La règle tient en une ligne.
À cet âge, le ministère parle d'« autonomie avec contrôle parental » : Internet limité, supervisé, sans réseaux sociaux. Pas de smartphone connecté avant 13 ans, pas de réseaux sociaux avant 15 : c'est le repère officiel, et la loi qui devait l'imposer a été annulée en août 2026. Autrement dit, c'est vous qui tenez la règle. Au collège, le téléphone est interdit.
En savoir plus : les textes officiels, la vérité sur la loi, le contrôle parental
Les textes officiels. Le ministère de l'Éducation nationale, pour les 12-15 ans : « autonomie avec contrôle parental. L'accès à Internet doit être limité, supervisé et sans réseaux sociaux. Maintenez le dialogue et l'équilibre avec des activités hors écran. Assurez-vous que les contenus et les activités sont adaptés à son âge. » Pour les 15-18 ans, il parle de « vers l'autonomie complète ». jeprotegemonenfant.gouv.fr : à partir de 11 ans, un téléphone sans accès à Internet ; avant 13 ans, il est « fortement déconseillé de confier un smartphone connecté à Internet » ; avant 15 ans, pas de réseaux sociaux. La commission « Enfants et écrans » (2024) : après 6 ans, « une exposition modérée et contrôlée ». Serge Tisseron, après 12 ans : profils privés, pas de téléphone la nuit dans la chambre, limiter les jeux vidéo.
La vérité sur la loi. La loi de 2023 sur la « majorité numérique » à 15 ans n'a jamais été appliquée. La loi de 2026 qui interdisait les réseaux sociaux aux moins de 15 ans a été annulée par le Conseil constitutionnel le 14 août 2026 (décision n° 2026-911 DC) : son article 1er « prive ces mineurs de la liberté d'accéder à certains services » sans garanties suffisantes sur la vérification de l'âge. Le repère « pas avant 15 ans » reste officiel, mais aucune loi ne le fait respecter à votre place.
À l'école. Le téléphone est interdit au collège (« Portable en pause ») et, dès la rentrée 2026, au lycée aussi.
Le contrôle parental. Le site public le dit lui-même : il « est avant tout un outil, il n'est pas infaillible et ne se substitue pas à la vigilance, à l'écoute et au dialogue ». Il existe pour les consoles (Xbox, Nintendo Switch, PlayStation), les téléphones (Apple, Google Family Link, Samsung), les box des opérateurs et les plateformes (YouTube, TikTok, Instagram, Netflix…) : jeprotegemonenfant.gouv.fr explique chacun.
Pourquoi cet âge compte autant.
En savoir plus : ce qu'il croise, et ce que disent les études
Les réseaux sociaux pèsent le plus sur le moral à des âges précis : 11-13 ans chez les filles, 14-15 ans chez les garçons, d'après 17 409 jeunes suivis au Royaume-Uni (Orben, 2022). Chez 10 904 jeunes de 14 ans, les filles qui passaient cinq heures ou plus par jour sur les réseaux avaient 50 % de symptômes dépressifs en plus que celles qui y passaient une à trois heures ; 35 % chez les garçons (Kelly, 2018). Chez 9 799 jeunes Américains, ceux qui avaient subi du cyberharcèlement à 11-12 ans avaient environ 2,6 fois plus de risque de comportements suicidaires un an plus tard (Nagata, 2025).
Les quatre « jamais » tiennent toujours.
Jamais le matin avant le collège. Jamais aux repas. Jamais dans la chambre. Jamais dans l'heure avant le coucher. À cet âge, il a besoin de 8 à 10 heures de sommeil : le téléphone dort dans le salon.
En savoir plus : d'où viennent ces règles, le sommeil, le geste qui change tout
D'où viennent ces règles. Ce sont « les règles essentielles à tous les âges » du ministère : « pas d'écran le matin avant l'école, pas d'écran pendant les repas, pas d'écran dans la chambre, pas d'écran avant d'aller se coucher ». Le Haut Conseil de la santé publique (2019) : « la présence d'écran(s) dans la chambre est à interdire », « aucun écran ne doit être allumé et/ou utilisé 1 h avant l'endormissement ».
