues. Review of Accounting Studies, 2024 (nouvel onglet)
Revue critique : le marketing multi-canal des jeux d’argent, influenceurs compris, normalise les paris comme un divertissement inoffensif chez les mineurs, face à des régulations insuffisantes. Health Promotion International, 2023 (nouvel onglet)
Chez des lycéens de Los Angeles, l’usage quotidien de TikTok et l’exposition hebdomadaire à des contenus tabac-nicotine sont associés à davantage d’usage, d’expérimentation et d’initiation de l’e-cigarette. Preventive Medicine Reports, 2022 (nouvel onglet)
Enquête auprès de 415 adolescents : la relation parasociale avec les influenceurs est associée au matérialisme et aux intentions d’achat ; parler avec l’ado de ses usages va de pair avec moins de matérialisme, la restriction avec plus d’intentions d’achat, et aucune des deux n’est liée à l’attachement aux influenceurs. Frontiers in Psychology, 2019 (nouvel onglet)
Focus groups avec 64 jeunes de 12-17 ans : célébrités et influenceurs rendent les publicités pour les jeux d’argent plus attractives, renforcent leur acceptabilité et abaissent la perception du risque. Health Promotion International, 2024 (nouvel onglet)
Hameçonnage, arnaques, données : il clique sans se méfier
À quel âge :0–3Tout-petits3–6Maternelle7–11Primaire12–15Collège16–18Lycée
11. Le chiffre
29 %
part de bonnes réponses des élèves du secondaire sur l’hameçonnage avant formation — leur plus mauvais domaine en cybersécurité, mesurée lors d’ateliers en collège et lycée
22. Les signes d’alerte
Il partage publiquement son école, son adresse ou des photos très identifiantes.
Il a « gagné » quelque chose en ligne et doit cliquer ou payer pour le recevoir.
De l’argent ou des objets virtuels (skins, comptes de jeu) disparaissent.
Il utilise le même mot de passe partout ou le partage avec des amis.
Après une mauvaise expérience en ligne, il semble s’en moquer et se protège encore moins.
33. Que faire
Posez la règle d’or ce soir : on ne clique jamais sur un lien reçu par message — on tape soi-même l’adresse du site.
Activez ensemble la double authentification sur ses comptes principaux.
Montrez-lui de vrais messages d’hameçonnage que vous avez reçus : cherchez les indices ensemble, comme un jeu.
Fixez la liste de ce qui ne se donne jamais en ligne : nom complet, adresse, école, numéro de téléphone, papiers d’identité.
S’il s’est fait piéger, réagissez sans punir : après une victimisation, les jeunes tendent à baisser la garde au lieu de la relever — aidez-le à reprendre ses réglages et ses mots de passe, sans reproche.
En cas d’arnaque avérée, consultez Cybermalveillance.gouv.fr, le dispositif public français d’assistance aux victimes.
Revue systématique de 44 études : l’éducation à la cybersécurité des mineurs, dont la reconnaissance de l’hameçonnage et des escroqueries, reste incohérente et lacunaire d’un pays à l’autre. IEEE Transactions on Education, 2023 (nouvel onglet)
Méta-analyse de 13 études (41 521 adolescents) : la divulgation risquée d’informations personnelles en ligne est significativement associée à des conséquences négatives, selon le contexte et la plateforme. Frontiers in Psychology, 2025 (nouvel onglet)
Suivi de 378 jeunes adolescents sur 3 ans : une cybervictimisation plus élevée est associée à une baisse des préoccupations de vie privée — un désengagement de la protection des données après victimisation. Human Behavior and Emerging Technologies, 2021 (nouvel onglet)
Se confier en ligne n’est pas toujours néfaste : l’auto-divulgation est associée à un meilleur bien-être, même si sa version en face à face reste plus bénéfique — certains profils anxieux en tirent davantage parti en ligne. Current Opinion in Psychology, 2022 (nouvel onglet)
Une formation à la vie privée aide les enfants de 9 à 13 ans à mieux protéger leurs données : ils gardent pour eux ou inventent davantage leurs informations personnelles. Mais dans une autre expérience des mêmes chercheurs, les enfants mieux informés jugent la collecte plus juste quand on leur offre une récompense, et donnent alors davantage de données (Telematics and Informatics, 2021). Computers in Human Behavior, 2020 (nouvel onglet)
Le programme Be Internet Awesome améliore les connaissances en sécurité en ligne et l’auto-efficacité, mais sans effet détecté sur la vie privée, la civilité en ligne ou le cyberharcèlement. Contemporary School Psychology, 2023 (nouvel onglet)
Chez des collégiens vietnamiens de 12-15 ans, une éducation à la sécurité en ligne réduit la divulgation d’identité de 9,3 à 16,8 points et augmente la sécurisation des comptes de 8,9 à 17,9 points. Computers in Human Behavior, 2024 (nouvel onglet)
Il n’arrive plus à se concentrer : attention fragmentée et TDAH
À quel âge :0–3Tout-petits3–6Maternelle7–11Primaire12–15Collège16–18Lycée
11. Le chiffre
2 h par jour
Méta-analyse de 9 études (81 234 enfants, dont 28 997 avec un TDAH) : les enfants qui passent 2 heures ou plus par jour devant un écran ont un risque de TDAH plus élevé que ceux qui en passent moins (odds ratio 1,51).
22. Les signes d’alerte
Il ne finit plus un dessin animé, un jeu ou une activité calme sans passer à autre chose.
Les devoirs de 20 minutes prennent une heure, sans cesse interrompus.
Il dit s’ennuyer dès qu’il n’a pas d’écran en main.
Il s’agite ou s’irrite fortement quand on lui retire l’écran.
L’enseignant signale des difficultés de concentration en classe.
33. Que faire
Avant 3 ans : pas d’écran. De 3 à 6 ans : au plus une heure par jour, et moins c’est mieux. À partir de 6 ans, restez sous 2 heures par jour : dans les études, les enfants qui dépassent 2 heures ont un risque de TDAH plus élevé.
Supprimez ou limitez fortement les applis de vidéos courtes (TikTok, Reels, Shorts) sur son appareil, via les réglages de temps d’écran.
Éteignez la télévision quand personne ne la regarde, surtout en présence d’un bébé ou d’un tout-petit.
Regardez avec votre enfant et parlez de ce qu’il voit : l’accompagnement actif d’un adulte atténue les effets négatifs.
Proposez des usages structurés (codage, robotique éducative) plutôt que le défilement passif.
Si les difficultés d’attention persistent à l’école et à la maison, parlez-en à votre médecin : seul un professionnel peut évaluer un TDAH.
2 heures d’écran par jour ou plus : risque de TDAH significativement accru (méta-analyse portant sur 81 234 enfants).
Les vidéos courtes (TikTok, Reels, Shorts) sont particulièrement associées à de moindres capacités d’attention et de contrôle de soi.
Chez les tout-petits, une télévision allumée en fond va de pair avec un moins bon contrôle de soi.
Le lien va dans les deux sens : un enfant déjà inattentif se réfugie aussi davantage dans les écrans.
Un usage accompagné et structuré (co-visionnage, codage, certains jeux) peut au contraire aider.
Les études, une par une
Dans la cohorte américaine ABCD (10 116 enfants de 9-10 ans), plus de temps d’écran est associé à une hausse des symptômes de TDAH deux ans plus tard et à un cortex plus mince dans certaines zones. Au départ, le volume du cortex explique en partie le lien ; sur deux ans, aucune structure du cerveau ne l’explique. Translational Psychiatry, 2025 (nouvel onglet)
Revue de 28 études longitudinales : le lien entre médias numériques et symptômes de TDAH va dans les deux sens, et il est plus constant pour l’usage problématique (jeux vidéo, réseaux sociaux) que pour le simple temps d’écran. European Child & Adolescent Psychiatry, 2022 (nouvel onglet)
Revue portant sur 231 117 enfants de la naissance à 12 ans : 8 études sur 10 montrent qu’une exposition excessive aux écrans altère mémoire de travail, contrôle inhibiteur, flexibilité et attention ; le co-usage avec un adulte atténue ces effets, surtout quand l’accompagnement est actif. Children, 2025 (nouvel onglet)
Méta-analyse de 71 études (98 299 participants) : l’usage de vidéos courtes est associé à de moins bonnes performances d’attention (r = −0,38) et de contrôle inhibiteur (r = −0,41), ainsi qu’à plus de stress et d’anxiété. Psychological Bulletin, 2025 (nouvel onglet)
Revue de 23 études chez les adolescents et jeunes adultes : l’addiction aux vidéos courtes est associée à des déficits d’attention, de contrôle exécutif et de mémoire de travail, susceptibles de nuire aux résultats scolaires. International Journal of Adolescence and Youth, 2026 (nouvel onglet)
Cohorte de Singapour (437 enfants) : plus d’écrans à 12 mois va de pair avec une activité cérébrale altérée à 18 mois, marqueur qui explique une partie des difficultés d’attention et de fonctions exécutives mesurées à 9 ans. JAMA Pediatrics, 2023 (nouvel onglet)
Suivi de 75 nourrissons : la télévision allumée en arrière-plan prédit un moins bon contrôle inhibiteur vers 2 ans et demi, et plus de temps d’écran une moindre capacité à attendre — des effets invisibles dans les questionnaires remplis par les parents. Infancy, 2026 (nouvel onglet)
Nuances
Les jeux vidéo d’action sont associés à une meilleure attention et à une meilleure perception de l’espace, mais le biais de publication gonfle ces résultats : une ré-analyse des mêmes études ne trouve que peu de preuves d’un vrai bénéfice. Psychological Bulletin, 2018 (nouvel onglet)
Les activités de codage et de robotique éducative améliorent la planification et la résolution de problèmes chez les 4-16 ans : un usage structuré de l’écran peut renforcer ces capacités. Computers & Education, 2024 (nouvel onglet)
Les notes baissent : écrans, smartphone et décrochage scolaire
À quel âge :0–3Tout-petits3–6Maternelle7–11Primaire12–15Collège16–18Lycée
11. Le chiffre
+ 1,3 h par jour
de réseaux sociaux en plus entre 9 et 13 ans : ces jeunes (36,6 % de la cohorte américaine ABCD, 6 554 adolescents) ont déjà de moins bons scores en lecture, vocabulaire et mémoire, comme ceux qui montent à + 3 h par jour (5,8 %).
22. Les signes d’alerte
Les notes baissent sur plusieurs trimestres, sans autre explication.
Les devoirs sont bâclés, oubliés ou faits au dernier moment, téléphone en main.
Son temps de réseaux sociaux augmente de mois en mois (vérifiable dans les réglages du téléphone).
Il se couche tard à cause des écrans et arrive fatigué en cours.
Il perd de l’intérêt pour l’école et minimise le temps passé sur son téléphone.
33. Que faire
Ce soir : sortez le téléphone de la chambre pendant les devoirs et pour la nuit.
Regardez ensemble le compteur de temps d’écran hebdomadaire : c’est la hausse continue qui doit alerter, pas un chiffre isolé.
Fixez des règles écrites d’usage récréatif (horaires, durée), stables et connues de tous.
Ne comptez pas uniquement sur l’interdiction au collège : sans relais à la maison, l’usage global ne baisse pas.
Soutenez les usages éducatifs encadrés (exercices adaptatifs, révisions guidées) : bien conçus, ils peuvent améliorer la réussite.
Aux premiers signes de décrochage, prenez rendez-vous avec le professeur principal.
L’usage problématique du smartphone et des jeux vidéo va de pair avec des notes plus faibles — effet modeste mais réel, plus marqué au primaire et au collège.
Une hausse continue des réseaux sociaux entre 9 et 13 ans va de pair avec de moins bons scores en lecture, vocabulaire et mémoire — dès 1,3 heure de plus par jour, pas seulement à 3 heures.
À elle seule, l’interdiction du téléphone à l’école ne réduit pas l’usage global et ne suffit pas à améliorer les notes : l’essentiel se joue à la maison.
À l’inverse, les écrans pédagogiques bien encadrés (exercices adaptatifs, tuteurs) peuvent améliorer la réussite.
La ligne de partage n’est pas écran ou pas d’écran, mais usage récréatif sans limite ou usage éducatif encadré.
Les études, une par une
Cohorte ABCD (11 875 enfants de 9-10 ans) : le temps d’écran a des effets modestes mais significatifs sur la performance scolaire. PLOS ONE, 2021 (nouvel onglet)
Méta-analyse de 29 études (48 490 élèves et étudiants) : l’usage problématique du smartphone est associé à une réussite scolaire plus faible (r = −0,110), avec un effet plus marqué au primaire et au collège. Journal of Behavioral Addictions, 2024 (nouvel onglet)
Méta-analyse de 63 études (124 166 élèves de 28 pays) : l’addiction au smartphone (d = −0,129) et les jeux vidéo (d = −0,134) pèsent modestement mais significativement sur les résultats ; l’usage des réseaux sociaux n’y est pas significatif. Frontiers in Psychology, 2025 (nouvel onglet)
Cohorte ABCD (6 554 adolescents suivis de 9 à 13 ans) : trois trajectoires d’usage des réseaux sociaux — quasi nul (57,6 %), en hausse modérée (36,6 %, + 1,3 h par jour) et en forte hausse (5,8 %, + 3 h par jour). Les deux groupes en hausse ont des scores plus faibles en lecture orale, vocabulaire et mémoire que le premier. JAMA, 2025 (nouvel onglet)
Revue de 5 études quantitatives : interdire le smartphone à l’école a un effet global significatif mais modeste (d = 0,162), plus net sur le bien-être social et le harcèlement que sur les notes ; un cadre pédagogique doit accompagner l’interdiction. Education Sciences, 2024 (nouvel onglet)
Chez 1 559 collégiens du nord-est de la France, le temps d’écran quotidien est fortement associé au cumul de difficultés scolaires, comportementales et de santé mentale (odds ratio ajusté atteignant 8,28). Psychiatry Research, 2022 (nouvel onglet)
Nuances
Dans 30 écoles anglaises (1 227 adolescents de 12-15 ans), aucune différence de bien-être ni de résultats scolaires entre politiques restrictives et permissives : l’interdiction limitée à l’école ne réduit pas l’usage global du smartphone (4 à 6 h par jour). The Lancet Regional Health - Europe, 2025 (nouvel onglet)
Méta-analyse de 33 études (3 894 élèves) : les jeux numériques pédagogiques en sciences et mathématiques améliorent significativement la réussite (effet 0,667) par rapport aux méthodes classiques. International Journal of STEM Education, 2022 (nouvel onglet)
Essai randomisé chez des étudiants d’université : un tuteur IA conçu selon les bonnes pratiques pédagogiques fait apprendre davantage, en moins de temps, qu’un cours actif en classe. Scientific Reports, 2025 (nouvel onglet)
Les programmes « un ordinateur par élève » ont un effet positif mais modeste sur la réussite : la pédagogie d’usage est déterminante, pas l’équipement seul. Review of Educational Research, 2016 (nouvel onglet)
Une méta-analyse rapporte de meilleurs scores avec les appareils mobiles en classe (effet moyen 0,48), mais une ré-analyse critique a jugé 12 des 14 études incluses méthodologiquement défaillantes. Journal of Computer Assisted Learning, 2017 (nouvel onglet)
Méta-analyse de 72 études : la technologie éducative aide les élèves défavorisés (d = 0,20), surtout via l’apprentissage assisté et adaptatif, pas le simple accès au matériel. Computers & Education, 2025 (nouvel onglet)
16 essais randomisés dans des pays à revenu faible ou intermédiaire (53 029 élèves de 6-15 ans) : l’apprentissage personnalisé soutenu par la technologie améliore les apprentissages (effet 0,18, jusqu’à 0,35 quand le contenu s’adapte au niveau de l’élève). British Journal of Educational Technology, 2021 (nouvel onglet)
Essai randomisé chez 1 650 élèves défavorisés en Chine : un programme d’anglais en ligne assisté par ordinateur a amélioré les résultats de 0,48 écart-type et renforcé les aspirations éducatives. Economics of Education Review, 2023 (nouvel onglet)
À quel âge :0–3Tout-petits3–6Maternelle7–11Primaire12–15Collège16–18Lycée
11. Le chiffre
17 points
La perte au test, en points de pourcentage, de 38 étudiants canadiens qui voyaient des camarades faire autre chose sur leur ordinateur portable pendant un cours simulé (une seule expérience, pas des collégiens).
22. Les signes d’alerte
Les devoirs s’éternisent alors que la quantité de travail est normale.
Le téléphone est posé à côté du cahier et consulté à chaque notification.
Il relit plusieurs fois la même page sans la retenir.
Il affirme mieux travailler avec des vidéos ou les réseaux sociaux « en fond ».
Les résultats baissent malgré un temps de travail apparent important.
33. Que faire
Ce soir : le téléphone reste dans une autre pièce pendant les devoirs — pas retourné sur la table, hors de la pièce.
Coupez les notifications ou passez l’appareil en mode avion pendant les temps d’étude.
Travaillez en blocs courts : 25 minutes sans aucun écran, puis une vraie pause.
Une tâche à la fois : pas de vidéo ni de messagerie pendant la lecture ou les exercices.
Montrez l’exemple : posez votre propre téléphone pendant ce temps.
27 essais randomisés, menés auprès d’étudiants de 21 ans en moyenne, convergent : distraits par leur téléphone pendant un cours ou une lecture, ils retiennent nettement moins. Les collégiens et les lycéens n’ont pas encore été étudiés.
Lire en faisant autre chose : plus lent ET moins bien compris, surtout quand le temps est limité.
La distraction est contagieuse : chez des étudiants, avoir dans son champ de vision un camarade qui fait autre chose sur son ordinateur portable fait perdre environ 17 points de pourcentage au test.
Un geste simple en découle : éloigner le téléphone pendant les devoirs, pour ne pas être distrait.
Les études, une par une
Méta-analyse de 27 essais randomisés contrôlés (2 245 participants, étudiants de 21 ans en moyenne) : la distraction par le téléphone dégrade nettement le rappel immédiat (g = −0,65), et plus encore le rappel d’un cours magistral (g = −0,70). Computers in Human Behavior, 2025 (nouvel onglet)
Méta-analyses de 22 études : le multitâche pendant la lecture allonge significativement le temps de lecture (g = 0,52) et nuit à la compréhension (jusqu’à g = −0,54 quand le temps de lecture est limité). Journal of Research in Reading, 2021 (nouvel onglet)
Deux expériences en classe simulée auprès d’étudiants canadiens : dans la première, ceux qui font du multitâche sur ordinateur portable pendant le cours réussissent moins bien au test ; dans la seconde (38 étudiants), leurs voisins qui les ont dans leur champ de vision perdent environ 17 points de pourcentage. Computers & Education, 2013 (nouvel onglet)
Lire et écrire sur écran : il retient moins que sur papier
À quel âge :0–3Tout-petits3–6Maternelle7–11Primaire12–15Collège16–18Lycée
11. Le chiffre
54 études
comparent un même texte lu sur papier ou sur écran : en moyenne, on le comprend mieux sur papier, surtout pour les textes informatifs et quand le temps de lecture est limité (171 055 participants).
22. Les signes d’alerte
Il révise uniquement sur écran et retient mal ses leçons.
Il survole ses cours en PDF et fait défiler sans s’arrêter.
Il ne lit plus aucun livre papier, même ceux qu’il aimait.
Il prend toutes ses notes au clavier ou en photo, sans jamais écrire à la main.
Ses résultats aux questions de compréhension de texte baissent.
33. Que faire
Pour les leçons et les textes à comprendre : imprimez ou utilisez le manuel papier quand c’est possible.
Encouragez la prise de notes à la main en cours ; le clavier servira pour la mise au propre.
Pour l’histoire du soir : un livre papier, lu avec vous. Les études le trouvent plus efficace qu’un livre numérique que l’enfant explore seul.
Si vous utilisez un livre numérique, choisissez une appli sobre dont les animations servent l’histoire, et restez à côté de votre enfant.
Réservez l’écran à ce qu’il fait bien : recherches, exercices interactifs — pas la lecture longue.
Entretenez la lecture papier de loisir : bibliothèque, emprunts, petits rituels de lecture.
À contenu égal, la compréhension est meilleure sur papier que sur écran (méta-analyse de 54 études, 171 055 participants).
La lecture numérique de loisir n’apporte quasiment rien à la compréhension — la relation est même négative au primaire et au collège.
Chez les 1-8 ans, les livres numériques font moins bien que le livre papier lu avec un adulte.
Chez les étudiants, prendre ses notes à la main fait mieux réussir que le clavier, même si on écrit moins.
L’écart se creuse surtout sur les textes scolaires et quand le temps est compté.
Les études, une par une
Méta-analyse portant sur 469 564 participants : la lecture numérique de loisir n’a qu’un effet quasi nul sur la compréhension écrite (r = 0,055), nettement plus faible que le papier ; la relation est même négative au primaire et au collège. Review of Educational Research, 2025 (nouvel onglet)
Méta-analyse de 24 études chez des étudiants du supérieur : prendre et réviser des notes manuscrites mène à de meilleurs résultats (g = 0,248), alors même que le clavier permet de prendre bien plus de notes. Educational Psychology Review, 2024 (nouvel onglet)
Méta-analyse de 54 études (171 055 participants) : avantage significatif du papier sur l’écran pour la compréhension de lecture (g = −0,21), concentré sur les textes informatifs et amplifié quand le temps de lecture est limité. Educational Research Review, 2018 (nouvel onglet)
Méta-analyse de 39 études (1 812 enfants de 1 à 8 ans) : à histoire identique, les livres numériques donnent une compréhension plus faible que le papier ; la médiation d’un adulte fait mieux que les animations explorées seul, et seuls les enrichissements fidèles à l’histoire améliorent la compréhension, ceux qui s’en éloignent lui nuisent. Review of Educational Research, 2021 (nouvel onglet)
Méta-analyse : la lecture sur tablette ou liseuse reste légèrement inférieure au papier pour la compréhension. L’effet est petit mais significatif, et net surtout chez les étudiants du supérieur. Ni le genre du texte ni la limite de temps ne changent le résultat. Journal of Educational Psychology, 2024 (nouvel onglet)
EEG haute densité chez 36 étudiants : écrire à la main s’accompagne d’une connectivité cérébrale bien plus étendue qu’au clavier, surtout dans les régions pariétales et centrales (16 connexions significatives). Frontiers in Psychology, 2024 (nouvel onglet)
Trois expériences chez des étudiants : au clavier, on transcrit le discours mot à mot et on réussit moins bien les questions conceptuelles ; à la main, on reformule, ce qui favorise un traitement en profondeur. Psychological Science, 2014 (nouvel onglet)
À quel âge :0–3Tout-petits3–6Maternelle7–11Primaire12–15Collège16–18Lycée
11. Le chiffre
16 200
enfants et adolescents réunis dans 27 études : l’exposition à des contenus sexuels (pornographie en ligne ou actes sexuels vus en vrai) est associée à davantage de comportements sexuels problématiques.
22. Les signes d’alerte
Vocabulaire ou questions sexuelles très crus, inhabituels pour son âge.
Gestes ou jeux à connotation sexuelle inadaptés avec d’autres enfants.
Historique de navigation systématiquement effacé, écran caché brusquement quand vous approchez.
Il parle de la sexualité comme d’une performance ou d’un dû, avec des idées toutes faites.
Gêne ou repli inhabituels dès que les questions d’amour ou de corps sont abordées.
33. Que faire
Activez ce soir le contrôle parental sur chaque appareil connecté : téléphone, tablette, console, box. Les opérateurs français en proposent un gratuitement.
Verrouillez la recherche : SafeSearch sur le moteur de recherche, mode restreint sur YouTube.
Dites-lui simplement que ces images existent et qu’il peut tomber dessus : s’il en voit, il peut vous en parler sans se faire gronder.
Avec un ado, parlez du décalage entre pornographie et vie réelle : c’est un tournage, pas un mode d’emploi.
Appuyez-vous sur jeprotegemonenfant.gouv.fr, le site public français dédié, qui propose des outils et des conseils par âge.
Gardez les écrans dans les pièces communes, surtout le soir.
En 2024, la cour d’appel de Paris a ordonné le blocage de sites pornographiques qui laissaient entrer les mineurs sur simple déclaration de majorité, au terme d’une action lancée en 2021 par les associations e-Enfance et La Voix de l’Enfant.
55. Les preuves
Selon l’Arcom, 2,3 millions de mineurs fréquentent chaque mois des sites pornographiques ; dès 12 ans, plus de la moitié des garçons s’y rendent chaque mois.
L’exposition à la pornographie à l’adolescence est associée à un premier rapport sexuel plus précoce (5 études sur 8) ; pour les autres comportements à risque, les preuves restent contradictoires ou insuffisantes.
Une méta-analyse portant sur 16 200 enfants et adolescents associe l’exposition à des contenus sexuels à davantage de comportements sexuels problématiques.
Plus un adolescent en consomme, plus il la croit réaliste (méta-analyse de 5 études) ; son effet sur ses attitudes reste à étudier.
Deux gestes dès ce soir : activer le contrôle parental, et dire simplement que ces images existent et qu’il peut vous en parler.
Les études, une par une
Revue systématique de 19 études (jeunes de 10 à 19 ans) : sur 8 études qui l’ont examiné, 5 associent l’exposition à la pornographie à un premier rapport sexuel plus précoce. Pour les autres comportements (rapports sans préservatif, partenaires multiples…), les preuves sont contradictoires ou insuffisantes, et ces études ne permettent pas de conclure à un lien de cause à effet. Journal of Medical Internet Research, 2023 (nouvel onglet)
Méta-analyse de 27 études (16 200 participants) : chez les enfants et les adolescents, l’exposition à des contenus sexuels (pornographie en ligne, mais aussi actes sexuels vus en vrai) est associée à davantage de comportements sexuels problématiques (rapport de cotes de 1,82 pour les contenus non violents, 2,52 pour les contenus violents ou vus en vrai). Child Abuse & Neglect, 2023 (nouvel onglet)
Plus un adolescent consomme de pornographie, plus il la perçoit comme réaliste (r = 0,39 ; méta-analyse de 5 études, 3 846 participants). Son effet sur les attitudes et les comportements reste à étudier. Sexuality & Culture, 2023 (nouvel onglet)
Suicide, automutilation : des spirales qui poussent au pire
À quel âge :0–3Tout-petits3–6Maternelle7–11Primaire12–15Collège16–18Lycée
11. Le chiffre
2 100
contenus liés à la dépression, à l’automutilation ou au suicide, parmi les 16 300 qu’une adolescente de 14 ans avait enregistrés, aimés ou partagés sur Instagram dans les six mois avant de se donner la mort (Royaume-Uni, 2017 ; enquête du coroner, 2022).
22. Les signes d’alerte
Son fil est saturé de contenus tristes : dépression, mort, maigreur, scarification.
Marques ou coupures sur les bras ou les cuisses, souvent cachées sous des manches longues.
Restrictions alimentaires nouvelles, obsession du poids ou des calories.
Propos désespérés, même « pour rire » : « je ne sers à rien », « vous seriez mieux sans moi ».
Retrait, sommeil dégradé, abandon des activités qu’il aimait.
33. Que faire
Intéressez-vous à son fil « Pour toi » : demandez-lui de vous montrer ce que l’application lui propose, sans ton accusateur.
Réglez l’application ensemble : mode restreint, filtres de mots-clés, bouton « pas intéressé » pour rééduquer l’algorithme.
Pas de téléphone dans la chambre la nuit : chargez les appareils dans une pièce commune.
Si vous repérez des signes de mal-être, parlez-en directement et calmement ; éviter le sujet ne protège pas.
Appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et ouvert 24 h/24 — pour lui comme pour vous. En cas de danger immédiat, appelez le 15.
Si les signes durent, consultez : médecin traitant, psychologue ou centre médico-psychologique.
En 2024, sept familles françaises, dont celles de deux adolescentes de 15 ans décédées, ont assigné TikTok en justice pour l’exposition de leurs filles à des contenus faisant la promotion du suicide, de l’automutilation et des troubles alimentaires.
Une adolescente de 14 ans s’est donné la mort en 2017 au Royaume-Uni : dans les six mois précédents, 2 100 des 16 300 contenus qu’elle avait enregistrés, aimés ou partagés sur Instagram parlaient de suicide, d’automutilation ou de dépression ; en 2022, un coroner a conclu que ces contenus avaient contribué à son décès.
55. Les preuves
Les algorithmes peuvent enfermer un ado fragile dans une spirale de contenus qui banalisent le suicide, l’automutilation ou les troubles alimentaires.
Une revue de 20 études (17 336 participants, 10 pays) associe l’usage de TikTok à plus de symptômes dépressifs et à un usage addictif, mais les preuves solides manquent encore.
Selon les études, 22 % à 36 % des publications sur les régimes et les troubles alimentaires sur les réseaux sociaux relèvent de la désinformation (revue de 69 études).
En France, sept familles ont assigné TikTok après le décès de deux adolescentes de 15 ans ; le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire visant son algorithme.
Numéro à connaître : le 3114, prévention du suicide, gratuit, 24 h/24.
Les études, une par une
Revue systématique de 20 études (17 336 participants, 10 pays) : l’usage de TikTok est associé à plus de symptômes dépressifs, à une moindre satisfaction de vie, à plus de colère et de solitude et à un risque d’usage addictif ; deux séries de cas décrivent une propagation de tics par les vidéos. Les auteurs soulignent que les preuves solides manquent. European Child & Adolescent Psychiatry, 2025 (nouvel onglet)
Revue systématique de 69 études sur la désinformation en santé sur les réseaux sociaux : pour les régimes et les troubles alimentaires, la part de publications trompeuses va de 22 % à 36 % selon les études. Journal of Medical Internet Research, 2021 (nouvel onglet)
À quel âge :0–3Tout-petits3–6Maternelle7–11Primaire12–15Collège16–18Lycée
11. Le chiffre
Des milliers de km
des enfants de 9 à 11 ans à plus de 4 500 km de l’ouragan Irma, dans un État épargné : plus ils avaient suivi la couverture médiatique alarmiste avant la tempête, plus ils avaient de symptômes de stress post-traumatique.
22. Les signes d’alerte
Cauchemars ou difficultés d’endormissement soudaines.
Des images qui « reviennent » : il y repense sans le vouloir, en parle par bribes.
Peurs nouvelles : rester seul, éteindre la lumière, prendre les transports.
État figé ou bouleversé en sortant d’un écran, sans vouloir expliquer pourquoi.
Évitement soudain du téléphone ou d’une application — ou au contraire re-visionnage compulsif des mêmes images.
33. Que faire
En période d’actualité violente (attentat, guerre, catastrophe), coupez les chaînes d’information en continu et les fils d’images en boucle — pour lui, et aussi devant lui.
Désactivez la lecture automatique des vidéos dans ses applications et messageries.
S’il a vu quelque chose de choquant : accueillez sans punir ni minimiser. S’il peut vous en parler, il n’est plus seul avec les images.
Aidez-le à mettre des mots simples sur ce qu’il a ressenti, sans le forcer à raconter les détails.
Si les cauchemars, les peurs ou les images intrusives durent plusieurs semaines, consultez : médecin traitant ou psychologue.
Signalez les contenus violents sur Pharos (internet-signalement.gouv.fr).
Ronnie, 33 ans, s’est donné la mort en direct en 2020 ; des extraits de la vidéo, parfois dissimulés dans des contenus anodins, sont devenus viraux sur TikTok et ont choqué de nombreux enfants qui les ont vus sans le vouloir.
Fin 2021 en Isère, un collégien de 14 ans a diffusé une vidéo d’une grande violence sur le groupe Snapchat de sa classe de 3e ; une élève choquée a alerté ses parents, et l’adolescent a été renvoyé devant le tribunal pour enfants.
55. Les preuves
Regarder des images d’événements traumatisants est associé à de vrais symptômes de stress post-traumatique, sans avoir vécu l’événement (43 études, 31 162 personnes).
L’effet des images d’attentats est plus fort chez les jeunes que chez les adultes, même loin de l’événement.
Des symptômes peuvent apparaître dans la semaine qui suit l’exposition à des contenus choquants.
L’exposition est souvent subie : vidéos piégées, groupes de classe, fils algorithmiques.
Les ados gèrent souvent seuls, entre pairs : votre disponibilité pour en parler change la donne.
Les études, une par une
Méta-analyse de 43 études (31 162 personnes) : plus on regarde la couverture télévisée d’un événement traumatisant, plus on présente de symptômes de stress post-traumatique (r = 0,17), chez les jeunes comme chez les adultes. Journal of Traumatic Stress, 2019 (nouvel onglet)
Près de 400 enfants de 9 à 11 ans suivis avant et après l’ouragan Irma : plus ils disaient avoir suivi la couverture médiatique alarmiste de la semaine précédant la tempête, plus ils rapportaient de symptômes de stress post-traumatique six à huit mois après, y compris à plus de 4 500 km, dans un État épargné ; une amygdale plus réactive à la peur aggravait l’effet. Nature Human Behaviour, 2021 (nouvel onglet)
Étude de journal de bord sur deux mois : l’exposition à des contenus choquants, le cyberharcèlement et les sollicitations sexuelles provoquent des symptômes de stress post-traumatique chez les adolescents dans la semaine suivant l’exposition. Internet Research, 2018 (nouvel onglet)
Méta-analyse de 23 études : l’exposition à la couverture médiatique d’attentats est associée aux symptômes de stress post-traumatique (r = 0,152), avec un effet plus fort chez les jeunes que chez les adultes et plus fort à distance de l’événement que sur place. Journalism & Mass Communication Quarterly, 2009 (nouvel onglet)
1 646 adolescents suivis pendant huit mois en temps de guerre : la hausse du temps passé sur Internet et les réseaux sociaux allait de pair avec l’exposition à la violence de guerre et l’aggravation des symptômes d’anxiété, de dépression et de somatisation. Journal of Adolescence, 2026 (nouvel onglet)
Chez 302 adolescents afro-américains et latinos de 11 à 19 ans, l’exposition en ligne à des événements traumatisants liés au racisme (vidéos de violences policières, d’immigrés détenus dans des cages) est associée à davantage de symptômes de stress post-traumatique et de symptômes dépressifs. Les filles rapportent plus de symptômes que les garçons. Journal of Adolescent Health, 2019 (nouvel onglet)
Quinze adolescentes exposées à des vidéos ultra-violentes de guerre décrivent peur, images intrusives et troubles du sommeil ; elles trouvent surtout du soutien auprès de leurs pairs, faute de disponibilité émotionnelle des adultes. Child and Adolescent Social Work Journal, 2026 (nouvel onglet)
505 participants en temps de guerre, dont 233 adolescents : plus on interagit avec des contenus pénibles sur les réseaux sociaux, plus on présente de symptômes de trauma (r = 0,45), même en tenant compte de l’exposition directe. Mais interagir avec des contenus encourageants y est tout autant lié. Stress and Health, 2025 (nouvel onglet)
À quel âge :0–3Tout-petits3–6Maternelle7–11Primaire12–15Collège16–18Lycée
11. Le chiffre
99 décès
recensés par une revue systématique de 36 études sur les jeux d’asphyxie (jeu du foulard) ; dans une série américaine de 82 décès, 95 % des 70 cas bien documentés sont survenus sans personne autour.
22. Les signes d’alerte
Marques ou rougeurs au cou, yeux rouges, maux de tête répétés.
Foulards, ceintures ou liens retrouvés noués dans sa chambre.
Aérosols vides ou emballages de médicaments retrouvés sans explication.
Il parle d’un « jeu » ou d’un défi qui circule en classe ou en ligne.
Vidéos où lui ou ses camarades se filment dans des situations physiques inhabituelles.
Blessures ou malaises inexpliqués.
33. Que faire
Parlez des défis sans attendre : demandez-lui lesquels circulent dans sa classe et ce qu’il en pense — l’échange vaut mieux que l’interrogatoire.