Le sommeil. Un adolescent de 13 à 18 ans a besoin de 8 à 10 heures de sommeil par 24 heures (American Academy of Sleep Medicine, 2016). Chaque heure d'écran par jour est associée à quelques minutes de sommeil en moins, et chez les 14 ans, cinq heures de réseaux par jour vont avec des nuits nettement plus courtes (He, 2025 ; Kelly, 2018).
Les jeux vidéo : nous ne sommes pas contre.
Les gestes : la carte bancaire retirée de la console et du téléphone, un mot de passe pour chaque achat, un budget en euros décidé ensemble, les prix convertis à voix haute, l'âge PEGI respecté, la console dans le salon. Et jouez avec lui de temps en temps : vous verrez ce qu'il voit.
En savoir plus : comment un jeu fabrique la frustration, les faits, l'addiction, les gestes
Ce que disent les faits. Les coffres payants (« loot boxes ») sont des tirages au sort contre de l'argent réel. Chez 1 155 jeunes de 16 à 18 ans, dépenser dans des loot boxes allait fortement de pair avec des problèmes de jeu d'argent, plus encore que chez les adultes (Zendle, 2019). Chez des adolescents de 11 à 17 ans suivis six mois, acheter des loot boxes allait de pair avec des jeux d'argent en ligne ensuite (González-Cabrera, 2023). Selon les études, entre 20 % et 34 % des adolescents joueurs en achètent dans l'année (Montiel, 2022). La commission « Enfants et écrans » (2024) demande d'« encadrer les microtransactions, avec une attention particulière à l'égard des lootbox ». Le 21 mars 2025, la Commission européenne et les autorités de protection des consommateurs ont publié sept principes pour les monnaies virtuelles dans les jeux : prix affichés en argent réel, pas de masquage des coûts, pas d'achat forcé, après une enquête sur un jeu pour enfants (Star Stable Online). Aux États-Unis, l'éditeur de Fortnite a payé 520 millions de dollars en décembre 2022 : 245 millions pour des achats déclenchés par des boutons trompeurs, y compris chez des enfants, et 275 millions pour la collecte de données de mineurs (Federal Trade Commission).
L'addiction : ce que dit l'OMS. Le « trouble du jeu vidéo » est reconnu par l'Organisation mondiale de la santé, dans sa classification des maladies (CIM-11). Trois signes, pendant au moins douze mois : il ne contrôle plus (quand, combien, s'arrêter) ; le jeu passe avant tout le reste ; il continue malgré les dégâts (école, sommeil, amis, famille). L'OMS précise que cela ne concerne « qu'une petite proportion » des joueurs. Les études qui tentent de compter arrivent à des chiffres très variables d'un pays et d'une méthode à l'autre : une synthèse de 84 études trouve en moyenne 8,6 % des adolescents, avec des écarts énormes entre les études (Satapathy, 2025) ; retenez surtout les trois signes, pas le pourcentage.
Ce qu'il va voir.
De la pornographie : les sites doivent vérifier l'âge depuis 2025, mais ça passe encore. Des images violentes ou choquantes, des défis, des contenus qui poussent au pire. Contrôle parental sur chaque appareil, SafeSearch, mode restreint, lecture automatique coupée. Et une phrase, dite avant : « si tu tombes sur quelque chose, tu peux m'en parler, tu ne seras pas puni. »
En savoir plus : la pornographie, les images qu'on n'oublie pas, les gestes
La pornographie. En 2022, 2,3 millions de mineurs ont fréquenté des sites pornographiques chaque mois ; dès 12 ans, plus de la moitié des garçons s'y rendent en moyenne chaque mois, près des deux tiers à 16-17 ans (étude Arcom et Médiamétrie, 2023). Depuis la loi du 21 mai 2024 et le référentiel de l'Arcom, les sites doivent vérifier l'âge de leurs visiteurs, sous peine de sanction et de blocage ; dans les faits, l'accès reste facile. Chez les adolescents, une exposition précoce est associée à des premiers rapports plus précoces, sans que les études puissent prouver une cause ; c'est le bilan d'une synthèse de 19 études (Pathmendra, 2023).
Les images qu'on n'oublie pas. Voir des images de violence ou de catastrophe à l'écran est associé à des symptômes de stress post-traumatique, chez les jeunes comme chez les adultes, même loin de l'événement, d'après une synthèse de 43 études (Pfefferbaum, 2019).
Le harcèlement et les arnaques.