Expliquez le mécanisme : un défi viral est fabriqué pour être imité et filmé ; comprendre le piège aide à ne pas y tomber.
Prenez très au sérieux tout signe de jeu d’asphyxie : dans une série américaine de 82 décès, 95 % des cas bien documentés sont survenus quand le jeune était seul. Un enfant qui « joue » à cela doit être accompagné sans délai.
Rangez hors de portée médicaments et aérosols si un défi d’ingestion ou d’inhalation circule.
Alertez l’établissement scolaire dès qu’un défi dangereux apparaît, pour que les autres familles soient informées.
Un défi violent en ligne peut être signalé sur Pharos (internet-signalement.gouv.fr) ; en cas de harcèlement autour d’un défi, appelez le 3018.
Un lycéen de 15 ans est mort dans le Doubs en 2021 après avoir inhalé du gaz de déodorant pour ses effets euphorisants, une pratique parfois filmée sur les réseaux sociaux.
Un garçon de 10 ans est mort en Guyane en 2022 après avoir inhalé du déodorant en aérosol, un « jeu » dont les autorités locales signalaient le regain sur les réseaux sociaux.
Une fillette de 10 ans est morte à Palerme (Italie) en janvier 2021 ; c’est ce décès qui a fait connaître le « Blackout Challenge ».
55. Les preuves
Près d’un collégien français sur quatre déclare avoir déjà essayé un jeu de non-oxygénation (étude pilote, 246 collégiens).
Les jeux d’asphyxie ont causé au moins 99 décès recensés ; dans une série américaine de 82 décès, 95 % des cas bien documentés sont survenus quand le jeune était seul.
YouTube et TikTok sont les plateformes les plus citées par les articles scientifiques sur les défis dangereux.
Des enfants de 10 ans en sont morts, en France comme en Italie.
La prévention passe d’abord par l’éducation, à la maison et à l’école : c’est la recommandation dominante des chercheurs.
Les études, une par une
Revue systématique de 36 études dans 10 pays : 7,4 % des jeunes (prévalence médiane) ont déjà pratiqué un jeu d’asphyxie au cours de leur vie ; 99 décès recensés ; dans une série américaine de 82 décès, 95 % des 70 cas bien documentés sont survenus sans personne autour. Archives of Disease in Childhood, 2015 (nouvel onglet)
Revue de cadrage de 54 articles (2000-2024) sur les défis dangereux, hors automutilation (défi de la cannelle, défi du feu…) : YouTube et TikTok sont les plateformes les plus citées par ces articles, et aucun ne décrit une action de prévention réellement mise en place. Injury Epidemiology, 2025 (nouvel onglet)
45 085 ingestions volontaires de Benadryl (diphenhydramine) chez des jeunes de 19 ans ou moins, signalées aux centres antipoison américains : hausse de 87,2 % entre 2014 et 2023, surtout à visée suicidaire. Les appels augmentent nettement après avril 2020, début de la pandémie, d’abord à cause des ingestions suicidaires ; l’influence des réseaux sociaux est évoquée, sans être mesurée. Pediatrics Open Science, 2025 (nouvel onglet)
Jeux vidéo, réseaux, smartphone : la vraie dépendance
À quel âge :0–3Tout-petits3–6Maternelle7–11Primaire12–15Collège16–18Lycée
11. Le chiffre
8,6 %
des adolescents présentent un trouble du jeu vidéo, selon une méta-analyse de 84 études portant sur 641 763 adolescents — et la tendance est à la hausse.
22. Les signes d’alerte
Le jeu ou les réseaux passent avant tout le reste : sommeil, repas, école, amis.
Irritabilité, colère ou agressivité dès qu’on limite l’accès aux écrans.
Chute des résultats scolaires, difficultés de concentration.
Il ment sur le temps passé ou joue la nuit en cachette.
Humeur triste ou anxieuse, repli sur soi, abandon des activités qu’il aimait.
Chez le tout-petit : retard de langage, peu d’intérêt pour les autres enfants.
33. Que faire
Intéressez-vous aux contenus, pas seulement au chronomètre : demandez à quoi il joue, ce qu’il regarde, avec qui.
Avant 12 ans, posez des règles claires (durées, moments sans écran) : à cet âge, elles protègent. Repères officiels : pas d’appareil personnel avant 12 ans (ministère de l’Éducation nationale, 2025), pas de smartphone avant 13 ans (association 3-6-9-12).
Avec un ado, négociez le cadre plutôt que de l’imposer : passé 15-16 ans, les restrictions imposées sans discussion peuvent aggraver le problème.
Sortez les écrans de la chambre la nuit — pour toute la famille : votre propre usage compte aussi.
Évitez la coupure brutale en pleine crise ; annoncez les fins de session à l’avance et réduisez progressivement.
Si le sommeil, l’école ou les repas décrochent, consultez : médecin traitant ou Consultation Jeunes Consommateurs (gratuite et confidentielle).
Un collégien de 15 ans (prénom changé dans le reportage), suivi avec ses parents en consultation spécialisée dans le Loiret pour une addiction aux écrans installée depuis la sixième : son sevrage progresse (témoignage publié en 2025).
Léa, presque 4 ans, exposée aux écrans plus de huit heures par jour depuis ses six mois, a retrouvé le langage après plus d’un an de sevrage accompagné en consultation spécialisée (témoignage publié en 2024).
55. Les preuves
Environ un adolescent sur dix est à risque d’usage problématique des jeux vidéo ou des réseaux sociaux.
Ce trouble s’accompagne d’agressivité, de déprime, d’anxiété et de difficultés d’attention.
Parler des contenus avec son enfant protège mieux que la simple interdiction.
Les règles strictes protègent les plus jeunes, mais peuvent devenir contre-productives passé 15-16 ans.
Des consultations spécialisées existent en France : un usage problématique n’est pas une impasse.
Les études, une par une
Une méta-analyse de 84 études (641 763 adolescents) estime à 8,6 % la part d’adolescents présentant un trouble du jeu vidéo, avec une prévalence en hausse significative au fil des années. Public Health in Practice, 2025 (nouvel onglet)
L’enquête OMS/HBSC auprès d’environ 280 000 jeunes de 44 pays estime que 12 % sont à risque de jeu vidéo problématique et 11 % d’usage problématique des réseaux sociaux. WHO Regional Office for Europe, 2024
Une méta-analyse de 33 études (303 243 adolescents) associe l’addiction à internet à l’agressivité, à la dépression, au comportement suicidaire et à l’anxiété. Behavioral Sciences, 2025 (nouvel onglet)
Une revue de 28 études longitudinales met en évidence des associations dans les deux sens entre médias numériques et symptômes de TDAH, plus constantes pour l’usage problématique que pour le simple temps d’écran. European Child & Adolescent Psychiatry, 2022 (nouvel onglet)
Une revue de 23 études chez des adolescents et jeunes adultes associe l’addiction aux vidéos courtes à des déficits d’attention, de contrôle exécutif et de mémoire de travail, susceptibles de nuire aux résultats scolaires. International Journal of Adolescence and Youth, 2026 (nouvel onglet)
Une revue systématique de 20 études (17 336 adolescents) trouve une association — d’ampleur faible — entre l’usage de TikTok et davantage de symptômes dépressifs et anxieux, un risque d’usage addictif et une atteinte de l’image corporelle et de l’estime de soi. European Child & Adolescent Psychiatry, 2025 (nouvel onglet)
Une méta-analyse de 30 études (21 378 jeunes adultes) confirme un effet global très significatif pour l’addiction à internet, sans fournir de chiffre directement transposable aux mineurs. Computers in Human Behavior, 2022 (nouvel onglet)
La chaleur et le style éducatif général protègent faiblement de l’usage problématique d’internet ; chez les adolescents plus âgés, la médiation restrictive est même associée à davantage de problèmes. Addictive Behaviors, 2022 (nouvel onglet)
Sur 52 études (74 159 participants), l’accompagnement actif et le visionnage partagé réduisent les effets négatifs des médias, la restriction réduisant surtout le temps d’écran ; les effets restent modestes et à adapter au risque visé. Journalism & Mass Communication Quarterly, 2019 (nouvel onglet)
Un suivi de 315 adolescents ne trouve aucun effet global des règles internet strictes : elles protègent avant 12,3 ans, mais prédisent un risque accru d’usage problématique des réseaux sociaux après 15,7 ans, sans effet net entre les deux. Journal of Medical Internet Research, 2025 (nouvel onglet)
Les programmes d’accompagnement des parents améliorent leurs compétences de protection et réduisent significativement le temps d’écran des enfants — et celui des parents eux-mêmes. JMIR Pediatrics and Parenting, 2025 (nouvel onglet)
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11. Le chiffre
11
types de « pièges à attention » recensés par la recherche dans les applis du quotidien : défilement infini, lecture automatique sans fin, fausses notifications sociales…
22. Les signes d’alerte
Il ne parvient pas à s’arrêter seul ; chaque fin de session tourne à la négociation ou à la crise.
Les sessions dépassent toujours largement le temps prévu (« encore une vidéo »).
Il vérifie son téléphone dès qu’une notification arrive, y compris la nuit.
Son fil le ramène sans cesse vers les mêmes contenus sombres, extrêmes ou dévalorisants.
Il fait des achats en jeu sur un coup de tête, poussé par des offres à durée limitée.
33. Que faire
Ce soir, désactivez la lecture automatique dans YouTube et dans les paramètres des applis de vidéos.
Coupez les notifications des réseaux sociaux et des jeux, avec votre enfant, dans les réglages du téléphone.
Regardez ensemble son fil « Pour toi » : demandez-lui ce que l’appli lui propose, et utilisez « Pas intéressé » sur les contenus qui le tirent vers le bas.
Instaurez des fins nettes : pas de téléphone dans la chambre la nuit, une heure de coupure connue de tous.
Face à un contenu choquant ou à du harcèlement en ligne, le 3018 (gratuit, anonyme) accompagne les jeunes et les parents.
Si votre enfant évoque des idées noires, appelez le 3114, le numéro national de prévention du suicide, ouvert 24 h/24.
En novembre 2024, sept familles françaises ont assigné TikTok en justice après le décès de deux adolescentes de 15 ans exposées à des contenus favorisant le suicide.
Une collégienne de 15 ans, harcelée au collège, s’est donné la mort en 2021 ; l’algorithme de TikTok lui recommandait des contenus liés à la dépression et au suicide, et ses parents ont porté plainte.
55. Les preuves
Défilement infini, lecture automatique, notifications : la recherche a recensé 11 mécanismes conçus pour empêcher de s’arrêter.
Dès 3 à 5 ans, les enfants qui se régulent le moins bien sont ceux qui peinent le plus à quitter une appli au design persuasif.
Les algorithmes de recommandation peuvent amplifier puis banaliser des contenus nuisibles, jusqu’aux plus sombres.
En France, des familles ont assigné TikTok en justice après le décès d’adolescentes ; une enquête pénale est en cours.
Des réglages simples existent dès ce soir : couper la lecture automatique, les notifications, et regarder son fil avec lui.
Les études, une par une
Une revue systématique de 43 articles recense 11 types de pièges à attention (défilement infini, lecture automatique sans fin, fausses notifications sociales) qui exploitent les vulnérabilités psychologiques pour maximiser la fréquence et la durée d’usage, au détriment du bien-être numérique. Proceedings of the 2023 CHI Conference on Human Factors in Computing Systems, 2023 (nouvel onglet)
Chez 73 enfants de 3 à 5 ans, ceux qui ont une faible capacité d’autorégulation mettent plus de temps et ont besoin de plus d’aide d’un adulte pour quitter une application au design persuasif modéré à élevé ; ceux qui se régulent bien décrochent quel que soit le design. Human Behavior and Emerging Technologies, 2025 (nouvel onglet)
Une étude à méthodes mixtes (entretiens, analyse de plus de 1 000 vidéos) montre que les algorithmes de recommandation amplifient puis normalisent des contenus nuisibles, dont la misogynie présentée comme du divertissement. Frontiers in Psychology, 2025 (nouvel onglet)
Chez 335 collégiens japonais de 12-15 ans, 51,1 % des acheteurs impulsifs d’achats intégrés sont motivés par des offres limitées dans le temps, et 19,2 % dépensent au moins l’équivalent de leur argent de poche mensuel. Frontiers in Psychology, 2021 (nouvel onglet)
À quel âge :0–3Tout-petits3–6Maternelle7–11Primaire12–15Collège16–18Lycée
11. Le chiffre
24,9 %
des 13-14 ans ont acheté des loot boxes dans l’année, dans une enquête américaine (Delaware) : plus que les adultes (7,8 %) en population générale. Chez les seuls joueurs, les adultes en achètent davantage.
22. Les signes d’alerte
Son argent de poche disparaît dans des achats en jeu, ou il en réclame toujours plus.
Il demande des cartes cadeaux ou de la monnaie virtuelle (V-Bucks, points FIFA).
Il parle de cotes, de skins, d’« ouvrir des caisses » ou de sites de tirage.
Excitation intense puis frustration marquée autour des ouvertures de coffres.
Des transactions inconnues apparaissent sur votre carte bancaire.
Il parie déjà de petites sommes réelles, seul ou entre copains.
33. Que faire
Ce soir, activez la demande de mot de passe pour tout achat sur les consoles et téléphones, et retirez la carte bancaire enregistrée des comptes de jeu.
Ouvrez ses jeux avec lui : repérez les monnaies virtuelles et les coffres payants, et convertissez ensemble les prix en euros réels.
Expliquez-lui qu’une loot box est un tirage au sort payant, construit comme une machine de casino.
Fixez un budget jeu clair, en euros, et jetez un œil régulier aux relevés bancaires.
N’achetez jamais de jeu à gratter ni de pari pour votre enfant : c’est l’une des principales portes d’entrée des mineurs vers le jeu d’argent.
S’il parie déjà ou dépense sans contrôle, parlez-en à votre médecin ou à une Consultation Jeunes Consommateurs (gratuite, confidentielle).
Nicolas a commencé à parier à 15 ans en contournant l’interdiction faite aux mineurs ; en dix ans, sa dette a dépassé 200 000 euros, et il rembourse encore (témoignage publié en 2025).
En 2026, l’enquête nationale ENJEU-Mineurs montre que 42,6 % des 15-17 ans ont joué à un jeu d’argent dans l’année, et que 65 % des jeunes joueurs y accèdent en point de vente via leurs parents.
55. Les preuves
Une loot box est un tirage au sort payant : la mécanique de base du casino, dans les jeux de votre enfant.
Dans une enquête américaine, un jeune de 13-14 ans sur quatre en achète dans l’année : plus que les adultes en population générale.
Acheter des loot boxes va de pair avec davantage de jeu d’argent en ligne six mois plus tard ; pour les jeux de hasard simulés, le passage à l’argent réel n’est établi que pour le poker.
Dans le monde, 17,9 % des adolescents ont pratiqué un jeu d’argent sur douze mois.
Gestes immédiats : mot de passe sur les achats, carte bancaire retirée des comptes de jeu, budget clair en euros.
Les études, une par une
Une revue de 16 études confirme le lien entre loot boxes et jeu vidéo ou jeu d’argent problématiques ; en population générale, l’achat de loot boxes atteint 24,9 % chez les 13-14 ans, contre 12,1 % chez les 16-24 ans et 7,8 % chez les adultes — mais chez les seuls joueurs, les adultes en achètent davantage. PLOS ONE, 2022 (nouvel onglet)
Une méta-analyse de 22 études trouve une corrélation positive significative entre dépenses en loot boxes et jeu d’argent problématique, reproduite dans 13 études sur 15. International Gambling Studies, 2021 (nouvel onglet)
Dans une revue systématique, 12 publications sur 13 rapportent un lien positif entre loot boxes et jeu d’argent problématique, les motivations d’achat recoupant celles du jeu d’argent. New Media & Society, 2022 (nouvel onglet)
Une revue systématique relie l’engagement dans les loot boxes aux symptômes de trouble du jeu vidéo, de jeu d’argent problématique et à des traits compulsifs. Current Addiction Reports, 2021 (nouvel onglet)
Un suivi de 2 213 adolescents espagnols de 11 à 17 ans montre que l’achat de loot boxes est lié à davantage de jeu d’argent en ligne six mois plus tard ; le lien avec le trouble du jeu d’argent en ligne reste à étudier. Computers in Human Behavior, 2023 (nouvel onglet)
Un suivi d’un an de 1 220 adolescents de 14 à 18 ans n’ayant jamais joué d’argent : 28,8 % ont misé de l’argent réel un an plus tard. Mais le lien avec les jeux de hasard simulés ne se vérifie que pour le poker, du poker gratuit au poker payant. International Gambling Studies, 2017 (nouvel onglet)
Dans une enquête auprès de 1 102 acheteurs, environ 20 % décrivent un effet passerelle entre loot boxes et jeu d’argent — dans un sens ou dans l’autre —, la plupart de ceux passés des loot boxes aux paris ayant acheté leur première loot box avant 18 ans. Addictive Behaviors, 2022 (nouvel onglet)
Un suivi de six mois de jeunes adultes montre que les dépenses en loot boxes prédisent l’initiation au jeu d’argent, le caractère aléatoire des achats étant déterminant. Computers in Human Behavior, 2023 (nouvel onglet)
Chez des adolescents australiens de 12-17 ans, l’achat de loot boxes multiplie par 3,7 à 6 le risque de jeu problématique, même à participation égale au jeu d’argent. Journal of Behavioral Addictions, 2022 (nouvel onglet)
Chez des 12-17 ans, avoir parié des skins au cours du dernier mois prédit de façon indépendante le jeu à risque ou problématique, même en tenant compte des paris en argent. Journal of Behavioral Addictions, 2021 (nouvel onglet)
Chez 1 667 adolescents de 12-17 ans, les parieurs récents de skins sur e-sport ont plus de trois fois plus de risques de répondre aux critères de jeu à risque ou problématique. PLOS ONE, 2022 (nouvel onglet)
Une revue de 30 études montre que les parieurs sur e-sport, majoritairement de jeunes hommes, obtiennent des scores élevés aux échelles de jeu problématique. Journal of Gambling Studies, 2024 (nouvel onglet)
Une méta-analyse mondiale (The Lancet Public Health) estime que 17,9 % des adolescents ont pratiqué un jeu d’argent sur douze mois, 10,3 % en ligne, le casino en ligne atteignant environ 26 % de jeu problématique chez eux. The Lancet Public Health, 2024 (nouvel onglet)
Une revue de 16 études trouve qu’entre 0,77 % et 57,5 % des adolescents présentent un jeu d’argent en ligne problématique selon les instruments de mesure, une fourchette large qui reflète une forte hétérogénéité méthodologique. Journal of Behavioral Addictions, 2021 (nouvel onglet)
Chez 1 155 adolescents de 16-18 ans, le lien entre dépenses en loot boxes et jeu d’argent problématique est d’ampleur modérée à grande, plus fort que chez les adultes. Royal Society Open Science, 2019 (nouvel onglet)
Chez 335 collégiens japonais, les acheteurs impulsifs d’achats intégrés cumulent troubles du comportement et difficultés avec les pairs ; 51,1 % sont motivés par des offres limitées dans le temps. Frontiers in Psychology, 2021 (nouvel onglet)
Déprime, anxiété : quand les réseaux pèsent sur son moral
À quel âge :0–3Tout-petits3–6Maternelle7–11Primaire12–15Collège16–18Lycée
11. Le chiffre
+50 %
de score de symptômes dépressifs chez les filles de 14 ans qui passent 5 heures ou plus par jour sur les réseaux sociaux, par rapport à celles qui y passent 1 à 3 heures (cohorte britannique de 10 904 adolescents)
22. Les signes d’alerte
Son humeur chute après les sessions sur les réseaux.
Il ou elle se compare sans cesse aux autres et se dévalorise (« je suis moche », « ma vie est nulle »).
Le téléphone est consulté dès le réveil et tard dans la nuit.
Irritabilité ou angoisse dès que le téléphone est inaccessible.
Abandon progressif des activités et des amis qu’il ou elle aimait.
Chez les filles surtout : préoccupation croissante pour son corps ou son poids.
33. Que faire
Sortez le téléphone de la chambre la nuit : il se recharge dans le salon, dès ce soir.
Activez les outils intégrés (« Temps d’écran » sur iPhone, « Bien-être numérique » sur Android) et fixez ensemble une limite quotidienne raisonnable.
Retardez l’ouverture des comptes : le ministère de l’Éducation nationale recommande aucun réseau social avant 15 ans, et les âges les plus sensibles dans les études sont 11-13 ans chez les filles et 14-15 ans chez les garçons.
Proposez un défi de deux semaines de réduction, et observez ensemble l’effet sur l’humeur : les essais contrôlés montrent une amélioration modeste, surtout chez de jeunes adultes.
Parlez d’image corporelle : demandez à votre ado comment il ou elle se sent après avoir passé du temps sur son fil.
Si la tristesse s’installe ou si le sommeil se dégrade, parlez-en à votre médecin ; en cas de harcèlement en ligne, appelez le 3018 (gratuit).
En 2024, sept familles françaises ont assigné TikTok en justice après le décès de deux adolescentes de 15 ans, exposées à des contenus faisant la promotion du suicide et de l’automutilation.
En 2025, après 178 auditions, une commission d’enquête de l’Assemblée nationale a recommandé d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans et d’instaurer un couvre-feu numérique pour les 15-18 ans. Le Parlement a voté cette interdiction le 21 juillet 2026, mais le Conseil constitutionnel l’a censurée le 14 août 2026 : la loi doit être réécrite.
55. Les preuves
À 14 ans, 5 heures par jour ou plus sur les réseaux : un score de symptômes dépressifs 50 % plus élevé chez les filles, par rapport à celles qui y passent 1 à 3 heures.
Réduire l’usage diminue les symptômes dépressifs dans des essais contrôlés (effet modeste, participants de 24 ans en moyenne), un résultat à confirmer par d’autres études.
Âges les plus sensibles : 11-13 ans chez les filles, 14-15 ans chez les garçons.
L’image corporelle des filles est particulièrement touchée.
Les réseaux aident aussi certains jeunes isolés : visez un usage maîtrisé, pas la panique.
Les études, une par une
Dans la cohorte britannique Millennium (10 904 adolescents de 14 ans), passer 5 heures ou plus par jour sur les réseaux est associé, chez les filles, à un score de symptômes dépressifs 50 % plus élevé que chez celles qui y passent 1 à 3 heures (35 % chez les garçons). EClinicalMedicine, 2018 (nouvel onglet)
Une méta-analyse de 10 essais contrôlés randomisés (1 491 participants de 24 ans en moyenne) montre que réduire ou arrêter les réseaux sociaux diminue les symptômes dépressifs, avec un effet modeste ; les auteurs demandent d’autres études de bonne qualité pour le confirmer. European Journal of Investigation in Health, Psychology and Education, 2025 (nouvel onglet)
Une méta-analyse de 24 études publiées entre 2020 et 2024, chez des adolescents et de jeunes adultes, trouve une association positive et significative entre l’exposition aux facteurs de risque des réseaux sociaux et la dépression, l’anxiété et l’usage problématique (r = 0,22). Behavioral Sciences, 2025 (nouvel onglet)
Sur 17 409 jeunes Britanniques suivis dans le temps, un usage élevé des réseaux prédit une baisse de satisfaction de vie un an plus tard à des âges précis — vers 11-13 ans chez les filles, 14-15 ans chez les garçons —, la relation jouant dans les deux sens. Nature Communications, 2022 (nouvel onglet)
Une revue systématique de 20 études (17 336 adolescents, 10 pays) associe l’usage de TikTok à davantage de symptômes dépressifs et anxieux, à une atteinte de l’image corporelle et de l’estime de soi, et à un risque d’usage addictif. European Child & Adolescent Psychiatry, 2025 (nouvel onglet)
Une méta-analyse de 71 études (98 299 participants, jeunes et adultes) associe l’usage de vidéos courtes à de moins bonnes performances d’attention et à une santé mentale plus dégradée, notamment plus de stress et d’anxiété. Psychological Bulletin, 2025 (nouvel onglet)
Sur 79 études recensées sur réseaux sociaux et santé mentale adolescente, environ trois quarts portent sur des effets négatifs ; les effets positifs restent sous-étudiés. Frontiers in Psychology, 2020 (nouvel onglet)
Dans une enquête menée fin 2019 auprès de 5 070 lycéens d’un district scolaire pauvre de Louisiane (États-Unis), les filles rapportent environ quatre fois plus souvent que les garçons des problèmes d’image corporelle liés aux réseaux sociaux : elles représentent 77,6 % des élèves qui en signalent. Frontiers in Psychiatry, 2022 (nouvel onglet)
L’avis officiel du Surgeon General américain (2023) relève que jusqu’à 95 % des 13-17 ans utilisent les réseaux sociaux et que les preuves manquent pour les déclarer suffisamment sûrs pour un cerveau adolescent en plein développement. JAMA, 2023 (nouvel onglet)
Nuances
Chez les jeunes LGBTQ, les réseaux soutiennent aussi la santé et le bien-être (connexion entre pairs, soutien social) ; une partie des études quantitatives associe leur usage à moins d’anxiété, de dépression et de solitude — mais les auteurs soulignent la faiblesse de ces preuves. Journal of Medical Internet Research, 2022 (nouvel onglet)
Une enquête auprès de 6 178 jeunes LGBTQ+ documente des bénéfices nets pour le bien-être (soutien émotionnel, éducation, divertissement), plus marqués chez les 14-18 ans que chez leurs aînés. Social Media + Society, 2021 (nouvel onglet)
Chez 275 adolescents de 13 à 19 ans, l’usage des réseaux est associé à davantage de soutien social en ligne (r = 0,37), surtout chez les jeunes ruraux, y compris LGBT+. Ce soutien en ligne n’était toutefois pas lié à moins de dépression ou d’anxiété. Children (Basel), 2025 (nouvel onglet)
Votre ado se confie à une IA plutôt qu’à des humains
À quel âge :0–3Tout-petits3–6Maternelle7–11Primaire12–15Collège16–18Lycée
11. Le chiffre
63,3 %
des jeunes de 12 à 21 ans qui demandent des conseils de santé mentale à un chatbot d’IA ne l’ont dit à personne (enquête nationale américaine, 1 009 jeunes)
22. Les signes d’alerte
Il ou elle parle d’un chatbot comme d’un ami : « il me comprend mieux que les autres ».
Longues conversations avec une IA, surtout le soir ou la nuit.
Détresse ou colère inhabituelle quand l’application est mise à jour ou « oublie » ses conversations.
Applications compagnes installées (Character.AI, Replika…) et utilisées de façon intensive.
Il ou elle se confie de moins en moins à vous ou à ses amis.
Fragilité psychique déjà connue : c’est chez ces jeunes que l’usage problématique est le plus fréquent.
33. Que faire
Regardez ce soir, avec votre ado, les applications installées sur son téléphone. Nommez les compagnons IA (Character.AI, Replika…) sans confisquer ni punir.
Posez la question simplement : « Est-ce qu’il t’arrive de parler de tes soucis à une IA ? » La plupart des jeunes ne le disent à personne — souvent parce qu’on ne leur demande jamais.
Expliquez ce qu’une IA ne sait pas faire : reconnaître une vraie crise, protéger ses confidences comme le ferait un médecin, appeler à l’aide.
Dites-lui qu’en cas d’idées noires, des humains répondent jour et nuit : le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et confidentiel.
Si votre ado est suivi par un psychologue ou un psychiatre, mentionnez cet usage au professionnel.
Proposez une vraie alternative d’écoute : un moment fixe dans la semaine où il ou elle peut tout vous dire, sans sermon.
Près d’un jeune sur cinq (12-21 ans) a déjà demandé des conseils de santé mentale à un chatbot d’IA.
Deux fois sur trois, personne n’est au courant — ni parent, ni ami, ni professionnel.
Les chatbots ne détectent pas de façon fiable les crises suicidaires.
Certains jeunes développent une vraie dépendance affective à leur compagnon IA.
Le bon geste : en parler sans juger, et donner le 3114 en cas de détresse.
Les études, une par une
Dans une enquête nationale représentative (1 009 jeunes Américains de 12 à 21 ans), 19,2 % ont déjà demandé des conseils de santé mentale à un chatbot d’IA — et 63,3 % ne l’ont dit à personne. JAMA Pediatrics, 2026 (nouvel onglet)
Un article de synthèse s’inquiète d’un risque de dépendance psychologique aux compagnons IA : certains utilisateurs de Replika disent se sentir plus proches de l’IA que de leur famille, et des mises à jour peuvent provoquer de la détresse. Les auteurs soulignent que ces preuves restent préliminaires et que peu d’études portent sur les adolescents. Child Development Perspectives, 2026 (nouvel onglet)
Face à 30 questions liées au suicide classées par 13 cliniciens experts, ChatGPT, Claude et Gemini gèrent bien les cas extrêmes mais ne distinguent plus les niveaux de risque intermédiaires — et deux d’entre eux répondent parfois directement à des questions dangereuses. Psychiatric Services, 2025 (nouvel onglet)
Sur des applications compagnes réellement commercialisées, des crises de santé mentale apparaissent dans une minorité non négligeable des conversations, et ces applications échouent souvent à reconnaître les signes de détresse, y compris suicidaire. Journal of Consumer Psychology, 2024 (nouvel onglet)
Cinq chatbots « psy » très utilisés par les jeunes obtiennent peu de bonnes notes pour repérer une crise et évaluer le risque (39 %) et pour leur approche thérapeutique (31 %) : les auteurs les jugent non sûrs pour les jeunes, notamment parce qu’ils gèrent mal les situations de crise. JMIR Mental Health, 2025 (nouvel onglet)
L’analyse de 582 messages d’utilisateurs de Replika documente une dépendance émotionnelle proche des relations dysfonctionnelles — l’utilisateur croit que l’IA a des besoins dont il doit s’occuper —, avec une détresse réelle lors des mises à jour. New Media & Society, 2024 (nouvel onglet)
Dans une consultation de psychiatrie en Tunisie, parmi 92 adolescents (13 ans en moyenne) qui utilisaient des chatbots d’IA pour leur santé mentale, 22,8 % présentaient un usage problématique ; ils s’en servaient d’abord comme soutien émotionnel en cas de détresse. Middle East Current Psychiatry, 2026 (nouvel onglet)
Violence, haine, radicalisation : des contenus qui embrigadent
À quel âge :0–3Tout-petits3–6Maternelle7–11Primaire12–15Collège16–18Lycée
11. Le chiffre
× 1,70
le risque de comportement gravement violent cinq ans plus tard, pour chaque cran supplémentaire de médias violents consommés dans l’enfance (cohorte nationale, après ajustement).
22. Les signes d’alerte
Son langage change : injures visant un groupe (les femmes, une religion, une origine), mépris affiché.
Il justifie la violence (« ils le méritent ») ou en rit systématiquement.
Il s’enferme dans des communautés en ligne fermées et en adopte les codes et le vocabulaire.
La souffrance des autres le laisse froid ou l’amuse, alors que ce n’était pas le cas avant.
Fascination croissante pour des images ou des récits violents.
Moral en berne après les sessions en ligne, surtout s’il est lui-même visé par la haine.
33. Que faire
Respectez les âges PEGI des jeux (PEGI 16, PEGI 18) : ils signalent le contenu, pas la difficulté.
Jouez et regardez avec lui : l’accompagnement actif d’un parent réduit les effets négatifs des médias, un effet documenté par une méta-analyse de 52 études.
Demandez qui il suit et ce qui le fait rire : les contenus misogynes ou haineux se déguisent souvent en humour.
Parlez des contenus choquants qu’il croise, sans moraliser : demandez-lui d’abord ce qu’il en pense.
Signalez les contenus haineux ou violents sur Pharos (internet-signalement.gouv.fr).
S’il est visé par la haine ou le harcèlement en ligne : appelez le 3018, numéro national gratuit.
Raphaël, 46 ans, connu sous le nom de Jean Pormanove, est mort en 2025 pendant un direct sur la plateforme Kick, après des mois d’humiliations et de violences suivies par un large public comptant de nombreux jeunes.
55. Les preuves
Des méta-analyses associent les jeux vidéo violents à plus d’agressivité et moins d’entraide (98 études, 36 965 participants). Mais le débat reste ouvert : après correction d’un fort biais de publication, les effets deviennent très faibles, et le suivi d’environ 21 000 jeunes dans le temps ne montre pas de lien notable à long terme.
Chaque cran de plus de médias violents dans l’enfance multiplie par 1,70 le risque de comportement gravement violent cinq ans plus tard.
L’exposition aux contenus haineux est liée à davantage de symptômes dépressifs (effet fort dans 2 expériences) et, de façon modérée, au comportement violent hors ligne (2 études) : des résultats qui reposent sur très peu d’études.
S’exposer en ligne à des contenus radicaux est lié à la radicalisation, qu’on les regarde passivement ou qu’on les cherche activement ; les preuves restent de faible qualité.
Votre présence compte : accompagner activement les usages réduit les effets négatifs des médias (méta-analyse de 52 études).
Méta-analyse de 55 études : l’exposition aux contenus haineux est associée à la victimisation en ligne (d = 0,72, 3 études), de façon modérée au comportement violent hors ligne (d = 0,47, 2 études) et aux symptômes dépressifs (d = 1,11, 2 expériences). Campbell Systematic Reviews, 2025 (nouvel onglet)
Méta-analyse internationale : les jeux vidéo violents constituent un facteur de risque causal d’agressivité accrue et de baisse de l’empathie et du comportement prosocial, en Orient comme en Occident. Psychological Bulletin, 2010 (nouvel onglet)
Cohorte nationale suivie dix ans : chaque augmentation du régime de médias violents dans l’enfance multiplie par 1,70 (après ajustement) le risque de comportement gravement violent cinq ans plus tard, et par 1,72 à dix ans. Journal of Adolescent Health, 2022 (nouvel onglet)
Méta-analyse de 31 études (52 772 jeunes) : association faible mais significative (r = 0,12) entre exposition médiatique et radicalisation violente, renforcée pour l’exposition en ligne à des contenus extrémistes. Aggression and Violent Behavior, 2026 (nouvel onglet)
Revue systématique : preuves provisoires que l’exposition à du matériel radical violent en ligne est associée aux attitudes extrémistes et au risque de violences politiques, la passivité seule n’expliquant pas la radicalisation. International Journal of Developmental Science, 2018 (nouvel onglet)
Enquête à méthodes mixtes : les algorithmes de recommandation amplifient puis normalisent des idéologies nuisibles, le contenu misogyne présenté comme du divertissement se diffusant dans les comportements des jeunes. Frontiers in Psychology, 2025 (nouvel onglet)
Nuances
Chez 538 jeunes de 9 à 15 ans, les jeux vidéo prosociaux sont associés à plus d’empathie et de comportements d’entraide, même en tenant compte de l’usage de jeux violents : l’effet dépend du contenu, pas du média. Computers in Human Behavior, 2016 (nouvel onglet)
En laboratoire, la simple exposition à des médias réputés radicalisants n’a qu’un effet faible et non significatif. Mais dans les études d’observation, s’exposer en ligne à des contenus radicaux est lié à la radicalisation, que cette exposition soit passive ou active, avec des liens d’ampleur comparable. La qualité des preuves reste faible. Campbell Systematic Reviews, 2022 (nouvel onglet)
Méta-analyse de 52 études (74 159 participants) : l’accompagnement actif et le co-usage par les parents réduisent les effets négatifs des médias, tandis que la restriction seule réduit surtout le temps d’écran ; les effets sont réels mais modestes. Journalism & Mass Communication Quarterly, 2019 (nouvel onglet)
Des inconnus le poussent à se faire du mal : le réseau 764
À quel âge :0–3Tout-petits3–6Maternelle7–11Primaire12–15Collège16–18Lycée
11. Le chiffre
13 ans
âge médian des 251 victimes dont l’âge est connu (14,3 ans en moyenne), relevées dans les dossiers de 295 personnes arrêtées dans 33 pays pour des faits liés au réseau « Com » et à 764, de février 2020 à mai 2026
22. Les signes d’alerte
Changement brutal de comportement : il se replie, devient irritable ou lunatique.