S'il est visé : on garde les preuves, on bloque, on signale, on appelle le 3018, on prévient le collège. Une inconnue qui envoie sa photo en premier, c'est un piège : on ne paie jamais, on vient vous voir. Un lien reçu par message : on ne clique pas.
En savoir plus : le harcèlement, les images intimes et le chantage, les arnaques
Le harcèlement. Il suit l'enfant jusque dans sa chambre, la nuit. S'il est visé : gardez les preuves (captures d'écran avec date et pseudo) avant de bloquer ; bloquez et signalez sur la plateforme ; appelez le 3018, numéro national gratuit contre les violences numériques faites aux jeunes, 7 jours sur 7 de 9 h à 23 h, qui peut faire retirer un contenu en moins d'une heure ; prévenez le collège par écrit. Et dites-lui avant : « je ne te confisquerai pas ton téléphone si tu me le dis. »
Les images intimes et le chantage. Chez 3 466 adolescents américains de 13 à 17 ans, un sur quatre avait déjà envoyé une image intime ; parmi eux, environ la moitié l'a vue partagée sans son accord ou a subi un chantage (Patchin, 2026). Dans une enquête voisine, environ 15 % des 13-17 ans avaient été la cible d'une sextorsion (Patchin, 2026). Le scénario à raconter avant qu'il n'arrive : une inconnue qui envoie sa photo en premier, c'est un piège ; on ne paie jamais, on n'envoie rien de plus, on garde les preuves, on bloque, on vient vous voir, on porte plainte (un mineur peut le faire seul) et on appelle le 3018.
Les arnaques. On ne clique jamais sur un lien reçu par message : on tape l'adresse soi-même. Double authentification sur ses comptes. Rien de personnel en ligne : nom complet, adresse, collège, numéro. Un « essai gratuit » se résilie le jour même. En cas d'arnaque : cybermalveillance.gouv.fr, et pas de reproche, sinon il ne vous dira plus rien.
Il vous parle moins, vous êtes fatigué.
En savoir plus : tenir le cadre avec un ado, et si ça a dérapé
Ce qui remplace.
Le sport, les amis en vrai, dehors, créer : monter des vidéos, coder, faire de la musique. Et jouer avec lui. Besoin d'aide ? Le 3018 (harcèlement, images, chantage), le 3114 (idées noires), le 119 (enfant en danger), votre médecin, nos ateliers.
En savoir plus : remplacer, pas seulement interdire, et où trouver de l'aide
Où trouver de l'aide. Le 3018 (harcèlement, images, chantage, contenus violents ; 7 j/7, 9 h-23 h, gratuit). Le 3114 (idées noires ; 24 h/24, gratuit). Le 119 (enfant en danger ; 24 h/24, gratuit, n'apparaît pas sur la facture). Pharos, internet-signalement.gouv.fr, pour signaler un contenu illicite. cybermalveillance.gouv.fr pour les arnaques. Les Consultations Jeunes Consommateurs, gratuites et confidentielles, pour les jeux vidéo et les écrans. Votre médecin. Nos ateliers.
Vos repères, en un coup d'œil
Cochez ce qui est déjà là chez vous.
Les études et les sources citées
Une ligne par étude. Toutes sont dans notre base de données. Cliquez pour déplier.