Cicatrices en motifs, lettres ou chiffres ; coupures fraîches, griffures, brûlures, morsures, souvent cachées sous des manches longues.
Un nouvel « ami » ou un nouveau groupe en ligne dont il est fasciné, ou dont il semble avoir peur.
Cadeaux anonymes : colis livrés à la maison, argent, monnaie de jeu vidéo reçue sans explication.
Il parle de la mort, menace de se suicider, idéalise les tueries de masse ou cite « 764 » et « Com ».
Manches longues ou pantalon par temps chaud ; l’animal de la maison est blessé ou se met à éviter votre enfant.
33. Que faire
Ce soir : regardez ses bras et ses cuisses sans en faire un interrogatoire, et demandez calmement s’il parle à quelqu’un en ligne qui lui fait peur. Ce sont deux des signes cités par le FBI.
S’il se fait du mal ou parle de mort : ne le laissez pas seul et appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit, 24 h sur 24 ; en cas d’urgence vitale, le 15.
Désamorcez le chantage : ces réseaux tiennent leurs victimes par la menace d’envoyer leurs images à leurs proches ou de les publier (FBI), voire de les dénoncer à leur école. Dites-lui qu’on ne paie pas, qu’on n’obéit pas, qu’on garde les preuves (captures, pseudonymes, noms de serveurs) et qu’on signale.
Signalez : Pharos (internet-signalement.gouv.fr) pour les contenus, le 3018 pour l’accompagnement, plainte au commissariat. En France, dans l’affaire d’Évreux, l’enquête a été menée par la police judiciaire de Rouen et l’office des mineurs de la police judiciaire.
Ni punition, ni exclusion : les cliniciens de Montréal recommandent une approche fondée sur les griefs et les traumatismes, qui favorise la réintégration. Un adolescent humilié retourne vers le groupe.
Reprenez avec lui les réglages de ses messageries et plateformes de jeu (Discord, Telegram et Roblox sont cités dans les enquêtes) : messages privés d’inconnus bloqués, serveurs inconnus quittés ; parlez des risques de partager des informations personnelles, comme le recommande le FBI.
En Normandie, un jeune homme d’une vingtaine d’années a été mis en examen et incarcéré en août 2025 : contactées sur des sites de jeunes filles suicidaires, une cinquantaine d’adolescentes avaient été contraintes par webcam à se planter un couteau dans la cuisse ou les seins ; le procureur d’Évreux le rattache au réseau 764.
À Québec, un homme de 26 ans a comparu en avril 2026 pour participation à une activité terroriste et facilitation d’une activité terroriste : il aurait promu l’idéologie de 764 sur un groupe Telegram et diffusé des contenus violents pour recruter. Selon la GRC, ses victimes, toujours pas identifiées, sont principalement des adolescentes.
55. Les preuves
Les victimes de ces réseaux ont 13 ans en médiane (14,3 ans en moyenne), d’après les 251 victimes dont l’âge est connu dans les dossiers de 295 personnes arrêtées dans 33 pays pour des faits liés au réseau « Com » et à 764.
Le FBI décrit des victimes de 10 à 17 ans, parfois 9 ans, poussées par menaces et chantage à filmer des automutilations, des actes sexuels ou des cruautés envers des animaux.
Dans une clinique spécialisée de Montréal, la violence nihiliste était plus fréquente chez les 58 adolescents suivis que chez les 66 adultes ; le diagnostic le plus courant : un trouble lié au stress.
Ces communautés mêlent images pédocriminelles, sextorsion, automutilation, cruauté animale et discours extrémiste ; d’après l’analyse de 295 arrestations, les rôles de victime et d’auteur se chevauchent couramment.
La riposte s’organise : le Canada a inscrit 764 sur sa liste des entités terroristes le 8 décembre 2025, et le FBI publie une liste de signes que les parents peuvent repérer.
Les études, une par une
Article à comité de lecture (Journal of Sexual Aggression, 2026) : les réseaux « Com » mêlent images pédocriminelles, sextorsion, coercition, cruauté animale, automutilation et rhétorique extrémiste ; ils recrutent et contraignent des adolescents, avec des motivations qui dépassent l’intérêt sexuel (rancœur, statut, idéologie). Journal of Sexual Aggression, 2026 (nouvel onglet)
Étude clinique à Montréal (58 adolescents et 66 adultes orientés pour extrémisme violent) : la violence nihiliste est plus fréquente chez les adolescents ; les troubles liés au stress sont le diagnostic le plus fréquent et les griefs familiaux et scolaires dominent ; l’intervention doit favoriser la réintégration et éviter la stigmatisation. Canadian Journal of Criminology and Criminal Justice, 2025 (nouvel onglet)
Analyse de 295 arrestations liées au réseau Com dans 33 pays (février 2020-mai 2026) : âge médian de 13 ans (moyenne 14,3) pour les 251 victimes dont l’âge est connu, âge médian des auteurs 19 ans ; 1 747 victimes d’extorsion sadique en ligne recensées ; les rôles de victime et d’auteur se chevauchent couramment ; un cas documenté d’une victime sommée de se couper devant la caméra sous la menace de révéler son identité à son école. CTC Sentinel, vol. 19, n° 6, 2026
Alerte officielle du FBI (6 mars 2025) : des réseaux violents en ligne usent de menaces, de chantage et de manipulation pour contraindre des victimes de 10 à 17 ans, parfois 9 ans, à produire ou diffuser en direct des automutilations ; liste de signes d’alerte pour les parents. Alerte officielle IC3, 6 mars 2025, 2025
Sécurité publique Canada : 764 inscrit le 8 décembre 2025 sur la liste des entités terroristes, défini comme un réseau transnational décentralisé d’extrémistes violents nihilistes fondé sur la misanthropie et le nihilisme. Liste des entités terroristes du Code criminel, page officielle, 2025
Communiqué du ministère américain de la Justice (19 août 2026) : un membre de 764 condamné à 77 ans de prison pour production d’images pédocriminelles, la peine la plus lourde jamais prononcée contre un extrémiste violent nihiliste ; le FBI dit avoir arrêté 500 % d’auteurs de plus l’an dernier. Communiqué de presse officiel, 19 août 2026, 2026
Nuances
Publication du Combating Terrorism Center de West Point, sans DOI ni comité de lecture classique. Le jeu de données repose sur des arrestations rendues publiques : il ne mesure que ce que la police détecte et poursuit ; les chiffres de victimes sont donc des minima ; sur 5 375 victimes recensées (personnes, mais aussi animaux et biens), l’âge n’est connu que pour 251 victimes, et les âges médians varient d’une année à l’autre (de 11,5 ans en 2021 à 16 ans en 2022). CTC Sentinel, vol. 19, n° 6, 2026
Il s’agit d’un commentaire scientifique issu d’échanges entre chercheurs, policiers et cliniciens (conférence NOTA 2025), pas d’une mesure : ses auteurs soulignent eux-mêmes les lacunes des cadres explicatifs et des modèles d’intervention actuels. Journal of Sexual Aggression, 2026 (nouvel onglet)
Il a de l’argent : les trafiquants le recrutent sur Snapchat
À quel âge :0–3Tout-petits3–6Maternelle7–11Primaire12–15Collège16–18Lycée
11. Le chiffre
Jusqu’à 20 000 €
proposés à un mineur pour un meurtre, dans les annonces de recrutement en ligne relevées par les polices européennes (note de renseignement Europol, novembre 2024)
22. Les signes d’alerte
De l’argent liquide, des vêtements, des baskets ou un téléphone neufs sans explication.
Un second téléphone, parfois un vieux modèle, ou un compte qu’il cache et dont les messages s’effacent.
Des absences soudaines, des découchés, des trajets vers une autre ville ou un autre département.
Un changement de comportement brutal, « sorti de nulle part », puis une aggravation rapide.
De nouveaux « amis » plus âgés, jamais présentés, qui l’appellent à toute heure.
Des colis, un sac ou un téléphone qu’il garde « pour un copain », ou une dette évoquée.
33. Que faire
Ce soir : demandez calmement d’où viennent l’argent et les objets neufs, sans accuser — l’objectif est qu’il continue de parler.
Posez une règle simple : on ne garde jamais chez soi un paquet, un sac ou un téléphone pour quelqu’un d’autre, et on ne transporte rien pour un inconnu.
Nommez les pièges avec lui : « argent facile », « mission », « défi », un flocon pour la cocaïne, un arbre pour le cannabis — Europol identifie ce vocabulaire comme celui du recrutement.
S’il est déjà pris : dites-lui qu’une dette exigée par un réseau ne se rembourse pas en travaillant pour lui, et appelez le 119, Enfance en danger, gratuit et confidentiel.
Signalez le compte ou le message de recrutement sur la plateforme Pharos, internet-signalement.gouv.fr ; en cas de danger immédiat, le 17.
Prévenez l’établissement scolaire ou l’éducateur qui le suit : l’Agence européenne des drogues place le soutien à la famille et à l’école parmi les approches les plus prometteuses.
Recruté sur Snapchat à 14 ans, un adolescent du Gard a été conduit dans un hôtel de Marseille, armé, puis a tué le 4 octobre 2024 Nessim Ramdane, chauffeur de VTC de 36 ans sans lien avec sa cible ; il a été condamné le 12 février 2026 à 17 ans de réclusion criminelle par le tribunal pour enfants de Paris.
Le 13 mai 2026, le tribunal correctionnel de Paris a condamné à douze ans de prison un homme de 24 ans qui, depuis sa cellule, avait recruté sur Snapchat un adolescent de 17 ans pour exécuter un contrat à Marseille ; la procureure a parlé d’une violence « ubérisée ».
55. Les preuves
Les mineurs sont désormais impliqués dans plus de 70 % des marchés criminels, du trafic de drogue à la fraude en ligne (note de renseignement d’Europol fondée sur les informations des polices nationales, novembre 2024).
Le recrutement se fait sur les messageries, auprès d’adolescents de 13 à 17 ans en moyenne, avec des sommes allant de quelques milliers d’euros jusqu’à 20 000 euros pour un meurtre (note de renseignement Europol, novembre 2024).
Au Royaume-Uni, sur les 7 028 enfants signalés en 2025 comme victimes potentielles d’exploitation, la moitié (3 485) l’étaient pour exploitation criminelle — en ligne ou hors ligne, ces statistiques ne distinguent pas.
Les parents anglais d’enfants happés par ces réseaux rapportent tous des expériences semblables, à commencer par un changement de comportement brutal, « sorti de nulle part » (entretiens approfondis avec des parents dans toute l’Angleterre, décembre 2019 - janvier 2021).
Les études, une par une
Note de renseignement d’Europol fondée sur les informations transmises par les polices nationales : les mineurs sont impliqués dans plus de 70 % des marchés criminels, sont recrutés en ligne entre 13 et 17 ans en moyenne, et se voient proposer de quelques milliers d’euros jusqu’à 20 000 euros pour un meurtre. 2024
Statistiques officielles britanniques 2025 (23 411 signalements, dont 7 028 enfants) : la moitié des enfants signalés (3 485) l’étaient pour exploitation criminelle, et 2 083 signalements portaient la mention « county lines », dont 76 % de garçons mineurs. 2026
Recherche qualitative à Glasgow et dans le Merseyside auprès de professionnels et de jeunes impliqués dans les bandes et le trafic : l’exploitation criminelle des enfants dans les « county lines » passe le plus souvent par la dette contractée après une marchandise perdue ou volée. International Journal of Offender Therapy and Comparative Criminology, 2019 (nouvel onglet)
Entretiens approfondis avec des parents d’enfants d’Angleterre pris dans les « county lines » (décembre 2019 - janvier 2021) : tous rapportent des expériences semblables, dont un changement de comportement brutal et inexpliqué puis une aggravation rapide ; les auteurs concluent que les parents sont une première ligne de défense sous-utilisée. Journal of Public Health (Oxford), 2023 (nouvel onglet)
Analyse de contenus de réseaux sociaux et groupes de discussion avec des jeunes à Londres : les clips postés en ligne servent à la fois à la réputation des bandes et à l’organisation concrète de la vente de drogue à distance. Journal of Youth Studies, 2017 (nouvel onglet)
Commission d’enquête du Sénat sur le narcotrafic (rapport n° 588, tome I, déposé le 7 mai 2024) : la procureure de Lille décrit des mineurs et des majeurs venus d’autres quartiers, villes ou départements, « recrutés via les réseaux sociaux à la journée, à la semaine, voire au mois ». 2024
Rapport technique de l’Agence de l’Union européenne sur les drogues (17 juin 2026), revue rapide de la littérature internationale : le recrutement des jeunes dans les réseaux de drogue tient à des facteurs individuels, sociaux et structurels ; les approches prometteuses reposent sur la famille, l’école, le quartier et la prévention en ligne. 2026
Il dépense sans compter : les monnaies de jeu cachent le prix
À quel âge :0–3Tout-petits3–6Maternelle7–11Primaire12–15Collège16–18Lycée
11. Le chiffre
46 % des 11-17 ans
ont déjà payé des objets dans un jeu vidéo, avec de l’argent ou de la monnaie virtuelle (enquête officielle britannique, 3 869 élèves interrogés en classe en 2024)
22. Les signes d’alerte
Il parle en Robux, V-Bucks ou gemmes, jamais en euros, et ne sait pas dire combien a coûté sa dernière tenue.
Des cartes cadeaux Roblox, Fortnite, PlayStation ou App Store reviennent à chaque anniversaire, chaque bonne note, chaque course.
Sur votre relevé, des petites lignes répétées de 4,99 à 19,99 euros libellées Apple, Google, Roblox, Epic Games ou Microsoft.
Il réclame « juste cinq euros de plus » pour finir un achat : le pack acheté ne couvrait pas le prix de l’objet.
De nouvelles tenues, animaux ou passes de combat apparaissent dans ses jeux sans achat connu de vous.
Le mot de passe de la tablette a changé, ou des courriels de reçus ont disparu de la boîte de réception.
33. Que faire
Ce soir : retirez la carte bancaire enregistrée sur la console, la tablette et le téléphone, puis activez la demande de mot de passe ou l’approbation parentale pour chaque achat.
Passez aux cartes prépayées : un budget fixé à l’avance, en euros, que l’enfant voit fondre et qu’il ne peut pas dépasser.
Faites la conversion ensemble, à voix haute : « 1 000 V-Bucks, c’est combien d’euros ? » C’est ce que la Commission européenne demande désormais aux éditeurs : des prix clairs, sans masquage des coûts.
Activez le plafond de dépense mensuel et les notifications d’achat dans les réglages parentaux de Roblox, Fortnite, PlayStation, Xbox, Nintendo, Apple et Google.
Une fois par mois, regardez le relevé bancaire avec lui : les lignes de 4,99 euros s’additionnent, et c’est ainsi qu’il apprend ce que « virtuel » coûte.
En cas d’achats non autorisés : demandez le remboursement à la plateforme (Apple, Google, Epic Games, Roblox) puis à votre banque, reçus à l’appui, comme l’a obtenu une famille galloise après l’intervention d’une émission de consommateurs de la BBC.
Au pays de Galles, une fillette de 10 ans a dépensé plus de 2 500 livres en Robux sur l’iPad familial, la plupart par transactions d’une vingtaine de livres, après avoir changé le mot de passe ; la banque n’a remboursé qu’après l’intervention d’une émission de consommateurs de la BBC (mai 2023).
Le 12 septembre 2024, l’UFC-Que Choisir, la CLCV et 20 associations européennes ont déposé plainte contre sept éditeurs (Fortnite, Roblox, Minecraft, EA Sports FC 24, Clash of Clans, Diablo IV, Rainbow Six Siege) pour pratiques trompeuses liées aux monnaies virtuelles.
55. Les preuves
Près d’un jeune de 11-17 ans sur deux (46 %) a déjà payé des objets dans un jeu vidéo, avec de l’argent ou de la monnaie virtuelle (enquête officielle britannique, 3 869 élèves).
Sur les 50 jeux les plus joués en 2023, 21 (42 %) vendent une monnaie maison qui masque le prix en euros ; 8 d’entre eux sont classés 12 ans ou moins (relevé de 22 associations européennes de consommateurs).
Avec une carte de 20 dollars australiens à dépenser librement, des enfants de 7 à 14 ans n’arrivent pas à convertir les Robux en argent réel et se disent « arnaqués » (22 enfants et leurs parents, université de Sydney).
Chez 1 155 adolescents de 16-18 ans, l’argent mis dans les coffres à butin est nettement lié aux signes de jeu d’argent problématique, plus fortement encore que chez les adultes.
Depuis mars 2025, la Commission européenne et les autorités nationales demandent aux éditeurs des prix clairs et la fin du masquage des coûts : un point d’appui pour les parents.
Les études, une par une
Enquête officielle britannique auprès de 3 869 élèves de 11-17 ans : 46 % ont déjà payé des objets dans un jeu et 27 % ont payé pour ouvrir des coffres à butin ; parmi les acheteurs, 56 % ont payé en monnaie virtuelle achetée, 62 % des 11-13 ans par carte cadeau, et 36 % depuis le compte bancaire de quelqu’un d’autre. Statistiques officielles, publiées le 7 novembre 2024, 2024
Relevé de 22 associations européennes de consommateurs sur les 50 jeux les plus joués en 2023 : 21 (42 %) intègrent une monnaie premium, dont 8 classés 12 ans ou moins ; selon un chiffre de l’industrie (Video Games Europe, 2023) repris par le BEUC, les enfants en Europe dépensent en moyenne 39 euros par mois en achats intégrés. Communiqué officiel du 12 septembre 2024, 2024
Enquête auprès de 1 155 adolescents de 16-18 ans : lien de taille modérée à forte (η² = 0,120) entre l’argent dépensé en coffres à butin et les signes de jeu d’argent problématique, plus fort que chez les adultes. Royal Society Open Science, 2019 (nouvel onglet)
Méta-analyse de 15 études : corrélation positive faible à modérée (r = 0,26) entre dépenses en coffres à butin et symptômes de jeu d’argent problématique, un effet petit mais réplicable. International Gambling Studies, 2021 (nouvel onglet)
Relevé de l’UFC-Que Choisir et de la CLCV (2024) : 42 % des jeux PC les plus joués et 81 % des jeux smartphone populaires utilisent une monnaie virtuelle ; 3,6 millions de joueurs en France ont converti de l’argent en monnaie de jeu ; sur les exemples relevés, la dépense réelle dépasse jusqu’à plus du double de la valeur affichée. Action nationale publiée le 12 septembre 2024, 2024
Commission européenne et réseau CPC (21 mars 2025) : lignes directrices fixant des exigences minimales pour les éditeurs, informations tarifaires claires, fin du masquage des coûts par les monnaies virtuelles et protection particulière des enfants ; première action coordonnée contre l’éditeur Star Stable, sommé de répondre sous un mois. Communiqué officiel du 21 mars 2025, 2025
Nuances
Le lien entre coffres à butin et jeu d’argent problématique est réel mais petit (r = 0,26 dans 15 études) : il ne prouve pas que la monnaie virtuelle fabrique des joueurs compulsifs, seulement qu’elle abaisse une barrière. International Gambling Studies, 2021 (nouvel onglet)
L’essai gratuit ne s’arrête jamais : les pièges à l’abonnement
À quel âge :0–3Tout-petits3–6Maternelle7–11Primaire12–15Collège16–18Lycée
11. Le chiffre
×4 d’abonnements
acceptés pour un service payant douteux lorsque l’interface use de manipulations agressives (41,9 % contre 11,3 % sans manipulation ; expérience sur 1 963 adultes américains représentatifs)
22. Les signes d’alerte
Des petits prélèvements réguliers (2,99 €, 4,99 €, 9,99 €) avec des libellés inconnus sur votre relevé bancaire ou votre facture téléphonique.
Il parle d’un « essai gratuit » ou d’une offre « à 1 € » lancée il y a quelques semaines et ne sait plus si elle est toujours active.
Votre carte bancaire est enregistrée dans sa boutique d’applications, sa console ou son navigateur.
Des courriels de « bienvenue », de « renouvellement » ou de reçus arrivent sur sa messagerie et partent à la corbeille.
Il a essayé de résilier et a abandonné : bouton introuvable, appel téléphonique exigé, pages de relance à répétition.
La facture du forfait mobile familial varie d’un mois à l’autre sans explication.
33. Que faire
Ce soir : ouvrez avec lui les abonnements actifs de son téléphone (réglages du compte Apple ou Google, rubrique « Abonnements ») et résiliez ensemble ce qui n’est plus utilisé.
Retirez votre carte bancaire de ses appareils ; préférez une carte prépayée ou une carte virtuelle à plafond, et activez la validation par mot de passe pour chaque achat.
Avant tout essai gratuit, notez la date de fin dans l’agenda du téléphone et résiliez le jour même de l’inscription si la plateforme le permet : l’essai continue jusqu’à son terme.
Apprenez-lui la règle des trois clics : depuis le 1er juin 2023, tout abonnement souscrit en ligne doit pouvoir être résilié en ligne, gratuitement, par un bouton facile à trouver ; s’il n’existe pas, c’est le signe d’un piège et un motif de signalement à la DGCCRF (SignalConso).
Sur la facture mobile, demandez à l’opérateur de bloquer les achats « Internet+ » et « SMS+ » : c’est par là que passent les abonnements cachés facturés au forfait.
Prélèvement non voulu : exigez le remboursement par écrit, contestez l’opération auprès de votre banque (paiement non autorisé) et, si votre enfant mineur a souscrit seul, contestez le contrat au titre de son incapacité à contracter (modèle de lettre officiel R1797 sur service-public.fr).
En septembre 2025, Amazon a accepté de payer 2,5 milliards de dollars aux États-Unis après que la FTC lui a reproché d’avoir inscrit des millions de clients à Prime par des interfaces trompeuses, puis d’avoir rendu la résiliation volontairement difficile ; environ 35 millions de consommateurs peuvent être remboursés.
En janvier 2025, Que Choisir documente des abonnements « Internet+ » facturés à l’insu des clients sur la facture mobile : 2,99 € par semaine pendant trois mois pour un service jamais souscrit, ou des prélèvements passés inaperçus près de quatre ans sur un forfait familial groupé.
55. Les preuves
Face à une interface trompeuse agressive, 1 963 adultes ont accepté un service payant douteux près de quatre fois plus souvent (41,9 % contre 11,3 %).
97 % des sites et applications les plus utilisés dans l’Union européenne emploient au moins une interface trompeuse ; la résiliation compliquée figure parmi les cinq plus fréquentes (Commission européenne, 2022).
Sur 34 sites de presse de quatre pays (67 abonnements), résilier demande en moyenne 4,9 clics sur les sites européens et 6,2 sur les sites américains, contre 3,5 pour s’abonner ; quatre abonnements (trois journaux) ne pouvaient être résiliés que par téléphone.
Selon la Commission européenne (page officielle, sans date ni échantillon précisés), environ un consommateur européen sur dix a déjà été attiré dans un abonnement non voulu.
En France, depuis le 1er juin 2023, tout abonnement souscrit en ligne doit pouvoir être résilié en ligne, en trois clics, gratuitement.
Les études, une par une
Expérience randomisée sur 1 963 adultes américains représentatifs : 11,3 % acceptent un service payant douteux sans manipulation, 25,8 % avec des interfaces trompeuses douces (plus du double), 41,9 % avec des interfaces agressives (près de quatre fois plus) ; dans une seconde expérience des mêmes auteurs sur 3 777 participants, multiplier le prix par plus de quatre (de 8,99 à 38,99 $ par mois) ne change presque rien. Journal of Legal Analysis, 2021 (nouvel onglet)
Étude comportementale commandée par la Commission européenne (2022) : 97 % des sites et applications les plus utilisés dans l’Union européenne emploient au moins une interface trompeuse ; la résiliation difficile figure parmi les cinq plus fréquentes. Office des publications de l’Union européenne, 2022
Analyse de 67 abonnements à 34 sites de presse de quatre pays, vus depuis cinq lieux (Allemagne, Pays-Bas, Royaume-Uni, Texas, Californie) : résilier demande en moyenne 4,9 clics sur les sites européens et 6,2 sur les sites américains contre 3,5 pour s’abonner ; quatre abonnements (trois journaux) ne peuvent être résiliés que par téléphone ; beaucoup de parcours n’informent pas correctement sur les prélèvements récurrents. Proceedings of the CHI Conference on Human Factors in Computing Systems (CHI ’24), ACM, 2024 (nouvel onglet)
Contrôle coordonné de 399 boutiques en ligne par les autorités de 23 États membres, de la Norvège et de l’Islande (2022) : 148 utilisent au moins une des trois pratiques ciblées, 54 orientent vers des abonnements ou des options plus chères, 23 cachent des informations pour faire entrer dans un abonnement. Commission européenne, page « Sweeps » (résultats publiés le 30 janvier 2023), 2023
Actions coordonnées de la Commission européenne contre les pièges à l’abonnement : environ 10 % des consommateurs de l’Union ont déjà été attirés dans un abonnement non voulu par des offres d’essai gratuit ou à très bas prix dont les paiements récurrents sont omis ou enfouis dans les petites lignes. Commission européenne, page officielle « Coordinated actions » (page sans date ; consultée le 04/09/2026), 2026
Communiqué officiel du ministère de l’Économie (1er juin 2023) : tout professionnel qui permet de souscrire un contrat en ligne doit offrir une fonctionnalité gratuite de résiliation en ligne, « identifiable, facile d’accès, directe et permanente », pour tous les contrats en cours, abonnements compris (loi du 16 août 2022). presse.economie.gouv.fr, communiqué du 1er juin 2023, 2023
Fiche DGCCRF du 08/11/2023 : les offres alléchantes (produit à 1 €, essai ou échantillons gratuits) cachent souvent un abonnement mensuel ; vérifier le nom de l’entreprise, la durée et le coût total avant d’accepter, exercer la rétractation ou résilier, saisir une association de consommateurs en cas d’échec. economie.gouv.fr, fiche pratique écrite le 08/11/2023, 2023
Modèle officiel service-public R1797 (vérifié le 22 avril 2022) : les parents peuvent contester auprès du vendeur un achat effectué par leur enfant mineur et en demander le remboursement, au titre de son incapacité à contracter. service-public.gouv.fr, modèle R1797, vérifié le 22 avril 2022, 2022
Nuances
Toutes les interfaces trompeuses n’ont pas la même force. Dans la première expérience, les manipulations agressives ont presque quadruplé les abonnements, mais elles ont suscité un fort mécontentement, contrairement aux manipulations douces. Dans la seconde, les messages du type « il faut agir maintenant » n’ont pas rendu les consommateurs plus enclins à acheter un service coûteux. Journal of Legal Analysis, 2021 (nouvel onglet)
Des escrocs se servent de son compte : la mule bancaire
À quel âge :0–3Tout-petits3–6Maternelle7–11Primaire12–15Collège16–18Lycée
11. Le chiffre
1 sur 5
des dossiers britanniques signalant une activité de mule bancaire concerne un jeune de 21 ans ou moins (3 881 sur 17 286, janvier-juin 2023)
22. Les signes d’alerte
Des virements inattendus arrivent sur son compte, suivis presque aussitôt de retraits ou de virements sortants.
Il a de l’argent liquide, des vêtements ou un téléphone neufs qu’il n’explique pas.
Il parle d’une « mission », d’un « petit boulot » ou d’un « service » payé quelques centaines d’euros, sans employeur identifiable.
Il a ouvert un compte dans une banque en ligne sans raison claire, ou il cherche sa carte et ses codes pour « dépanner un ami ».
Sa banque l’appelle, bloque ses opérations ou ferme son compte.
Des inconnus le contactent sur Snapchat, Telegram ou Instagram avec des promesses d’argent facile.
33. Que faire
Ce soir : posez la règle en une phrase — son compte, sa carte et ses codes ne se prêtent pas, ne se louent pas et ne se vendent pas, même à un ami.
Dites-lui le prix réel : en France, le blanchiment est puni jusqu’à 5 ans de prison et 375 000 euros d’amende ; c’est la mise en garde du service public ABE Infoservice (Banque de France, ACPR, AMF).
Montrez-lui à quoi ressemble une annonce de recrutement : « argent facile », « mission » payée quelques centaines d’euros, « je t’envoie une somme, tu en gardes une partie ». Dans l’essai mené sur Instagram, ce sont les annonces vantant le luxe et minimisant la faute qui ont le plus fait réagir.
Rappelez que l’approche n’est pas seulement en ligne : la base antifraude britannique relève aussi des recrutements en personne, devant les établissements scolaires et les clubs de sport.
Regardez ses relevés avec lui une fois par mois : un virement inattendu suivi d’un retrait immédiat est le signal à ne pas laisser passer.
S’il a déjà accepté : déposez plainte sans attendre auprès d’un service de police ou d’une unité de gendarmerie (une pré-plainte en ligne est possible), signalez l’IBAN de l’escroc à la Banque de France s’il commence par FR, et signalez le compte au réseau social ainsi que sur SignalConso : ce sont les trois démarches indiquées par ABE Infoservice. Prévenez aussi sa banque et ne renvoyez pas l’argent reçu.
En octobre 2025, le tribunal correctionnel de Rennes a jugé un éducateur spécialisé de 23 ans, au casier vierge, qui avait « vendu » entre 300 et 500 euros un compte en ligne dont il ne se servait plus : 7 000 euros escroqués à un habitant d’Ille-et-Vilaine y avaient transité. Les faits, requalifiés en recel simple, lui ont valu une semaine de travail d’intérêt général.
Le 10 juin 2025, devant le tribunal de Foix, un jeune homme de 21 ans recruté sur un groupe Telegram pour une « mission » payée 200 euros a été condamné à 6 mois de prison avec sursis, avec obligation de rembourser les 16 992 euros retirés avec les cartes bancaires d’une victime d’un faux agent de la répression des fraudes : ici, le jeune homme n’a pas prêté son compte, il a servi à retirer l’argent et à le faire circuler.
55. Les preuves
Au Royaume-Uni, 17 286 dossiers portant les signes d’une activité de mule ont été enregistrés au premier semestre 2023 : 3 881 concernaient un jeune de 21 ans ou moins.
Les moins de 30 ans représentent 64 % de ces dossiers (base nationale antifraude britannique, janvier-juin 2023).
Sur Instagram, jusqu’à 3 % des jeunes exposés ont réagi à des annonces imitant celles des recruteurs de mules (essai de terrain, 3 annonces diffusées sur 2 emplacements auprès d’utilisateurs néerlandais).
Chez environ 2 000 Néerlandais de 16 à 25 ans, les recruteurs rencontrés en ligne trient moins leurs cibles que ceux qui abordent dans le monde physique.
En France, le blanchiment est puni jusqu’à 5 ans de prison et 375 000 euros d’amende.
Les études, une par une
Base nationale antifraude britannique : 17 286 dossiers portant les signes d’une activité de mule au premier semestre 2023, dont 3 881 concernant des jeunes de 21 ans ou moins ; les moins de 30 ans représentent 64 % des dossiers, et le recrutement passe par les réseaux sociaux comme par des approches en personne devant les établissements scolaires et les clubs de sport. cifas.org.uk - Newsroom, 2023
Essai de terrain sur Instagram (3 annonces reproduisant celles des recruteurs de mules, diffusées sur 2 emplacements auprès de jeunes utilisateurs néerlandais) : jusqu’à 3 % des jeunes exposés ont réagi, clics et interactions confondus, surtout sur les annonces vantant un train de vie luxueux et minimisant la faute ; les garçons ont réagi davantage, et le taux de clics était plus élevé la nuit. Journal of Experimental Criminology, 2022 (nouvel onglet)
Enquête auprès d’environ 2 000 Néerlandais de 16 à 25 ans : avoir déjà été abordé par un recruteur de mules est associé au fait d’être un garçon, de vivre dans une grande ville et d’avoir une opinion favorable au prêt de compte ; les recruteurs des réseaux sociaux discriminent moins leurs cibles que ceux qui abordent dans le monde physique. European Journal of Criminology, 2025 (nouvel onglet)
Analyse qualitative de 43 comptes Instagram néerlandais très probablement utilisés pour recruter des mules bancaires : les techniques de recrutement en ligne y sont cartographiées, et les auteurs montrent que des mesures de prévention situationnelle peuvent les entraver. Deviant Behavior, 2022 (nouvel onglet)
Service public ABE Infoservice (Banque de France, ACPR, AMF) : la mule bancaire est « une personne, recrutée souvent à son insu, qui accepte d’encaisser sur son propre compte bancaire ou sur un compte spécialement ouvert à cet effet des fonds confiés par un tiers » ; en France, la peine encourue peut aller jusqu’à 5 ans de prison et 375 000 euros d’amende. abe-infoservice.fr - Prévention arnaques, 2026
Nuances
Revue du régulateur britannique FCA : 25 établissements ont exclu 194 084 clients identifiés comme mules entre janvier 2022 et septembre 2023, mais 37 % seulement de ces cas ont été signalés à la base nationale antifraude — les chiffres publics sont donc un plancher, et un établissement n’en a signalé que 6 %. fca.org.uk - Multi-firm reviews, 2025
Étude de 102 personnes jugées pour des faits de mule par la justice fédérale américaine : cinq profils se dégagent, du porteur de compte passif au facilitateur de réseau, avec des degrés très différents d’autonomie et de conscience — toutes les mules ne sont pas des recrues naïves. Trends in Organized Crime, 2025 (nouvel onglet)
Sa chaîne rapporte de l’argent : l’enfant influenceur
À quel âge :0–3Tout-petits3–6Maternelle7–11Primaire12–15Collège16–18Lycée
11. Le chiffre
90,3 %
des aliments et boissons montrés par les 5 enfants influenceurs les plus vus de YouTube en 2019 étaient des produits de marque peu sains (418 vidéos analysées ; les vidéos de ces cinq enfants cumulent plus de 48 milliards de vues)
22. Les signes d’alerte
Une chaîne ou un compte où il est le sujet principal, alimenté au rythme des vues et des commentaires.
Des tournages qui empiètent sur les devoirs, les repas ou le coucher ; on refait une prise « parce que ça ne marche pas ».
Des colis de marques arrivent à la maison, avec des produits à montrer dans une prochaine vidéo.
Il parle de cadeaux virtuels, de jetons, de « roses » ou de « lions » à envoyer ou à recevoir pendant un direct.
Des achats inexpliqués sur le relevé bancaire, ou une carte enregistrée sur son téléphone.
Il cite par leur pseudonyme des adultes qui lui « offrent » quelque chose et attendent d’être remerciés à l’antenne.
33. Que faire
Ce soir : ouvrez avec lui l’historique des achats de son téléphone (boutique d’applications, application de direct) et cherchez les achats de jetons ou de cadeaux.
Coupez la voie de paiement : retirez la carte enregistrée, exigez un mot de passe pour tout achat et bloquez les achats intégrés.
Posez la règle du direct : pas de direct seul, et rien de ce qu’un inconnu envoie ne se garde — un cadeau reçu crée une dette.
Si une chaîne le met en scène : en France, la loi du 19 octobre 2020 impose une autorisation préalable de l’administration quand la chaîne est exploitée par un employeur et, hors de ces cas, une déclaration par les représentants légaux dès que la durée, le nombre de vidéos ou les revenus dépassent les seuils fixés par décret. Au-delà du seuil de revenus, les sommes perçues ensuite sont versées à la Caisse des dépôts et consignations jusqu’à sa majorité, une part pouvant être laissée à la disposition des parents.
Dites-lui qu’il peut demander seul l’effacement de ses images : la même loi le dispense de l’accord de ses parents pour ce droit.