Les études citées dans cette page 13
- Orben et al. (2022) — Les réseaux sociaux pèsent le plus sur le moral à 11-13 ans chez les filles et 14-15 ans chez les garçons.Nature Communications · 17 409 jeunes suivis (Royaume-Uni) · DOI 10.1038/s41467-022-29296-3
- Kelly et al. (2018) — Filles de 14 ans, cinq heures et plus de réseaux par jour : 50 % de symptômes dépressifs en plus.EClinicalMedicine · 10 904 jeunes de 14 ans suivis au Royaume-Uni · DOI 10.1016/j.eclinm.2018.12.005
- Nagata et al. (2025) — Cyberharcèlement subi à 11-12 ans : environ 2,6 fois plus de risque de comportements suicidaires un an plus tard.The Lancet Regional Health – Americas · 9 799 jeunes suivis (étude ABCD) · DOI 10.1016/j.lana.2025.101002
- He et al. (2025) — Quelques minutes de sommeil en moins par heure d'écran quotidienne.Frontiers in Psychiatry · synthèse de 21 études, du bébé à l'adulte · DOI 10.3389/fpsyt.2025.1640263
- Paruthi et al. (2016) — 8 à 10 heures de sommeil par 24 heures de 13 à 18 ans.Journal of Clinical Sleep Medicine · consensus de l’American Academy of Sleep Medicine · DOI 10.5664/jcsm.5866
- Zendle et al. (2019) — Dépenser dans des loot boxes va de pair avec des problèmes de jeu d'argent chez les 16-18 ans, plus encore que chez les adultes.Royal Society Open Science · 1 155 jeunes de 16 à 18 ans · DOI 10.1098/rsos.190049
- González-Cabrera et al. (2023) — Acheter des loot boxes va de pair avec des jeux d'argent en ligne six mois plus tard.Computers in Human Behavior · adolescents de 11 à 17 ans, suivi 6 mois · DOI 10.1016/j.chb.2023.107685
- Montiel et al. (2022) — Entre 20 % et 34 % des adolescents joueurs achètent des loot boxes dans l'année, selon les études.PLOS ONE · synthèse de 16 études · DOI 10.1371/journal.pone.0263177
- Satapathy et al. (2025) — Trouble du jeu vidéo : 8,6 % des adolescents en moyenne, avec des écarts énormes entre études et pays.Public Health in Practice · synthèse de 84 études, 641 763 jeunes · DOI 10.1016/j.puhip.2024.100565
- Pathmendra et al. (2023) — Exposition précoce à la pornographie et premiers rapports plus précoces : lien observé, cause non prouvée.Journal of Medical Internet Research · synthèse de 19 études, 10-19 ans · DOI 10.2196/43116
- Pfefferbaum et al. (2019) — Voir des images de violence ou de catastrophe à l'écran est associé à des symptômes de stress post-traumatique.Journal of Traumatic Stress · synthèse de 43 études, 31 162 personnes · DOI 10.1002/jts.22391
- Patchin & Hinduja (2026) — Un ado sur quatre a envoyé une image intime ; parmi eux, environ la moitié l'a vue partagée sans accord ou a subi un chantage.Journal of Adolescent Health · 3 466 adolescents américains de 13 à 17 ans · DOI 10.1016/j.jadohealth.2025.12.253
- Patchin & Hinduja (2026) — Environ 15 % des 13-17 ans ont été la cible d'une sextorsion.Child Abuse & Neglect · 3 416 adolescents américains · DOI 10.1016/j.chiabu.2026.107981
Les sources officielles, les lois et les numéros d'aide 11
- Ministère de l'Éducation nationale, « Bien grandir avec les écrans : des repères pour chaque âge » (12-15 ans : autonomie avec contrôle parental) — education.gouv.fr
- Repères officiels par âge et outils de contrôle parental — jeprotegemonenfant.gouv.fr · vos outils
- Conseil constitutionnel, décision n° 2026-911 DC du 14 août 2026 (loi réseaux sociaux avant 15 ans, article 1er censuré) — conseil-constitutionnel.fr
- Arcom : référentiel de vérification de l'âge (loi SREN) et étude « La fréquentation des sites adultes par les mineurs » (2023) — référentiel · étude 2023
- Commission « Enfants et écrans : à la recherche du temps perdu », avril 2024 — vie-publique.fr (PDF)
- Haut Conseil de la santé publique, avis du 12 décembre 2019 — hcsp.fr (PDF)
- Organisation mondiale de la santé, trouble du jeu vidéo (CIM-11) — who.int
- Commission européenne et réseau CPC, principes sur les monnaies virtuelles dans les jeux vidéo, 21 mars 2025 — commission européenne
- Federal Trade Commission (États-Unis), accord avec Epic Games (Fortnite), 19 décembre 2022 — ftc.gov
- Serge Tisseron, les balises 3-6-9-12 — 3-6-9-12.org
- Où trouver de l'aide : 3018 (violences numériques), 3114 (prévention du suicide), 119 (enfance en danger), Pharos (signalement), cybermalveillance.gouv.fr, Consultations Jeunes Consommateurs — 3114.fr · allo119.gouv.fr · internet-signalement.gouv.fr · cybermalveillance.gouv.fr · CJC
On en parle ensemble ?
Nos ateliers gratuits accompagnent parents et professionnels. Et toutes nos sources sont dans la base de données.
Participer à un atelier Voir la base de données