Encadrez les tournages comme un travail : des horaires, jamais pendant les devoirs, et un droit d’arrêt immédiat quand il dit non.
Hugo, 13 ans, a viré plusieurs centaines d’euros par PayPal à un influenceur TikTok suivi par des millions d’abonnés, avec la carte bancaire de son père, pour obtenir des publicités et gagner des abonnés ; après le remboursement obtenu par ses parents, il raconte avoir été menacé, l’influenceur étant, selon lui, venu réclamer l’argent en voiture avec des amis.
Dans la même enquête, la RTS rapporte, d’après une investigation de la BBC, que des enfants de camps de réfugiés syriens suppliaient pendant des heures en direct pour recevoir des cadeaux virtuels convertis en argent, la plateforme prélevant selon la BBC jusqu’à 70 % des recettes — chiffre démenti par TikTok.
55. Les preuves
Chez les 5 enfants influenceurs les plus vus de YouTube en 2019, 90,3 % des aliments et boissons montrés étaient des produits de marque peu sains (418 vidéos analysées ; les vidéos de ces cinq enfants cumulent plus de 48 milliards de vues).
L’analyse de 215 vidéos publiées sur TikTok par 23 enfants influenceurs d’Israël, de Nouvelle-Zélande et des États-Unis montre que l’enfant devient une « marchandise dissimulée » dans les contenus rémunérés de ses parents, plus ou moins visible selon les vidéos.
Sur 100 vidéos de jeunes youtubeurs en train de jouer, les chercheurs décrivent un travail réel caché derrière une apparence de spontanéité.
Une méta-analyse des travaux parus entre 2015 et 2025 sur les cadeaux virtuels en direct associe les dons à l’engagement, à l’attrait de celui qui diffuse et à la recherche d’acceptation sociale, et non au simple fait de passer le temps (publics de direct de jeu vidéo, majoritairement adultes).
Les études, une par une
Analyse ethnographique et juridique de 215 vidéos publiées sur TikTok par 23 enfants influenceurs d’Israël, de Nouvelle-Zélande et des États-Unis : l’enfant devient une marchandise dissimulée, exposé et mobilisé dans les contenus rémunérés de ses parents, tandis que les règles de la plateforme masquent son rôle. New Media & Society, 2025 (nouvel onglet)
Analyse de 418 vidéos des 5 enfants influenceurs les plus vus de YouTube en 2019, dont les vidéos cumulent plus de 48 milliards de vues : sur 291 apparitions d’aliments ou de boissons, 90,3 % étaient des produits de marque peu sains. Pediatrics, 2020 (nouvel onglet)
Méta-analyse PRISMA des travaux parus entre 2015 et 2025 sur les cadeaux virtuels en direct : l’engagement, l’attrait de celui qui diffuse, l’utilité perçue, l’acceptation sociale et le plaisir immédiat sont associés positivement aux dons, alors que le simple fait de passer le temps y est associé négativement. Limite assumée : ces travaux portent sur le direct de jeu vidéo, avec des publics majoritairement adultes, l’hétérogénéité entre études y est élevée et le comportement des enfants n’y est pas mesuré. BMC Psychology, 2026 (nouvel onglet)
Loi française du 19 octobre 2020 : quand un employeur réalise des vidéos dont un enfant de moins de seize ans est le sujet principal en vue d’une diffusion lucrative, c’est un travail d’enfant soumis à autorisation préalable de l’administration ; hors de ces cas, les représentants légaux doivent déclarer la diffusion au-delà de seuils fixés par décret, et les revenus perçus à compter du dépassement du seuil de revenus sont versés à la Caisse des dépôts et consignations jusqu’à la majorité ou l’émancipation, une part pouvant être laissée à la disposition des parents ; amende de 3 750 euros pour l’annonceur qui ne vérifie pas la déclaration. Journal officiel de la République française, 2020
Nuance
Étude de cas d’une enfant influenceuse suédoise : la recherche sur le sujet est souvent réductrice et centrée sur le risque, alors qu’un même enfant peut être à la fois professionnel, créatif, vulnérable et support de marque — être influenceur n’est qu’un de ses rôles. New Media & Society, 2025 (nouvel onglet)
La pub le suit à la trace : le profilage publicitaire
À quel âge :0–3Tout-petits3–6Maternelle7–11Primaire12–15Collège16–18Lycée
11. Le chiffre
66 %
des 3 454 applications Android gratuites pour enfants qui partagent l’identifiant publicitaire avec les annonceurs transmettent aussi des identifiants permanents, impossibles à réinitialiser (sur 5 855 analysées).
22. Les signes d’alerte
Les publicités qu’il reçoit collent à ce qu’il vient de chercher ou de regarder — il vous dit que « le téléphone l’écoute » : c’est son historique qui parle, pas le micro.
Il réclame des produits précis vus chez un influenceur ou dans une application : en-cas, boissons, gadgets, vêtements de marque.
Ses applications « gratuites » sont truffées de publicités : bannières, vidéos qui interrompent le jeu, fenêtres à fermer pour continuer.
Des publicités pour du vapotage, de l’alcool, des régimes ou des produits amincissants apparaissent sur son fil alors qu’il est mineur.
Il s’est inscrit avec une fausse date de naissance, ou il utilise un compte ou un appareil à votre nom.
Il connaît par cœur des marques, des slogans ou des produits qu’il n’a jamais vus ailleurs que sur son téléphone.
33. Que faire
Ce soir : ouvrez avec lui les réglages publicitaires de ses comptes (Google et YouTube, Instagram, TikTok, Snapchat) et désactivez la personnalisation des annonces ; vérifiez que sa vraie date de naissance est déclarée — en Europe, une plateforme qui sait qu’il est mineur n’a plus le droit de lui montrer des publicités fondées sur son profil.
Sur son téléphone, coupez le suivi publicitaire : sur iPhone, refusez le suivi par les applications ; sur Android, supprimez ou réinitialisez l’identifiant publicitaire. Ce n’est pas une protection totale, mais c’est un frein.
Préférez les applications payantes ou sans publicité aux applications « gratuites » : dans l’analyse de 135 applications pour tout-petits, 100 % des gratuites contenaient de la publicité, contre 88 % des payantes.
Apprenez-lui à repérer la publicité déguisée : un influenceur qui mange une marque, une vidéo qui coupe le jeu, un symbole « $ » qui cache une annonce. L’Académie américaine de pédiatrie recommande aux parents de développer cette culture numérique avec leurs enfants.
Pas de compte à votre nom pour lui : un profil d’adulte reçoit des publicités d’adulte — alcool, vapotage, régimes.
Signalez une publicité inadaptée : sur la plateforme (« signaler cette annonce »), puis auprès de la CNIL, qui recommande que le profilage des mineurs soit désactivé par défaut.
En mai 2017, un document interne de Facebook de 23 pages, révélé par le quotidien The Australian, montrait aux annonceurs que ses algorithmes pouvaient repérer les moments où des adolescents australiens et néo-zélandais se sentent anxieux, nerveux ou en manque de confiance ; Facebook a présenté ses excuses et ouvert une enquête interne, tout en démentant proposer un ciblage fondé sur l’état émotionnel.
Le 4 septembre 2019, Google et YouTube ont accepté de payer 170 millions de dollars à l’autorité américaine FTC et à l’État de New York : YouTube collectait les informations personnelles d’enfants sans que les parents le sachent et s’en servait pour de la publicité ciblée ; la plateforme s’est engagée à cesser la publicité ciblée sur les contenus pour enfants.
55. Les preuves
Le marketing alimentaire fait manger davantage les enfants : l’effet est mesuré sur 80 études et 19 372 participants (méta-analyse, JAMA Pediatrics, 2022).
Après avoir vu un influenceur poser avec des en-cas gras et sucrés, des enfants de 9-11 ans avalent 26 % de calories en plus (essai randomisé, 176 enfants).
Sur 5 855 applications Android gratuites pour enfants, la majorité transmettent des données à des sociétés de publicité, potentiellement en violation de la loi américaine sur la vie privée des enfants.
En Europe, une plateforme en ligne qui sait avec une certitude raisonnable qu’un utilisateur est mineur ne peut pas lui montrer de publicité fondée sur son profilage : c’est le règlement sur les services numériques, applicable depuis le 17 février 2024 (les micro et petites plateformes en sont exemptées, sauf si elles sont désignées très grandes plateformes). La CNIL recommande de désactiver par défaut le profilage des mineurs.
Les études, une par une
Méta-analyse de 80 études (19 372 participants de 0 à 19 ans) réalisée pour l’OMS : le marketing alimentaire augmente significativement la prise alimentaire, le choix de l’aliment promu (rapport de cotes 1,77, soit près de deux fois plus de chances) et les préférences des enfants et adolescents. JAMA Pediatrics, 2022 (nouvel onglet)
Essai randomisé chez 176 enfants de 9-11 ans : après de faux profils Instagram d’influenceurs posant avec des en-cas gras et sucrés, les enfants avalent 448 calories contre 357 dans le groupe témoin (+ 26 %, pourcentage calculé à partir des calories publiées) ; les influenceurs avec des en-cas sains n’ont aucun effet. Pediatrics, 2019 (nouvel onglet)
Analyse de contenu de 135 applications pour les moins de 5 ans (dont les 96 les plus téléchargées du Google Play Store) : 95 % contiennent au moins une forme de publicité (vidéos qui interrompent le jeu, bannières, publicités camouflées) ; 100 % des gratuites contre 88 % des payantes. Journal of Developmental & Behavioral Pediatrics, 2019 (nouvel onglet)
Analyse automatisée de 5 855 applications Android gratuites pour enfants : la majorité enfreignent potentiellement la loi américaine COPPA à cause de kits publicitaires tiers ; 19 % collectent des identifiants via des kits interdits aux applications pour enfants ; 66 % de 3 454 applications transmettent des identifiants permanents en plus de l’identifiant publicitaire réinitialisable. Proceedings on Privacy Enhancing Technologies, 2018 (nouvel onglet)
Prise de position de l’Académie américaine de pédiatrie (2020) : les enfants sont particulièrement vulnérables à la publicité (esprit critique et contrôle des impulsions immatures) ; ils reconnaissent souvent une publicité mais ne peuvent pas y résister quand elle est glissée dans un réseau social, portée par un influenceur ou à côté d’un contenu personnalisé ; inquiétude explicite face au pistage des enfants pour le ciblage publicitaire. Pediatrics, 2020 (nouvel onglet)
Recommandation 8 de la CNIL (juin 2021) : désactivation par défaut des systèmes de profilage pour les mineurs, soutenue par 87 % des répondants à la consultation publique ; pas de réutilisation ni de transmission à des tiers des données des mineurs à des fins commerciales ou publicitaires. cnil.fr — Les droits numériques des mineurs, 8 recommandations, 2021
Règlement européen sur les services numériques (DSA, adopté le 19 octobre 2022, applicable depuis le 17 février 2024 ; les micro et petites plateformes en sont exemptées, sauf si elles sont désignées très grandes plateformes) : les plateformes en ligne ne peuvent pas présenter à un mineur des publicités fondées sur son profilage lorsqu’elles savent, avec une certitude raisonnable, qu’il est mineur (article 28, paragraphe 2). better-internet-for-kids.europa.eu — Rules and guidelines, 2022
Nuances
La méta-analyse elle-même est prudente : forte hétérogénéité entre études (plus de 76 %, inexpliquée), certitude des preuves jugée très faible à modérée, pas de preuve claire d’un effet sur les achats, et données rares sur le poids et les dents. JAMA Pediatrics, 2022 (nouvel onglet)
La prise de position de l’Académie américaine de pédiatrie est une synthèse d’experts, pas une étude mesurée : elle rassemble des associations (publicité et comportements à risque), qui ne prouvent pas à elles seules un lien de cause à effet. Pediatrics, 2020 (nouvel onglet)
Ses photos circulent sans son accord : le surpartage parental
À quel âge :0–3Tout-petits3–6Maternelle7–11Primaire12–15Collège16–18Lycée
11. Le chiffre
1 300 photos et vidéos
publiées en moyenne par les parents d’un enfant de 13 ans (rapport du Commissaire à l’enfance d’Angleterre, 2018, chiffre repris par la CNIL en 2025)
22. Les signes d’alerte
Le compte où figurent les photos de l’enfant est public, ou compte des abonnés que vous ne connaissez pas personnellement.
Des photos de bain, de plage, de couche ou de maladie sont en ligne.
Le prénom, l’école, le club ou le quartier de l’enfant apparaissent en légende, sur un uniforme ou à l’arrière-plan.
L’enfant demande qu’une photo soit retirée, ou un camarade lui en parle à l’école.
Des inconnus commentent ou repartagent les photos de l’enfant ; un compte inconnu utilise son image.
Les photos partent en ligne sans que l’enfant ait été consulté ni l’autre parent prévenu.
33. Que faire
Ce soir : passez vos comptes en privé et supprimez les photos de bain, de plage et celles où l’école ou le quartier se reconnaissent (geste recommandé par la CNIL).
Avant chaque publication, demandez l’accord de l’enfant et celui de l’autre parent (conseil de la CNIL ; pour la justice, publier la photo d’un enfant demande l’accord des deux parents). La loi du 19 février 2024 oblige les parents à associer l’enfant à son droit à l’image, selon son âge et sa maturité.
Pour la famille éloignée, préférez une messagerie sécurisée, un courriel ou un album partagé à accès restreint plutôt qu’un réseau social (conseil de la CNIL).
Si vous publiez quand même : visage caché ou de dos, jamais de prénom ni de lieu, et vérifiez que la localisation des photos est désactivée sur le téléphone.
Faites le ménage deux fois par an : abonnés inconnus supprimés, anciennes publications retirées.
Une photo de l’enfant circule sans votre accord : demandez son retrait à la plateforme, puis saisissez la CNIL ; en cas de désaccord entre parents, le juge aux affaires familiales peut trancher.
À Rome, par une ordonnance du 23 décembre 2017 révélée en janvier 2018, un adolescent de 16 ans a obtenu du tribunal que sa mère retire les photos de lui publiées sur Facebook et cesse d’en publier, sous peine d’une astreinte pouvant atteindre 10 000 euros.
55. Les preuves
53 % des parents français ont déjà partagé du contenu sur leurs enfants et, à 13 ans, un enfant apparaît en moyenne sur 1 300 photos et vidéos publiées par ses parents (un sondage de 2023 et un rapport britannique de 2018 cités par la CNIL en 2025, échantillons non précisés).
Chez 228 parents interrogés dans un hôpital pédiatrique de Rome, 75 % publient des contenus sur leurs enfants et 93 % ignorent les risques et la loi.
Interrogés, 817 adolescents désapprouvent largement ces publications, qu’ils jugent gênantes et inutiles.
Selon une estimation reprise par la Fondation pour l’Enfance (2024) et relayée par la CNIL, sans méthodologie publiée, la moitié des images d’enfants échangées sur les forums pédocriminels avaient d’abord été publiées par leurs parents.
La bonne nouvelle : c’est le danger le plus simple à arrêter, puisque c’est le parent qui tient le téléphone.
Les études, une par une
Page officielle de la CNIL (2025) : 53 % des parents français ont déjà partagé du contenu sur leurs enfants (OPEN-Potloc, 2023), les parents d’un enfant de 13 ans ont publié en moyenne 1 300 photos de lui (Opinium, 2018 ; le rapport britannique d’origine compte photos et vidéos), et 50 % des images d’enfants échangées sur les forums pédocriminels avaient d’abord été publiées par leurs parents (Fondation pour l’Enfance, 2024). cnil.fr (page officielle, 28 novembre 2025), 2025
Rapport du Commissaire à l’enfance d’Angleterre (2018) : les parents d’enfants de 0 à 13 ans publient en moyenne 71 photos et 29 vidéos de leur enfant par an sur les réseaux sociaux. childrenscommissioner.gov.uk (rapport, 8 novembre 2018), 2018
Enquête auprès de 228 parents d’un hôpital pédiatrique de Rome (2024) : 75 % publient des contenus sur leurs enfants, 31 % dès les six premiers mois, et 93 % ignorent la législation et les risques du surpartage. Italian Journal of Pediatrics, 2024 (nouvel onglet)
Enquête auprès de 817 adolescents (2019) : ils désapprouvent largement le surpartage parental, jugé gênant et inutile, d’autant plus qu’ils y voient une mise en scène du parent. Children and Youth Services Review, 2019 (nouvel onglet)
Groupes de discussion avec 46 adolescents de 12 à 14 ans : la plupart font confiance à leurs parents et acceptent le principe du partage ; les frustrations sont ponctuelles et portent sur le type de photos, la fréquence, le public, et l’absence de demande d’accord. Children and Youth Services Review, 2019 (nouvel onglet)
Un inconnu écoute sa peluche : jouets connectés et traceurs
À quel âge :0–3Tout-petits3–6Maternelle7–11Primaire12–15Collège16–18Lycée
11. Le chiffre
9 mètres
depuis l’extérieur du bâtiment, sans mot de passe, un téléphone s’appairait à la poupée Cayla et au robot i-Que et pouvait écouter l’enfant, l’enregistrer et lui parler (contrôles de la CNIL, décision du 20 novembre 2017)
22. Les signes d’alerte
Le jouet parle, répond ou s’allume alors que personne ne l’utilise ; le voyant d’écoute reste allumé.
La caméra du babyphone bouge toute seule, ou des bruits et des voix inconnues sortent de l’appareil dans la chambre.
La montre ou le traceur affiche une position fausse, ou des numéros inconnus apparaissent dans ses contacts autorisés.
Le jouet s’est appairé au téléphone sans bouton à presser ni code à saisir : n’importe qui à portée peut faire de même.
Le mot de passe de l’application est toujours celui d’usine (« 123456 », « admin »), ou le même que sur d’autres comptes.
L’enfant raconte que « quelqu’un » lui a parlé dans sa chambre ou que sa poupée lui a dit des choses bizarres.
33. Que faire
Ce soir : éteignez les jouets à micro ou caméra qui ne servent pas, et changez le mot de passe d’usine du babyphone et de l’application de la montre — geste recommandé par la CNIL et le FBI.
Avant tout achat : vérifiez que l’appairage demande un bouton sur le jouet ou un code, et cherchez en ligne si le modèle a déjà des failles connues (tests des associations de consommateurs).
Activez les mises à jour de sécurité de l’appareil et de son application, et vérifiez que le fabricant en publie encore.
À l’inscription, donnez le minimum : pseudonyme, adresse courriel dédiée, date de naissance aléatoire si le service en exige une — conseil CNIL.
Pour une montre ou un traceur : désactivez la géolocalisation en temps réel quand elle n’est pas utile, et demandez-vous si un appareil sans Internet ne suffit pas (CNIL, 2025).
Effacez les données sur le jouet et sur le compte en ligne quand il ne sert plus, et signalez au fabricant et à la CNIL tout comportement anormal.
En France, la CNIL a mis en demeure le 20 novembre 2017 le fabricant de la poupée « Mon amie Cayla » et du robot i-Que : ses contrôleurs avaient pu, depuis l’extérieur du bâtiment, à 9 mètres, connecter un téléphone au jouet sans mot de passe et écouter les conversations de l’enfant.
En février 2019, la Commission européenne a fait rappeler la montre pour enfants Safe-KID-One d’Enox : l’application communiquait en clair avec le serveur, et un inconnu pouvait récupérer l’historique des positions, communiquer avec l’enfant qui porte la montre ou le localiser. Une première pour un risque lié à la vie privée, selon la presse spécialisée.
55. Les preuves
Lors de ses contrôles, la CNIL a appairé un téléphone à la poupée Cayla et au robot i-Que depuis l’extérieur du bâtiment, à 9 mètres, sans mot de passe : de quoi écouter l’enfant et lui parler (décision du 20 novembre 2017).
Sur 6 montres GPS pour enfants analysées par des chercheurs allemands, des failles graves permettaient de récupérer des données sensibles, de prendre le contrôle total de la montre et de surveiller l’enfant à distance (ARES 2020).
Sur 11 jouets connectés passés au crible par des chercheurs canadiens, plusieurs exposent encore l’enfant à des attaquants proches ou distants (IEEE Internet of Things Journal, 2019).
Sur 9 babyphones vidéo testés par Test Achats, 7 sont déconseillés : un intrus peut observer la chambre et parfois faire pivoter la caméra (2018).
Bonne nouvelle : les gestes qui protègent sont simples et recommandés par la CNIL et le FBI — appairage protégé, mots de passe changés, mises à jour faites, jouet éteint quand il ne sert pas.
Les études, une par une
Contrôles de la CNIL sur la poupée « Mon amie Cayla » et le robot i-Que : appairage possible sans authentification depuis l’extérieur du bâtiment à 9 mètres, puis à 20 mètres ; le tiers peut entendre, enregistrer et communiquer via le jouet ; mise en demeure publique du fabricant le 20 novembre 2017, deux mois pour se conformer. Légifrance, publication le 5 décembre 2017, 2017
Taxonomie des menaces et test de 11 jouets connectés avec leurs applications (Université Concordia, 2019) : plusieurs jouets exposent encore les enfants à de multiples menaces pour des attaquants ayant un accès physique, proche ou distant. IEEE Internet of Things Journal, 2019 (nouvel onglet)
Analyse de 3 jouets connectés du commerce (Princeton, 2019) : plusieurs vulnérabilités non divulguées, notamment dans les communications avec les serveurs du fabricant, en violation de la loi américaine COPPA et des politiques de confidentialité des jouets. IEEE Internet of Things Journal, 2019 (nouvel onglet)
Test de 4 montres GPS pour enfants commandé par le Conseil norvégien des consommateurs (2017) : en quelques étapes simples, un inconnu peut prendre le contrôle de la montre, suivre l’enfant, l’écouter, lui parler ou falsifier sa position ; données parfois non chiffrées, bouton SOS mal implémenté sur un modèle. Rapport et communiqué du 18 octobre 2017, 2017
Test de 9 babyphones vidéo connectés par Test Achats (Belgique, 2018) : 7 déconseillés ; un intrus peut observer la chambre et parfois faire pivoter la caméra, et la plupart des appareils n’alertent pas clairement en cas de perte de connexion. Article Test Achats, 29 janvier 2018 (relayé par la RTBF le même jour), 2018
Test de 10 babyphones vidéo par Test Achats (2022) : 55 failles de sécurité potentielles relevées, dont 9 critiques. Article Test Achats, 22 décembre 2022, 2022
Revue de 26 études sur la vie privée dans les jouets connectés (2020) : le risque technique le plus cité est la divulgation de données ; fabricants et réglementations ne sont pas encore prêts pour protéger la vie privée des enfants. Electronic Commerce Research and Applications, 2020 (nouvel onglet)
Conseils de la CNIL pour sécuriser un jouet connecté (2017) : appairage par bouton ou mot de passe, changement des réglages par défaut, mises à jour, minimum d’informations à l’inscription, jouet éteint quand il ne sert pas, effacement des données. Page de conseils CNIL, 28 février 2017, 2017
Alerte du FBI sur les jouets connectés (2017) : micros et GPS peuvent exposer des informations sur l’enfant ; recommandations d’authentification à l’appairage Bluetooth, de mises à jour, de mots de passe forts et d’extinction du jouet hors usage. Alerte publique IC3, 17 juillet 2017, révisée le 21 septembre 2017, 2017
Nuances
Toutes les montres ne se valent pas : dans le test norvégien de 2017, la Tinitell s’en sortait nettement mieux que les autres, au prix de fonctions moins nombreuses ; les tests datent de 2017 et les fabricants affirment avoir corrigé une partie des failles depuis. Rapport et communiqué du 18 octobre 2017, 2017
La CNIL (2025) rappelle que la géolocalisation permanente a aussi un coût pour l’enfant même sans piratage : moins d’autonomie, sentiment de surveillance, confiance entamée ; elle conseille de la désactiver quand elle n’est pas utile. Page de conseils CNIL, 22 septembre 2025, 2025
Il ne se confie plus : la surveillance permanente le fait fuir
À quel âge :0–3Tout-petits3–6Maternelle7–11Primaire12–15Collège16–18Lycée
11. Le chiffre
76 % de 1 étoile
des avis écrits par des enfants et adolescents de 8 à 19 ans sur les applications de contrôle parental (736 avis, 37 applications)
22. Les signes d’alerte
Son téléphone est de plus en plus souvent éteint, en mode avion ou « en panne de batterie » quand il sort.
Sa position affichée reste figée pendant des heures, ou correspond à un endroit où il n’est visiblement pas.
Il a un deuxième compte, une deuxième messagerie, parfois un deuxième téléphone dont vous ignoriez l’existence.
Il ne raconte plus rien de lui-même : les nouvelles arrivent par l’application, plus par lui.
Les discussions de la maison tournent au contrôle (« tu étais où ? ») et finissent en dispute.
Il sait désactiver, contourner ou désinstaller l’outil, et le fait dès qu’il veut de la tranquillité.
33. Que faire
Ce soir : dites-lui exactement ce qui est installé sur son téléphone et ce que vous voyez. La CNIL demande d’informer clairement l’enfant des modalités du contrôle parental.
Réglez le curseur sur son âge et sa maturité, pas sur votre inquiétude : la CNIL pose un principe de proportionnalité et invite à éviter les dispositifs intrusifs.
Remplacez la localisation permanente par un partage ponctuel et demandé : « envoie-moi ta position en arrivant », plutôt qu’un suivi continu.
Ne fouillez pas en cachette — affaires, journal ou téléphone : parmi les formes de surveillance étudiées, c’est celle qui va le plus fortement avec une communication dégradée et des problèmes de comportement.
Doublez toute restriction d’une conversation. La surveillance seule réduit les risques mais aussi l’apprentissage : c’est la combinaison des deux qui est recommandée par les chercheurs.
Vérifiez ce que l’application fait des données de votre enfant, et prévoyez sa sortie : moins de suivi à chaque anniversaire, jusqu’à l’arrêt.
En décembre 2021, le média d’investigation The Markup a révélé que Life360, application de sécurité familiale revendiquant 33 millions d’utilisateurs et vendue aux parents pour suivre la position de leurs enfants, revendait des données de localisation précises à une douzaine de courtiers en données (après l’enquête, Life360 a annoncé cesser ces ventes et ne plus vendre ses données précises qu’à une seule société, Arity) ; son PDG a répondu que ces données étaient « dé-identifiées », c’est-à-dire privées des noms et des courriels, l’identifiant publicitaire du téléphone et les coordonnées GPS restant présents.
55. Les preuves
Sur 736 avis publics écrits par des enfants de 8 à 19 ans à propos de 37 applications de contrôle parental, 76 % ne mettent qu’une seule étoile sur cinq : trop restrictives, trop intrusives, mauvaises pour la relation avec les parents.
Chez 588 adolescents américains de 12 à 17 ans et leurs parents, la surveillance employée seule réduit l’exposition aux risques, mais aussi la capacité de l’adolescent à apprendre à y faire face.
Une méta-analyse de 57 études trouve des liens réels mais très faibles entre les stratégies de contrôle parental et le comportement de l’enfant (r+ = -0,06 pour la médiation restrictive) : aucun réglage ne fait le travail à la place de la relation.
La CNIL demande une surveillance proportionnée à l’âge et à la maturité, et prévient qu’« anticiper à sa place un danger peut l’empêcher d’apprendre à se protéger seul ».
Méta-analyse de 57 études : les liens entre stratégies parentales et comportement de l’enfant sont significatifs mais faibles (r+ = -0,06 pour la médiation restrictive, r+ = 0,09 pour le co-visionnage) ; la médiation active n’a pas d’effet global significatif, mais elle va avec moins d’agressivité, moins de comportements sexuels et moins de consommation de substances. Developmental Psychology, 52(5), 798-812, 2016 (nouvel onglet)
Trois études auprès de parents et d’adolescents (effectifs non précisés dans le résumé publié) : chercher des informations sur l’adolescent à son insu est un comportement rare, mais c’est le plus fortement lié à une communication problématique, à des difficultés de comportement et à une relation dégradée — un lien corrélationnel, pas une preuve de causalité, et mesuré sans désigner de support particulier. Journal of Research on Adolescence, 26(3), 443-458, 2016 (nouvel onglet)
Enquête américaine de 2014-2015 auprès de 1 060 parents d’adolescents de 13 à 17 ans et de leurs enfants : 61 % avaient vérifié les sites visités, 60 % les profils de réseaux sociaux et 48 % les appels ou les messages, mais seuls 39 % utilisaient un outil technique de contrôle et 16 % une application de localisation. Pew Research Center, rapport du 7 janvier 2016 (terrains 2014-2015), 2016
Page officielle de la CNIL sur la géolocalisation des enfants, mise à jour le 22 septembre 2025 : anticiper à sa place un danger peut l’empêcher d’apprendre à se protéger seul ; il faut informer clairement l’enfant des modalités de cette géolocalisation et obtenir son accord dès lors qu’il a la maturité suffisante pour le donner. CNIL, page officielle mise à jour le 22 septembre 2025, 2025
Recommandation 5 de la CNIL (1er juin 2021) : le contrôle parental doit respecter la proportionnalité — intérêt de l’enfant, âge et niveau de maturité, sans dispositifs intrusifs —, la transparence envers l’enfant et la sécurité de ses données. CNIL, recommandations sur les droits numériques des mineurs (1er juin 2021), 2021
Nuance
Enquête auprès de 6 400 parents d’enfants de 6 à 14 ans dans 8 pays européens : la médiation restrictive est bien associée à moins de risques rencontrés en ligne, mais au prix des occasions d’apprendre ; elle est surtout employée quand le parent ou l’enfant maîtrise mal le numérique, ce qui peut mettre à l’écart les enfants les plus vulnérables. Journal of Communication, 67(1), 82-105, 2017 (nouvel onglet)
Il travaille sur tablette : les applis scolaires le pistent
À quel âge :0–3Tout-petits3–6Maternelle7–11Primaire12–15Collège16–18Lycée
11. Le chiffre
96 % des applis
recommandées ou imposées par 663 écoles américaines partagent des données personnelles d’élèves avec des tiers, dans 78 % des cas de la publicité ou de la mesure d’audience (1 357 applications testées, 455 882 élèves couverts ; mesure d’Internet Safety Labs, organisme indépendant de test logiciel, États-Unis)
22. Les signes d’alerte
L’école demande de créer un compte sur une application sans jamais indiquer qui traite les données ni où les consulter.
Votre enfant se connecte aux outils de l’école avec une adresse personnelle (compte Google ou Microsoft grand public) au lieu du compte fourni par l’établissement.
L’application scolaire affiche des publicités, des recommandations de produits ou propose des achats.
Elle réclame des autorisations sans rapport avec sa fonction : localisation, micro, carnet de contacts, photos.
Aucune information écrite n’a été remise aux familles à la rentrée sur l’espace numérique de travail et les logiciels de vie scolaire ; personne dans l’établissement ne sait dire qui est le délégué à la protection des données.
Votre enfant commence à recevoir des courriels commerciaux sur l’adresse créée pour l’école.
33. Que faire
Ce soir : ouvrez avec lui les réglages de la tablette ou du téléphone, application scolaire par application scolaire, et coupez les accès inutiles à la localisation, au micro, aux contacts et aux photos.
Demandez à l’établissement le nom de son délégué à la protection des données et l’information donnée aux familles : la CNIL impose une analyse d’impact avant de déployer un outil susceptible d’engendrer des risques élevés.
Signalez toute publicité ou tout traceur publicitaire dans un outil scolaire : la CNIL rappelle la neutralité commerciale du service public de l’éducation et demande que ces fonctionnalités soient désactivées.
Faites utiliser le compte fourni par l’école (ÉduConnect, espace numérique de travail) plutôt qu’un compte personnel, avec un mot de passe unique qui ne sert nulle part ailleurs.
Exercez ses droits : vous pouvez demander à l’école ou à l’éditeur l’accès aux données scolaires de votre enfant, leur rectification et leur effacement quand elles ne servent plus.
En fin d’année, désinstallez les applications devenues inutiles et demandez la suppression du compte : sans cela, les données restent chez l’éditeur.
En avril 2026, le ministère de l’Éducation nationale a annoncé une fuite de données d’élèves issue d’un service de gestion des comptes annexe à ÉduConnect : prénom, nom, identifiant, établissement, classe et, lorsqu’elle avait été renseignée, adresse électronique ; le nombre exact d’élèves était « en cours d’évaluation », les pirates revendiquant 3,5 millions de dossiers.
55. Les preuves
Sur environ 200 applications éducatives Android, prises à la fois dans les listes recommandées par les écoles australiennes et dans les catégories « Enfants » et « Éducation » de Google Play, 89,3 % envoient des données vers l’extérieur dès l’ouverture, avant la moindre action de l’élève.
Aux États-Unis, 96 % des 1 357 applications recommandées ou imposées par 663 écoles partagent des informations personnelles d’élèves avec des tiers, dans 78 % des cas de la publicité ou de la mesure d’audience.
Sur 164 outils d’enseignement en ligne recommandés par 49 gouvernements pendant la pandémie, 146 (89 %) présentaient, selon Human Rights Watch, des pratiques de données qui semblaient menacer ou violer les droits des enfants.
Les textes qui devraient prévenir les parents sont illisibles : 3 % seulement des politiques de confidentialité atteignent un niveau de lecture « assez facile », et une application sur quatre seulement fait vraiment ce qu’elle annonce.
Ce n’est pas une fatalité : en France, la CNIL exclut les traceurs publicitaires des outils scolaires et impose une analyse d’impact avant tout déploiement à risque.
Les études, une par une
Analyse du code, du trafic réseau et des politiques de confidentialité d’environ 200 applications éducatives Android, issues des listes recommandées par les écoles australiennes et des catégories « Enfants » et « Éducation » de Google Play : 89,3 % ouvrent des connexions sortantes avant toute action de l’utilisateur, 46 % transmettent des identifiants persistants non mentionnés dans leur politique, et une application sur quatre seulement est cohérente avec ce qu’elle annonce. Proceedings 2026 Symposium on Usable Security and Privacy (USEC), Internet Society, 2026 (nouvel onglet)
Test de 1 357 applications recommandées ou imposées par 663 écoles américaines (455 882 élèves) : 96 % partagent des informations personnelles d’élèves avec des tiers, dans 78 % des cas des sociétés de publicité ou de mesure d’audience, le plus souvent à l’insu des usagers et des écoles. internetsafetylabs.org (rapport de recherche et communiqué, 13 décembre 2022), 2022
Analyse technique de 164 produits d’enseignement en ligne recommandés par les gouvernements de 49 pays pendant la pandémie : 146 (89 %) présentaient des pratiques de données qui semblaient menacer ou violer les droits des enfants, et la plupart envoyaient ou donnaient accès à ces données à des sociétés de publicité en ligne. hrw.org (rapport et communiqué, 25 mai 2022), 2022
Cadre officiel de la CNIL pour les outils collaboratifs en ligne dans les premier et second degrés : l’établissement est responsable de traitement, le principe de neutralité commerciale du service public de l’éducation exclut les traceurs publicitaires, et une analyse d’impact est obligatoire pour les traitements susceptibles d’engendrer des risques élevés. cnil.fr (page officielle, mise à jour du 24 août 2026), 2026
Nuances
Les pratiques les plus risquées, comme l’envoi d’identifiants persistants non mentionnés dans la politique de confidentialité, concernent 46 % des applications, pas toutes. Mais seule une application sur quatre fait exactement ce qu’elle annonce. L’échantillon (environ 200 applications Android) est australien, et une partie vient des catégories « Enfants » et « Éducation » de Google Play, pas de recommandations scolaires. Proceedings 2026 Symposium on Usable Security and Privacy (USEC), Internet Society, 2026 (nouvel onglet)
L’analyse de Human Rights Watch a été conduite de mars à août 2021, pendant les fermetures d’écoles : elle décrit les produits tels qu’ils étaient alors, et certains ont pu corriger leurs pratiques depuis. hrw.org (rapport et communiqué, 25 mai 2022), 2022